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L'université d'été du Bondy Blog

Img_0047 Vous avez pu lire que le Bondy Blog a été invité par les Verts et par les Roses, tendance Montebourg. Disons le : nous ne nous limiterons pas aux mouvements minoritaires, sauf que nous ne pouvions vraiment pas nous rendre à Marseille chez l’UMP avec Johnny et Doc Gyneco, parce que ce week-end là, nous avions notre propre université d’été !

Dans une très belle ferme du 77, nous avons réuni tous nos bloggeurs disponibles, l’équipe d’encadrement au complet ainsi que quelques regards extérieurs pour nous aider à penser l’avenir du blog. Autant dire que cet avenir est brillant : on vous prépare une couverture de la campagne présidentielle aux petits oignons ! Mais il y avait tout de même beaucoup à dire, six mois jour pour jour après la reprise du blog des Suisses de l’Hebdo par des jeunes de Bondy. En effet, les réunions hebdomadaires de rédaction à la salle Georges Brassens ou au café chez Jeannine, à côté de la gare RER de Bondy, permettent de lancer les sujets suivants mais pas de débattre à fond des forces et des faiblesses du blog.

Notre séminaire champêtre a donc commencé par une lecture critique des 170 posts mis en ligne depuis le 1er mars (impossible de traiter les 5000 commentaires de la même période…). C’est Alain Rebetez, de l’Hebdo, qui s’en est chargé. Il est aussi trésorier de l’association Bondy Blog et a participé à la formation des bloggeurs au printemps. « Vous n’êtes pas des menteurs, vous avez fait ce que vous disiez que vous feriez », commence-t-il par dire aux bloggeurs, en référence au texte d’intention de Mohamed Hamidi. « Il y a eu de la régularité dans votre travail et une diversité d’approche, et beaucoup de très bonnes choses, parfois toutes simples, comme des choses vues qui vous touchent ». Puis sont venus les bémols. D’abord, pas assez de suivi. C’est pourtant une des forces d’un blog, de revenir sur un sujet, un personnage. Comme cette fille de polygame, qui nous a offert un témoignage rarement entendu, on aimerait bien l’entendre à nouveau, la suivre.

Img_0024_2_1 « Ah, si vous pouviez feuilletonner vos textes, pour un sujet comme les expulsés de Cachan, ce serait génial ! Imaginons que pour vous distinguer des journaux, vous voulez parler aux employeurs des sans-papiers, qu’on a pas entendus dans cette affaire. Dans un premier épisode, vous racontez votre arrivée dans le gymnase, le décors, les conditions de vie, et votre échange verbal avec un groupe de sans-papiers à qui vous demandez un contact avec leur employeur (Alain Rebetez mime la scène, joli numéro impossible à refléter ici). Vous le publiez en disant que vous allez continuer la chasse aux patrons. Deux jours plus tard, vous passez les coups de fils à ces patrons, et vous racontez tout. Celui qui a peur de vous parler, celui qui vous insulte, celui qui nie mordicus et enfin celui qui accepte de vous voir mardi suivant. Vous publiez en disant : la suite au prochain épisode. Vous ne mettez personne en danger, tous les noms peuvent être modifiés. Et le mardi, vous y allez. Le gars dit que son sans-papiers est indispensable et qu’il ne sait pas comment il va le remplacer. Ou au contraire qu’il est fainéant, peu importe, vous posez de bonnes questions et publiez un troisième épisode, vous vous rendez compte à quel point vous aurez tenu vos lecteur en haleine ? »

Et puis il y a les questions qui ne sont pas posées. Par exemple à ces deux femmes juive et musulmane sur le conflit au Liban : leur échange est intéressant mais pourquoi ne pas creuser un peu sur les relations entre juifs et musulmans en banlieue, en allant au delà de la première réponse évidente (ça va très bien, nous sommes amis) ?

Alain Rebetez est aussi un peu agacé par la place trop grande offerte aux associations et surtout par le traitement trop sympathique de leurs activités (ou pire, de leur manque d’activité pour celles qui se contentent d’énoncer des intentions). A la réflexion, il comprend l’intérêt de parler du secteur associatif, prédominant en banlieue, mais supplie les bloggeurs de dépasser la platitude du simple constat comme dans la fameuse affaire des merguez

« Quand on a de belles thématiques, poursuit Alain Rebetez, il ne faut pas tourner la page ! Aucun sujet n’est épuisé ! » Il fait alors référence à la question tabou de l’homosexualité en banlieue, abordée hélas une seule fois par ce blog, ou à celle du vote des étrangers, pour laquelle il faut continuer le débat. Il relève la force des texte qui relatent un fait divers tragique, comme l’accident mortel de moto à Blanqui, mais en demande plus : « C’est pas-sion-nant ! On aborde là des questions qui touchent à la surveillance des enfants, à la responsabilité personnelle, cela nous prend tous à la gorge ». Idem pour la question de l’amour, trop rarement abordée, et qui pourtant a fait recette comme le prouve le beau texte sur un couple mixte.

A propos de la ligne politique de ce blog, Alain Rebetez estime qu’on sent trop qu’elle est à gauche. « Vous avez le droit d’avoir des ancrages politiques, dit-il, mais ne faites pas du blog une plateforme bien-pensante ! Allez voir ceux qui ne pensent pas comme vous ! Ils ne sont pas criminels, ils ne sont pas cons ! Je suis stupéfait de l’absence de militants ou d’électeurs du FN dans vos pages. Vous avez le droit d’avoir vos positions mais pas le droit de ne pas être curieux ! Quand vous avez fait l’interview du maire de Bondy, qu’est-ce que vous avez été bons ! C’est parce que vous étiez un peu provoc, un peu insolents. Continuez ! Allez poser quelques questions gênantes aux associations ! »

Il est passé 18 heures, samedi, à la ferme de Fontenelle. Les bloggeurs ont fait preuve d’attention irréprochable et de jolies sorties comiques. Un autre invité du blog dont l’intervention est prévue dimanche, Nordine Nabili, journaliste à RFI et pilote d’un grand projet en cours d’agence de presse des banlieues, encourage les bloggeurs avant la clôture de la séance. « Il y a 100'000 journalistes en France et aucun qui ne fait ce que vous faites. Vous êtes porteurs d’un nouveau journalisme. Vous commettez quelques petites erreurs de jeunesse, mais vous devez continuer, vous devez dépasser la question de votre légitimité à prendre la parole, abandonnez tous vos complexes ! » La suite au prochain épisode…

Serge Michel

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Voici les sites qui parlent de L'université d'été du Bondy Blog:

Commentaires

Mdr !
Je viens d'écrire un comm en même temps que vous m'étiez en ligne cet article !
Comme quoi je devrai la fermer...

J'ai compris pourquoi ça a tant coller entre Mohamed Et serge:
Serge c'et Michel Jonasz !
On t'a reconnu Serge !!!

C'est rassurant de savoir que vous, bloggers, continuez à vous remettre en question.

En +, il y a vraiment de bonnes pistes de travail pour l'avenir, c'est porteur d'espoir.

Merci et bon courage à vous et à tous les commentateurs....

Remboursez !

Comme la saison des voitures brûlées approche, il me paraît utile de réagir concernant un événement récent, vu à la télé.
Je suis étonné de ne pas avoir trouvé d’écho de cet événement sur le Bondy Blog, à coup sûr. Je serais tenté de dire que j’avais plus de chance d’entendre parler des voitures brûlées dans les lettres de mon moulin. Mais c’est ainsi, je vais soulever le débat.

Ce que le voleur avait fait n’a pas d’importance, une banque avec je ne sais pas combien dedans, ça n’a pas grand intérêt. Ce qui est intéressant c’est le trou, un trou formidable finalement. Un trou photogénique, car ce n’est pas tant l’effort qui attirait l’attention, mais l’évidence de l’infraction, visible à l’épaisseur du béton. Subitement le pot de fleur posé sur ma télé prenait toute son envergure. Un trou qui avait mérité à peine quelques secondes à une heure de grande écoute.
Seulement voilà, l’événement c’est la revendication du voleur ; maintenant le trou méritait trois fois plus de temps d’audience.
Car c’est pour cette image que le voleur, qui est toujours en cavale, a menacé la chaîne de faire péter les studios s’il n’était pas remboursé. Et en avançant un argument très simple et au fond très compréhensible. S’il va en prison pour avoir volé la banque, c’est la règle du jeu. Mais si la télé en profite pour se faire du beurre sur son dos, exhibant le fruit de son travail, elle doit le rétribuer.

Sur le coup, j’ai été plus loin que le voleur, je me suis dit qu’il était naturel que le voleur soit payé pour les images diffusées dans les grands médias. Mais j’ai imaginé également une sorte d’impôt visant à aider les victimes. Et puis j’ai pensé naturellement aux brûleurs de voitures.
Donc au BB.
Je me suis dit qu’il était temps de réclamer l’argent des images diffusées sur ce thème, afin que les condamnés et les profiteurs ne soient pas toujours du même côté. En ajoutant que l’argent, mieux réparti (car les journalistes ne sont pas les seuls à jouer avec le feu), fera diminuer le mécontentement. Et l’impôt servira à rembourser les voitures. Les dégâts seront limités et le spectacle, grandiose pour tous, sera réjouissant pour tous également.

Donc, chers brûleurs de voitures, que la société vous demande le compte pour vos délits, je suis pour. Mais qu’elle considère que certains ont le droit de tirer partie gratuitement de vos incendies, qu’à prix d’or vous soyez les seuls à être considérés comme des incendiaires, je suis contre. Car ce n’est pas vrai, pas pratique, pas équitable.

Sada et Issy, vous êtes deux très belles femmes.
ça vous dit un article sur moi, le Spectre qui hante patout et nul part ?
Je vous promets de rester courtois, comme toujours les filles.

hrrrrr vous êtes belles va falloir que j'aille me calmer...

Je vous conseillerais de lire ce magnifique nouveau blog suisse:

http://www.bilan.ch/blogs/index.php/liban

Il vous apportera peut-être l'objectivité qui a manqué ces derniers mois :)

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