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Quand la SNCF se lance dans l'élevage



On connaissait déjà son goût pour les animaux, particulièrement pour le bétail.

C'est pourquoi nous les usagers des transports en commun sommes souvent entassés dans des trains subitement devenus courts et par dessus le marché (à bestiaux) aux heures de pointe.

Je m'étonne souvent de notre tolérance à tous à supporter celà simplement en ruminant nos chewing-gum "icefresh" sans sucre ou en lisant chacun le même journal gratuit.

Par cette attitude c'est vrai que nous tendons (de veau) sensiblement à ressembler à ces chers et tendres bovins. Et comme eux nous voyageons souvent debout et bien serrés (c'est plus stable) tout en payant pourtant le plein tarif notre pass navigo.

Outre ces revendications très ordinaires, l'affaire qui me préoccupe particulièrement,  c'est la prolifération de rats aux abords de la gare de Bondy.

Le terrain est miné mais à mon avis leurs homonymes n'osent pas s'y aventurer.

Les rats grouillent et s'affairent tout le long de la voie.

Généralement, j'essaie d'arriver (en courant) juste à l'heure du train mais j'ai souvent l'occasion de les observer toutes les fois qu'un train est supprimé.

Il faut dire que depuis que les voies vers Gargan sont en travaux pour le tram train, ils ont de l'espace pour se développer.

Ils sont en outre bien nourris avec tous les déchets que nous leur envoyons.

Enfin pour ce qui est des restes de sandwichs et autre nourriture, faites leur confiance, ils font le nettoyage mais pour les cannettes et bouteilles, là il ne faut pas compter sur eux.

Mais alors, qu'est-ce que fait la SNCF?

Imaginez un instant qu'elle se mette à faire le ménage.

Tous ces petits animaux bien nourris vont alors chercher refuge ailleurs et chez vous bien sûr.

Enfin rassurez-vous, si on ne les attaque pas, ils ne vous feront pas de mal.

Sur ce bonne nuit et faites de beaux rêves.

Isabelle D.

Chronique de la vie ordinaire

Bonjour, je vous appelle de la part d’une habitante de la cité X. Elle a assisté par sa fenêtre au déroulement du fait divers dont les télévisions ont parlé hier et ce matin. Elle peut reconnaître les auteurs.

- Eh bien pourquoi ne nous a-t-elle pas parlé lorsque nous sommes passés ce matin pour une enquête de voisinage ?

- Elle a 78 ans, vit seule et craint les représailles. Comme tous les autres habitants de cet immeuble, elle a déjà subi des actes d’intimidation depuis quelques mois : forçage de sa boîte aux lettres, graffitis sur sa porte, coups à sa porte en pleine nuit, menaces lorsqu’elle sort faire ses courses… Mais elle est prête à témoigner si vous lui garantissez l’anonymat.

- Ah je suis désolé, c’est impossible, si elle n’est pas victime directe, nous ne pouvons lui assurer ni protection ni anonymat.

Alors cette dame ne parlera pas.

 

Questions d’ambiance

Comment sait-on où habite le « caïd » d’un quartier ?

Sa cage d’escaliers, voire son immeuble, est la plus calme et la plus propre.

Comment reconnaît-on des policiers en civil dans une cité ?

Deux ou trois personnes de type européen, cheveux très courts dans une petite voiture de marque française.

Pourquoi les voitures banalisées ne restent jamais bien longtemps dans les mêmes endroits ?

Le métier de policiers est de surveiller et d’arrêter les délinquants. Le métier de délinquant, c’est de surveiller les policiers…

Pourquoi les voitures brûlent-elles parfois dans certains quartiers ?

L’explication la plus souvent retenue est que le feu efface les empreintes. On peut aussi envisager l’hypothèse où la voiture brûlée monopolise l’attention de tous, pouvoirs publics comme habitants, surtout si on en profite pour faire autre chose. Comme « monter la pression » en caillassant les pompiers et les policiers, entre-autres.

Ariane

Un combat en héritage

Vendredi 22 septembre, la projection de « Indigènes » en présence de l’équipe du film dans la salleIndigenes_1 de l’étoile en plein milieu de la Courneuve attire les foules.
Une dizaine de classes de collégiens et de lycéens du département sont venues accompagnées de leurs professeurs.
La production a tout organisé pour que ce film joue un rôle pédagogique auprès des jeunes générations, afin que celles-ci sachent quel rôle ont joué les tirailleurs dans l’Histoire de France et en particulier durant la deuxième guerre mondiale.

Pour le coup l’ambiance est surchauffée car plus que le film ce qui fait évènement auprès des élèvesIndigenes_festival_1 c’est la présence de l’équipe, auréolée de la palme de d’or de l’interprétation masculine au dernier festival de Cannes.
Mais emploi du temps oblige, le débat aura lieu avant le film, ce qui en soi n’a pas beaucoup de sens. Mais les jeunes sont déjà touchés que les comédiens se déplacent pour discuter avec eux.

Avant le film, une brochette de conseillers à la culture, de conseillers généraux, régionaux squattent les devants et disent combien ils sont contents (blah… blah..) …combien ils soutiennent (blah blah….). La salle est tout de suite plus difficile à tenir.

Puis arrive l’équipe du film, enfin une partie. Rachid Bouchareb, le réalisateur et Samy Nacéri. L’acteur de Taxi fait des ravages à l’applaudimètre. Après tout on est au cinéma !
La discussion est un peu tendue, tout le monde est un peu mal à l’aise. Les profs ont bien essayé de préparer ce débat mais, sans avoir vu le film, les jeunes se décoincent difficilement. La première question tombe : « Il est où Djamel Debbouze ? »
« Sur une autre projection » répond sèchement Rachid Bouchareb, un peu agacé.
Il explique combien il était important pour lui de venir à La Courneuve. Lui qui a habité Bobigny jusque l’âge de 25 ans et qui a mis plus de 10 ans pour mettre en place ce film qui rend hommage aux tirailleurs Africains.
Les_anciens_1 Il est vrai qu’avec « Indigènes », il a fait un film politique dans le vrai sens du terme. Il porte le combat pour la revalorisation des pensions des tirailleurs Africains, gelées en 1959. Il se bat avec d’autres armes, beaucoup plus puissantes et plus populaires.
Comme il l'a répété sur les plateaux télé, le film a été projeté à l’Elysée et Jacques Chirac vient d’annoncer qu’il a décidé de mettre fin à cette incroyable injustice.

Samy Nacéri dit avec beaucoup de sincérité sa joie d’être dans cette salle. Il explique que ses profsTirailleurs_senegalais d’Histoire, qui pourtant étaient de bons profs selon lui, ne lui avaient jamais dit que des membres de sa famille s’étaient battus pour la France. Il termine en disant : « Il faut juste savoir que dans l’Histoire de France, il y a eu Marie Antoinette, Louis XIV mais il y a nous aussi, nos familles, nos grands parents. L’Histoire de le France, c’est aussi notre Histoire. »

Tout va un peu vite, les élèves participent peu, ils ont l’air un peu déçus. L’équipe s’en va, la salle s’éteint, les premières images du générique arrivent.

Puis la salle s’allume à nouveau. Interrogations !
Et là, arrive comme une bombe Djamel Debbouzze, qui traverse la salle en courant.
C’est l’euphorie totale. Tous les jeunes se lèvent pour l’acclamer. Les portables sortent par dizaines pour prendre des photos.
Debbouze_2 Veste Adidas, bob vissé sur la tête, c’est impressionnant ce que Djamel peut avoir comme pouvoir sur les jeunes. Avec lui, pas de détails, pas de manières, tout le monde se détend.
Il commence comme dans ses spectacles en disant : « Sur la tête de ma mère, comment je suis content d’être là !» .Des mots simples et efficaces. Il parle de la nécessité pour les jeunes de connaître leur propre Histoire. Il leur demande d’interroger leurs parents, leurs grands parents. Quand un jeune lui coupe la parole pour faire le malin, il lui lance : « Ta gueule, tu vois pas que je suis en train de parler !». La vanne laisse sur place le gamin qui se fait chambrer par toute la salle.
Puis Djamel repart comme il est venu, en courant sous les cris du public.
Le film peut alors commencer.

Mohamed Hamidi

Les grèves du RER E

Tout les usagers des transports en commun craignent l’été, motif ?  Le wagon devient le temps d’une saison un vrai sauna. En période de canicule, la promiscuité subie durant les heures de pointes est difficilement vivable pour les moins sociables d’entre nous. Le gros en débardeur devient une source de nuisance olfactive insupportable quand on est encastré entre quatre corps dans un train bondé. Vendre des tic-tacs avec le ticket est une proposition que j’ai souvent entendue, émise par de jeunes dandys irrités par le fumé buccal de leurs voisins de transport (oui je me sens visé).

À Bondy, les difficultés liés à la surpopulation « ferroviaire » ont sensiblement diminué cet été : pas de trains, pas de problèmes de vie en communauté le temps d’un trajet ; rares sont en effet les week-ends où notre emblématique RER E n’est pas victime de perturbations. Ce sésame vers Paris et ses délices ne connaît pas une semaine sans mouvements sociaux depuis le début du mois de juillet. Résultat : la colère de mes compatriotes bondynois se fait entendre, ulcérés de ne pouvoir rejoindre la capitale ou d’être coincé le séant vissé sur un banc à la gare Magenta. C’était d’autant plus rageant cet été que les perturbations du week-end et en soirée ne touchaient que l’Est parisien.

J’ai été moi-même victime de cette pénurie de train, ma dulcinée m’attend toujours quelque part dans Paris à l’heure où j’écris ces lignes. Avant de pester sur mon rencard manqué, j’ai tenté de comprendre la mécanique complexe des événements qui m’ont conduit un week end Mi2n_haussman coincé à Bondy devant la saga du dimanche sur M6. Pour ce faire, j’ai posé quelques questions à Sud Rail, un des syndicats de cheminots, ainsi qu’au personnel de notre gare qui ont eut la courtoise de me répondre.

Les grèves sont le fait des conducteurs de train qui réclament une revalorisation salariale et un remaniement des horaires, leur mouvement se poursuit à chaque week end jusqu’à satisfaction de leurs revendications, Sud Rail confirme que les perturbations sont localisés à la banlieue Est.

Personnellement pour une meilleure justice sociale je suis prêt à attendre un moment que la SNCF lâche des sous à ses employés. Je peux comprendre que des usagers qui ont plus important à faire que compter fleurette puissent être moins patients. En tous cas espérons que les revendications des conducteurs aboutissent vite, j’avoue m’être mal habitué à une mobilité divisée par 4 (un RER par heure au lieu de quatre en moyenne). Souhaitons également que certains patrons de la SCNF aient de la famille qui habite entre Pantin et Chelles, sinon je ne crois pas que nos problèmes de transport  sont près de s’arrêter.

Idir Hocini

Tenue correcte exigée dans les établissements scolaires

Jugés trop provocants dans les lycées, les jeans taille basse posent un véritable problème. Les jeunes filles qui laissent leur ventre à l'air de manière à ce qu'on aperçoive le piercing et des tailles basses pour laisser apparaître le string ne pourront plus rentrer dans les établissements.

Eric Raoult, maire du Raincy (93), a adressé une lettre le 14 juin dernier au ministère de l'Education nationale et aux fédérations de parents d'élèves dans laquelle il évoquait le problème des tenues à la limite de la décence voire provocantes chez les lycéennes et collégiennes.

J'ai recueilli deux témoignages de deux jeunes filles avec des avis différents sur la question.


Sonia, 17 ans, lycée Albert Schweitzer du Raincy

C'est vrai que je porte des pantalons taille basse mais c'est la mode, on en trouve partout dans les_string magasins. Mes parents ne me disent rien alors je ne vois pas pourquoi je vais m'en priver. Je ne me vois pas porter des uniformes pour aller en cours.

Je ne trouve pas que ce soit de la provocation de mettre des tailles basses et ça va être difficile de changer ça. La plupart des filles s'habillent comme ça, même les adultes. Le vrai problème ne vient pas des jeunes filles en taille basse mais du gouvernement qui change et crée des lois tout le temps. Il y a eu l'histoire du voile, au début ça ne causait pas problème et d'un coup ça à fait un boucan pas possible. Maintenant c'est les tenues vestimentaires. Où va-t-on ? Ils nous collent des nouvelles lois à tout moment sans se soucier de l'avenir des jeunes. Il n'y a pas que le problème des pantalons taille basse à régler dans ce pays.

Fadéla, 16 ans collège Brossolette à Bondy


Piercingjpg_ok_1 Honnêtement, il y a des filles qui abusent, elles se croient dans les clips de MTV télévision. Il y en a qui se prennent pour Beyonce ou bien d'autres stars américaines. Dans mon collège, c'est le défilé de mode, elles viennent en starlette. Elles portent des mini-jupes avec des bottes ou des pantalons taille basse et laissent leurs poitrines à l'air. Quand elles s'assoient, on aperçoit leurs strings ou leurs tatouages. Moi j'ai honte à leur place. Mes parents ne me laisseront jamais m'habiller comme ça.

Pour les garçons, c'est la joie de les voir comme ça. Elles sont sexy disent-ils et faciles et bien foutues. Parfois elles se font traiter de garce et je comprends pourquoi. Elles ne comprennent pas que ce n'est pas en s'habillant comme ça que les garçons vont les respecter. Je ne pense pas que les uniformes dans les lycées soient la meilleure solution mais il faut avant tout respecter le règlement du collège.

Essi Gnaglom

Journalistes recherchent guides du 9-3

Lopen_tour_bus J’hallucine.
Vendredi matin, un journaliste me contacte et m’explique qu’il doit faire un sujet de 4 minutes. C’est urgent car c’est pour la quotidienne d’une grande chaîne de télévision. Le sujet passera mardi soir.
Il me dit texto, sans aucun détour : «Voila on m’a donné vos coordonnées car je dois faire un sujet sur le 9-3 et j’aurais besoin d’une espèce de guide, quelqu’un qui nous montre parce que, vous comprenez, ce n’est pas toujours facile ». Devant mon silence il continue : « Ou alors si vous connaissez quelqu’un qui peut nous guider… ».
Je lui explique donc que je ne suis pas guide et que personnellement je n’en connais pas.
Je lui conseille d’appeler le syndicat des guides du 93.

Le type insiste, il m’envoie un mail quelques instants plus tard dont voici un extrait.
« Dans le cadre de notre émission, nous souhaiterions passer 24H  dans un quartier du 93. A cet effet, je souhaiterais avoir un guide afin de faciliter notre accès et de nous montrer les endroits opportuns et de faciliter notre accès. »
Notez la répétition.

On nous a déjà appelé pour nous demander si nous connaissions des casseurs, si nous avions nous mêmes brûlé des voitures, si nous avions le numéro de téléphone de personnes victimes des violences, j’en passe et des meilleures.
Mais pour nous demander de jouer les « espèces de guides », pas encore.
Cette fois, le type ne prend même pas le prétexte de faire un sujet sur le Bondy Blog. Il y va franco. Il n’a qu’une journée pour faire ce sujet alors il faut faire efficace. Les journalistes de L’Hebdo étaient restés trois mois pour traiter le sujet et il avaient crée ce Blog.

Alors, tout ça pour ça !

Le Bondy Blog, bientôt Tour Operator du 9-3. Visite en car, vitres blindées, sensations garanties. C’est gratuit et le café est offert en fin de parcours.
Apportez pain sec et cacahuètes.

Par Mohamed Hamidi


A nos pères…

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Ils étaient nombreux

A vivre dans le quartier magique

La Bondynoise, Poupry, la passerelle

De grands hommes, forts, travailleurs,

Des valeurs c’est sûr pour l’industrie automobile…

Ils ont tous la même histoire

Le même parcours

Ils sont arrivés de loin avec pour seul bagage

Bonjour Monsieur, merci

Du tabac à chiquer, une veste trop étriquée

Ils ont tous beaucoup travaillé, beaucoup

Ils étaient discrets et résignés

Ils ont tous beaucoup travaillé

Ils s’appelaient « camarade » ou « chef »

Le dimanche ils étaient d’autres hommes

La politique sur la place du marché

Le PMU… Saint Martin placé gagnant

Le café de l’Etoile… les cartes,

Les souvenirs, et les rires

Et dans la soirée Rimitti avec le thé

Ils ont tous beaucoup travaillé

Ils nous ont tous beaucoup aimé

Un amour très réservé mais grand

Ils en restent très peu pour témoigner

Ils ne sont plus qu’une poignée

Quelques hommes vivent encore dans ce quartier

La Bondynoise, Poupry, la Passerelle

Quelques hommes qui se comptent sur le bout des doigts

Quelques hommes…  parmi eux…

Il y a PAPA…..

Une bondynoise anonyme

De Bondy à Bondi beach

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Connaissez vous Bondi beach ? C’est à peu près à 17000 km de Bondy, plus précisément à Sydney.
C’est là bas que deux jeunes amis Bondynois de 23 et 24 ans ont décidé de partir ensemble à l’aventure pour 9 mois. L’un est étudiant en Staps (études sportives) et l’autre a raté le casting de la star ac. Je les rencontre séparément la veille de leur départ pour leur poser quelques questions.

Pourquoi l’Australie ?
Rémy
: Parce que je veux devenir bilingue et j’en aurais également besoin pour mes études. De plus, il fait beau, chaud, on peut nager avec les dauphins, et Sydney c’est une ville très cosmopolite.
Laurent : Au niveau du travail, c’est plus simple. J’aurais préféré les Etats-Unis, mais trop compliqué au niveau du visa. Ensuite, il restait l’Angleterre, le Canada, et l’Australie, et finalement ce sera l’Australie pour le climat.

Il est prévu depuis quand ce voyage ?
Remy
: Depuis novembre décembre de l’année dernière.
Laurent : On en parlait comme ça avant mais pour moi il est prévu depuis qu’on à les visas, c'est-à-dire avril ou mai.

Ca coûte cher de partir 9 mois ! (Tu pars avec combien ?)
Remy
: Ca fait un an que je mets des sous de cotés et depuis mars je travaille tous les jours. J’ai réussi à mettre 6000 euros de coté, ça nous servira pour notre escale d’une semaine à Tokyo à l’aller, et le temps de trouver un boulot en Australie.
Laurent : Oui, et non. Oui si tu comptes passer que des vacances, la vie coûte aussi cher qu’ici, mais non car il est facile de trouver du travail. J’ai 3000 euros en plus du billet d’avion déjà payé que j’ai obtenu en travaillant tout l’été, plus quelques économies.

Ce sera plutôt vacances ou boulot ?
Remy
 : Les 2 car on sera obligé de travailler. On a pris le visa VWH: Visa Working Holiday. Ca te permet de vivre un an en Australie et ça te permet surtout de travailler. Mais tu n’as pas le droit d’être  embauché plus de 3 mois par le même employeur pour ne pas défavoriser les Australiens.
Laurent : Autant l’un que l’autre, comme l’indique le visa.

Donc arrivé là bas sur place, qu’est-ce que vous faites ? Vous connaissez quelqu’un ?
Remy
: Non, on ne connaît personnes, on y va à l’arrache. Tout d’abord, arrivés à Sydney on va dormir dans une auberge de jeunesse à Kingcross, l’équivalent de notre Pigalle. Ensuite, on ira dans les champs pour le fruit-picking, le ramassage de fruits. Si tu en fais trois mois, tu auras le droit de demander le même visa vacances travail pour l’année suivante. C’est la seule solution pour réobtenir ce visa. Ensuite, on se réinstallera à Sydney jusqu'à la fin où on cherchera des jobs de manutentions, de coursiers, ou dans la restauration.
Laurent : Auberge de jeunesse, on visite, on s’amuse, on pose les questions pour avoir les papiers pour travailler, pour ouvrir un compte, et on va à la plage. Tout ça une semaine ou deux, après je sais pas… on verra… Et le 16 Octobre, on a déjà trouvé un camp d’enfants où on ira travailler pendant 15 jours, on ne sera pas payé, mais on sera logé nourri. Ensuite … je sais pas…

Et donc dans 9 mois…
Remy
: Au retour on passe deux semaines à Bangkok pour la full moon party, et selon le temps et le budget on essaiera de visiter la Nouvelle Zélande, la Nouvelle Calédonie, et les îles à coté. Et de retour, je reprends ma vie à Bondy, et je reprends mes études.

Laurent : Peut être que je vais rester plus que 9 mois, peut être que je vais trouver une femme ! Mais je ne sais pas du tout comment ce sera là bas, si ça se passe très bien, je terminerai peut être mon visa, car je ne sais pas encore ce que j’envisage de faire à mon retour à Bondy.

Vous comptez voter pour les présidentielles de 2007 ?
Les deux
: Oui, par procuration.

Vous voterez pour qui ?
Remy
: Pour les verts, non, je rigole, je ne me prononce pas.
Laurent : Pour la droite! Non, je plaisante. Secret !

Voilà, à l’heure qu’il est, Laurent et Remy sont très loin de Bondy, ils devraient prochainement nous donner des nouvelles de leur périple. Mais attention, à Bondi beach, il y a des requins ; comme à Bondy.
A suivre…

Par Chou Sin

Entrepreneurs des banlieues, nous allons parler de vous !

Lors de notre « université d’été » en rase campagne, début septembre, nous avons constaté que le Bondy Blog ne témoignait pas assez des enjeux économiques dans les banlieues. Et pourtant, ces enjeux sont primordiaux, autant pour l’histoire des cités (construites à proximité des usines) que pour leur avenir. Lorsque nous évoquons la fermeture d’un commerce, nous rapportons un morceau du tissu économique qui se désagrège. Lorsque le chômage frappe la jeunesse, c’est un pays qui se prive de ses forces vives. Lorsqu’une association se crée pour promouvoir et aider les jeunes issus de la banlieue à trouver un emploi à la mesure de leur talent, c’est au contraire l’exemple d’un dynamisme encourageant.

Afin de combler cette lacune, nous avons donc décidé de créer une petite « rubrique économique », laquelle sera animée par Cédric Roussel, un commentateur assidu de ce blog mais aussi un passionné des questions économiques. Avec l’aide de Cédric, nous allons donc nous intéresser à ceux qui créent, innovent, font ou feront vivre les banlieues. Que ce soit des associations ou des entreprises, nous voulons parler du tissu économique et de ceux qui entreprennent ou veulent entreprendre.

Une des premières mission de cette rubrique sera de dénicher un bon projet et de le suivre dans toutes ses démarches, de témoigner de ses difficultés autant que de ses réussites. Nous lançons donc un appel : artisans, commerçants, entrepreneurs ou inventeurs de banlieue, si vous avez un projet intéressant, contactez nous à l’adresse bondyblog(arobase)yahoo.fr

Nous vous ferons connaître en écrivant régulièrement sur votre aventure économique, mais surtout cela permettra de partager la richesse de votre expérience et servira d’école grandeur réelle pour nombre d’autres entrepreneurs en herbe !

CACHAN ATTENTION, les CRS se tiennent prêts

22411_1 Je viens de sortir des cours à Cachan et un élève de deuxième année me dit :
« Ce serait pour aujourd'hui. Le maire vient de rencontrer le préfet et il paraît que des ordres ont été donnés. »
Apparemment, l'expulsion de Cachan serait pour 17h ou demain matin 6h. Six bus de la RATP ont été affrétés et son prêts au dépôt d'Ivry sur Seine. Alors, rumeur ou réalité ?
Mais pourquoi cette monter de tension? Les personnes réfugiées dans le gymnase auraient voulu s'interposer lors de l'arrestation d'un père de famille. Il y aurait sept blessés. Une intervention des forces de l'ordre contre les personnes hébergées dans le gymnase de Cachan, aurait fait plusieurs blessés, a-t-on appris mardi 19 septembre.

Interpellation d'un homme.

Les incidents auraient éclaté lors de l'interpellation d'un père de famille par quatre policiers non loin du gymnase. Les autres occupants au gymnase auraient alors tenté de s'interposer pendant que les policiers recevaient le renfort d'une vingtaine de leurs collègues.
Selon les squatteurs les policiers auraient interpellé "un homme qui urinait sur la voie publique" afin de contrôler son identité. Ils auraient alors été la cible de jets de cailloux provenant de personnes hébergées dans le gymnase, justifiant leur intervention et l'appel de renforts.
Selon plusieurs témoins, une vingtaine de policiers auraient tenté de déloger les personnes ayant trouvé refuge dans le gymnase, usant de bombes lacrymogènes et de matraques. Selon les sapeurs-pompiers qui sont intervenus, au moins sept personnes ont été blessées, dont un policier.

Ces heurts, soulignés par le coup de colère du préfet de Seine Saint Denis et l’agression de CRS à Corbeille Essonne embarrassent chaque jour un peu plus le gouvernement et surtout le ministre de l’intérieur, candidat à la présidentielle de 2007. Cela pourra-t-il durer encore longtemps ?

Par Sada Fofana

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