« De Bondy à Bondi beach | Accueil | Journalistes recherchent guides du 9-3 »

A nos pères…

Chibanis_arton65

 








Ils étaient nombreux

A vivre dans le quartier magique

La Bondynoise, Poupry, la passerelle

De grands hommes, forts, travailleurs,

Des valeurs c’est sûr pour l’industrie automobile…

Ils ont tous la même histoire

Le même parcours

Ils sont arrivés de loin avec pour seul bagage

Bonjour Monsieur, merci

Du tabac à chiquer, une veste trop étriquée

Ils ont tous beaucoup travaillé, beaucoup

Ils étaient discrets et résignés

Ils ont tous beaucoup travaillé

Ils s’appelaient « camarade » ou « chef »

Le dimanche ils étaient d’autres hommes

La politique sur la place du marché

Le PMU… Saint Martin placé gagnant

Le café de l’Etoile… les cartes,

Les souvenirs, et les rires

Et dans la soirée Rimitti avec le thé

Ils ont tous beaucoup travaillé

Ils nous ont tous beaucoup aimé

Un amour très réservé mais grand

Ils en restent très peu pour témoigner

Ils ne sont plus qu’une poignée

Quelques hommes vivent encore dans ce quartier

La Bondynoise, Poupry, la Passerelle

Quelques hommes qui se comptent sur le bout des doigts

Quelques hommes…  parmi eux…

Il y a PAPA…..

Une bondynoise anonyme

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/610223/6155241

Voici les sites qui parlent de A nos pères…:

Commentaires

super article je reconais tout à fait la mon père

Bravo, très beau, merci.


Adorable comme tout. Bravo !

Prudence

Je ne suis pas le seul philosophe en danger à cause de son système, seulement ce n’est pas l’enseignement qui m’a attiré des ennuis. Parce que je n’ai jamais parlé de mon système à aucun de mes élèves. Avant, je faisais des généralités bien ordonnées et je félicitais ceux qui travaillaient, mettaient du soin dans leur travail ou de l’habileté dans leurs sophismes.
Non, c’est quand j’ai pris une année sabbatique pour partir au Japon que les ennuis ont commencés. J’ai découvert que loin d’être mort mon père avait un autre nom. Il s’appelait monsieur Kawaï et il travaillait dans le gros poisson.
Quand je suis rentré en France rien n’a plus été comme avant. Je me sentais suivi. Ecouté, épié. J’ai décidé de parler. De dire ce que je savais, tout ce que je savais.
Les élèves étaient contents, sauf quand je leur disais que c’était de mon père que je parlais. Ils ont commencé à s’interroger eux-mêmes sur le leur, de père, et très vite mes cours de philosophie sont devenus des cours de déontologie.
Il y en a un qui disait que le tout c’était pas de savoir si on allait toucher la retraite ou pas, ce qu’on ferait une fois vieux, et tout. Il disait que l’essentiel était de vieillir en regardant les nouvelles générations en face, et que son père à lui il ne pouvait pas.
Ce jeune homme disait qu’avec des pères comme le sien ce n’était même pas assuré qu’il y aura des nouvelles générations. Il déballait tout.
A partir de là, c’est allé vite. J’ai reçu une lettre de l’inspection. C’était une invitation à quitter la maison. J’ai demandé la protection du recteur mais ça n’a pas empêché les tueurs de monsieur Kawaï de me tirer dessus.
J’ai préféré me cacher, profil bas, et faire de la philosophie vraiment, pas seulement en avoir l’air, comme dit Epicure, c’est meilleur pour la santé.

En ce premier jour de ramadan, il faut que je vous raconte ces fameuses pierres où sont assis père et pair. Car ces pierres, nous jeunesse blanquinoise nous les avons usées.
Elles constituaient une colline en plein coeur de blanqui, pendant près de 10 ans. Les restes d'un chantier oublié. Pour certains elles étaient telles des verrues plantées au milieu de la figure.
Pour nous c'était la montagne sacrée, au milieu d'un champs un peu herbeux, un peu orti (queux) un peu merdeux qui a abrité tous nos secrets de filles les longues veillées de ramadan, mais plus encore les très longues journées. A l'époque où la moitié d'entre nous déjà ne le faisait pas mais par solidarité, pour le fun et la fête venait veiller avec l'autre moitié. Ces étés là on avaient le temps de defaire et de refaire le monde (c'est à dire blanqui)
Monsieur le promoteur est passé là aussi avec son joli parking et ses rangées de garage en tôle flambant neuf.

Disparues les pierres et la volée féminine de blanqui s'en est allée élargir le terrain de ses rebellions, de ses diagnostics et remèdes sur ce monde euh restons modestes sur La france. c'était la création des assos des 80's.

Alors ces pierres ont pris du recul (elles sont à un mètre, l'une de l'autre maintenant) et accueillent c'est normal les vieux qui en ont pris aussi.

PS : Je suis heureuse de constater Papa que tu as retrouvé ton chapeau

Merci,

Texte très émouvant qui a illunminé mon weekend!

Bonjour.

Connaissant bien bondy je ne reconnais pas du tout l'endroit sur cette photo!!Pouvez vous m'eclaircir sur le quartier de ctte photo. merci.

Dilgo,

Si j'ai pas compris, ton père est mort loin du Japon, et Monsieur KAWAI est armé.
Tes élèves sont philosophes, et bientôt à la retraite. et toi tu ne ressemble pas à Epicure. Moi, j'ai un papa. Quand je vais chez lui, il me fait un café. On parle pas beaucoup et quand je repars, son reflet dans le miroir de l'entrée est épicurien.

merci,pour cet hommage à nos pères .Malgrè le deracinement ,les sacrifices , ils ont toujours gardès leur dignitè ,leur fiertè.c'est ce que m'a transmis mon père et je lui en serais eternellement reconnaissante.

merci pour ce flashback sur des sentiments similaires. Nos pères et nos mères tant aimés et parfois mal compris, mal écoutés par leurs propres enfants, par les autres aussi....
mais on peut être fier de ce qu'il ont fait pour nous, pour nous permettre une vie meilleure que ce qu'on aurait eu en restant, en naissant au pays, on peut être fier de cette double culture: c'est une longueur d'avance sur bcq d'autres personnes qui ne sont que français, voire franco français....merci à nos pères, merci à nos méres.

Poster un commentaire

Ma Photo

Notre parrain

  • Hebdo