Le Bondy Blog à Fouras (1e partie)
Fouras, Charentes Maritimes (Correspondance)
Fouras, charmant village balnéaire au bord de l’Atlantique, à une vingtaine km au sud de La Rochelle, à côté du site de Fort Boyard, hôte de l’université d’été des militants du mouvement d’Arnaud Montebourg « Rénover Maintenant ». Quelques jours avant celle du PS, au sein de laquelle il s’agit pour le mouvement du promoteur de la VIe République d’arriver en ordre de bataille, à la veille de la grande mêlée générale prévue pour trouver un candidat aux présidentielles qui ait une chance face à Sarkozy.
Montebourg avait un moment difficile à passer, puisqu’il s’agissait de faire digérer la pilule du ralliement de son mouvement à la candidature Royal, sans passer par la formalité républicaine de la consultation de la base.
Il semblerait que le conclave directeur serait en mesure de produire un texte de consensus. Mais si l’on en croit divers témoignages, dont celui de M. Belakhdar, compatriote Bondynois, la fumée blanche ne sortira pas sans frottements.
Invités au sein d’un atelier consacré aux Banlieues, nous nous y sommes rendus pour témoigner sur l’expérience du Bondy Blog. Nous y avons trouvé un auditoire très intéressé a priori, même si le débat après nos interventions n’a pas pu avoir lieu, vu que les habitués de l’exercice ont monopolisé le micro pour parler d’eux-mêmes et dire ce qu’ils pensaient au lieu de poser ou laisser les autres poser des questions.
La tablée était composée d’un représentant de la Ligue des droits de l’homme qui a cru pouvoir caser le double de ce qui est humainement possible en moins de dix minutes. Résultat il a lu au pas de course un document. Bon. Dommage. Un urbaniste qui a également lu un document. Là encore, c’est du gâchis, tous ces km en TGV, ces frais d’hôtel et de restau, pour 10 minutes de coup d’épée dans l’eau. Bon. Un éducateur qui parlait du fait qu’on peut comprendre la colère des jeunes sans pour autant approuver le fait de cramer des bagnoles. Dix minutes, c’était beaucoup aussi. Et puis à nous. J’avais préparé un topo mais je l’ai modifié pendant que j’écoutais les autres en me disant que je n’ai quand même pas fait 3 heures de TGV plus presque une heure de transports jusqu’à la gare Montparnasse, pris 24 heures de mon temps précieux, pour venir assommer de braves militants socialistes pleins de bonne volonté avec « moi », « je suis le plus beau, le plus malin, le Bondy Blog c’est trop génial « etc. J’ai préféré parler de mes soucis. Oula ! Ca faisait un sacré contraste.
La salle réveillée partageait ainsi avec moi mes préoccupations sur la difficulté pour le jeune de banlieue de produire un discours où il s’institue comme sujet légitime à poser un regard autonome sur le réel, lequel n’est pas exactement toujours un conte de fées. A se dégager de cette représentation de la banlieue qui émane du Centre quand il daigne, plus ou moins contraint et forcé par les « évènements », se donner la peine d’aller voir sa périphérie. De se débarrasser du rôle d’objet, au sein d’un casting produit par des gens de l’extérieur, mais dans lequel les gens de banlieue adhérent assez spontanément, sans forcément s’en rendre compte : soit le jeune que le journaliste a trouvé aux heures creuses de la journée, qui n ‘avait rien d’autre à faire que de zoner devant la gare RER. Et qui va lui donner du discours de frustration, de victime, d’exclu ..etc… Rien de neuf. Soit alors, et c’est plus pernicieux, celui qui va se prévaloir de sa situation de salarié, de fonctionnaire, de commerçant etc… en disant « voyez, c’est possible » , mais qui conforte ce faisant le discours dominant, victimisant, stigmatisant, produit sur les gens issus des banlieues, en se posant comme un contre-exemple, faisant mousser son ego au passage, comme quelqu’un qui a donc du mérite. Ca fait toujours du bien, d’accord, mais inutile. Et dans les deux cas, le journaliste repart avec un « matériau » qui rentre dans le cadre mental préétabli. Et le sens commun de son lectorat, ses clichés et ses stéréotypes confortés. Dormez bonnes gens… Rien de nouveau sous le soleil.
Deuxième préoccupation. C’est la question de savoir quoi dire au brave journaliste qui n’est pas Suisse, qui n’a donc pas le temps, d’autre que de parler de soi. Peut-être qu’il voudrait qu’on lui produise une analyse sur les problèmes, non pas « des » banlieues – au fait, je préfère « soulevés par » les banlieues ? Et là petit flottement. Euh ! On le sent un peu gêné le brave journaliste. J'appelle ça le "paradoxe-du-journaliste-qui-s'intéresse-aux-banlieues": il vient en banlieue pour essayer de comprendre ce qui s’y passe. S’il cherche à comprendre ce qui s’y passe, c’est parce qu’il ne s’y passe pas une série à l’eau de rose, on est bien d’accord. Mais si une analyse des problématiques relatives à la banlieue lui est proposée par quelqu’un qui peut lui parler du point de vue de la banlieue, et non du point de vue central, comme le font les discours légitimes habituels (médiatiques, universitaires, politiques, administratifs), eh bien ça tique, ça coince. Il n'a pas l'habitude.
Ca me rappelle cette description de Tocqueville de la situation qui prévalait juste avant 1789 dans « L’Ancien régime et la Révolution », où des aristocrates bien intentionnés faisaient des discours sur le peuple, devant lui, sans songer qu'il pouvait éventuellement avoir aussi un avis à donner.
Samy K.
(La suite prochainement)



Exactement la raison pour laquelle je n'y suis pas allé a Fouras. Toujours les mêmes cirques des militants autistes et ambitieux, qui n'en ont rien a foutre de ce que vivent au fond ceux qui n'appartiennent pas a leur "CSP", au mieux...
Voila pourquoi, a Bondy, ce sont les citoyens concernés qui doivent se prendre en main: MH....
Rédigé par:om | le 26/08/2006 à 11:50
Intéressante, cette idée du "Centre" opposé à la "banlieue"... ou au reste de la France. Il m'a fallu deux secondes pour comprendre que ça n'avait rien à voir avec le "centre" d'il y a cinquante ans, celui qui est censé se trouver à mi-chemin de la droite et de la gauche.
Ca nous change un peu des catégories toutes faites: droite/gauche, libéralisme/socialisme...
Je ferai remarquer que c'est la même notion que celle de l' "établissement" fustigé par Le Pen.
Rassurez-vous, je ne cherche pas à défendre les idées de Le Pen. Mais ça aide un peu à comprendre sa popularité, non? Comme disait l'autre: bonnes questions, mauvaises réponses.
Rédigé par:Robert Marchenoir | le 26/08/2006 à 13:03
C'est vrai Robert;
quand on voit une certaine "gauche", représentée parfaitement par les Verts, celle qui promet généreusement et qui une fois au pouvoir montre la plus haute incompréhension et hypocrisie
avec le même fond raciste que ce qu'elle prétend combattre,
ça fait regretter que Sarko se soit emballé dans le fond de commerce hyper droitier car sinon...
c'est surtout ça mon combat: pas anti-libéral ou droite,
mais le racisme, les discriminations, les injustices criantes, la Peur...
Donc c'est dommage que la droite montre ce qu'on déteste le plus en elle...
Mais quand je vois le niveau des débats des militants PS; la perdition des Verts;
L'hypocrisie totale de cette gauche qui au fond s'en branle grave de la banlieu, de la misère, de la discrimination, à part leur prêchi-prêcha pré-électoral
oui, ça fait regretter que la droite soit encore aussi con, parce que sinon yaurai pas foto : tant qu'à faire, voter pour le moins hypocrites baratineurs...
Mais Sarko fait flipper
Rédigé par:om | le 26/08/2006 à 13:25
Bonjour,
C'est mon premier commentaire sur ce blog que je lis pourtant depuis le début ou quasiment. Et c'est pour des papiers comme celui-ci que je le lis.
Deçu parfois depuis que le blog est aux mains des bondynois parce que certaines analyses pouvaient etre plates et remplies de lieux communs, non pas sur la banlieue mais sur d'autres événements, agréablement surpris à d'autres reprises par un vent de fraicheur qui nous change du ronronnnement des médias, je me pose cependant une question en tant qu'apprenti journaliste, un peu ignorant de fait des vraies choses de la banlieue (à mon corps défendant je ne suis pas né en banlieue, ni ne suis d'origine étrangère ou quoique ce soit pour prétendre à une légitimité dans ce domaine), la question la voilà : est-il possible pour un journaliste qui ne vit pas en banlieue et qui est français (voire parisien), d'écrire quelque chose de censé sur la banlieue/cité/(les) quartiers - rayer les mentions politiquement correctes - ?
Mon objectif n'est pas de défendre à tout prix ma future corporation qui a bien des défauts, mais plutot de cerner la possibilité pour celle-ci, dans une démarche raisonnable, intelligente et patiente, de comprendre quelques éléments de la banlieue.
Un journaliste est-il par essence disqualifié dès qu'il est français et parisien (ce que je ne suis pas) pour parler banlieue ?
N'est-il pas étrange que si l'on trouve des journalistes crédibles pour s'exprimer sur la crise du PO ou le problèmes des ouigours chinois, pas un n'est considéré apte à décrypter les problèmes sociaux des quartiers ?
Merci de me répondre.
Rédigé par:Tibo | le 26/08/2006 à 13:30
Tibo,
C'est une question de méthode et d'honnêteté. Ce blog a été créé par des journalistes suisses:
s'immerger, prendre le temps, ne pas sauter sur les voitures brulées...
Le métier de journalisme, avec cette honnêteté et cette durée, c'est de plus en plus difficile vu la demande des rédactions...
Il ne s'agit donc pas d'être d'origine étrangère et issu de la banlieue pour savoir en parler, la montrer. Même si ça peut aider, car on parle mieux de ce que l'on connait. Mais ça n'empêche pas de dire des faussetés. Suffit d'aller sur le blog "labanlieuesexprime" où sont déversés des props anti-sémites pas possibles...
C'est juste une question de méthode. une question de feeeeelinggggg
Rédigé par:om | le 26/08/2006 à 13:51
Reviens Jospin !
c'est le seul qui peut battre la Droite et nous mener enfin vers des jours meilleurs !!!
Rédigé par:militant | le 26/08/2006 à 16:21
Bonjour,
Om a donné l'élément de réponse le plus important à la question soulevée par Tibo. La méthode. Et particulièrement avec un sujet comme celui là, de la patience et de la modestie. L'exemple en a été donné par les journalistes de L'Hebdo, grâce auquel nous avons aujourd'hui la possibilité d'échanger sur les questions qui nous préoccupent. Si ces enjeux avaient été correctement traités par les membres de votre future corporation, ces problèmes auraient sans doute commencé à trouver un début de solution. Mais ça n'est pas le cas.
Vous n'êtes pas sans savoir que votre futur métier est en proie à une crise grave, en France mais pas seulement. L'indépendance qui doit lui être garantie l'est de moins en moins. De plus en plus rares sont ceux qui ont le courage de sortir des représentations communes. Mais ils existent, c'est vrai. Il ne s'agit pas de mettre tout le monde dans le même panier. Mais ça reste l'exception.
On compte sur vous pour améliorer les stats !
Rédigé par:samy khaldi | le 26/08/2006 à 18:19
Ah ce blog !
jsui addict !
quand je ne veux plus posté, ya un texte de Dilgo, un article comme celui de Samy, Briardounet, Franck...
Nous sommes tous tellement différents et on dialogue, on post, on échange, on s'engueule on s'insulte.
JE remercie encore MOHAMED HAMIDI et TOUTE son équipe
vraiment ça fait espérer
Rédigé par:om | le 26/08/2006 à 18:37
Merci OM.
Encore autre chose Tibo. Moi non plus je ne suis pas né "en banlieue". Ou alors en banlieue de la banlieue... au bled !
Plus sérieusement je ne crois pas qu'il faille être de banlieue pour en parler. Je trouve juste dommage qu'on le fasse seulement parce que ça a explosé ou que ça fait peur à certains.
Il faut que des gens de tous les horizons s'intéressent à ce qui s'y passe. Et qu'ils ne fassent pas semblant seulement...
Rédigé par:samy khaldi | le 26/08/2006 à 19:14
La question de Tibo m'a interpellée. En fait, je pense que si les Suisses ont si bien réussi, c'est qu'ils appartenaient au service international de l'Hebdo. Ils ont donc l'habitude d'arriver dans un pays aux "moeurs différentes" sans a priori, ils ont appris à aborder la pauvreté également.
Pour les journalistes de quotidiens nationaux, qui vivent à Paris intra-muros, je crois que la banlieue est "impensable" : à titre d'exemple, imaginer que pour beaucoup de Bondynois, la sortie du samedi est au centre commercial régional, qu'il n'y a qu'un ciné (avec une bonne programmation cela dit !), et deux pauvres restos pour toute la ville...
Du coup, c'est soit les bons sentiments et la compassion, soit cette violence voyeuriste.
Cela dit, interviewer un responsable associatif, c'est bien, mais prendre un ascenseur de 1m² qui sent la pisse pendant 12 étages, après avoir lu l'affiche dans le hall "suite à la recrudescense de braquages, verrouillez votre porte même si vous êtes présents et n'ouvrez que si vous connaissez la personne" c'est parlant aussi.
Rédigé par:Ariane | le 26/08/2006 à 20:11
Tibo,
J'ai trouvé votre question... euh... savoureuse! (oui c'est le terme). Je précise je suis comme vous un bon franchouiard originaire de la France provinciale.
J'aime la réponse d'Ariane. Et aussi souvenez-vous de la comparaison de Serge Michel avec le Mur de Berlin. Ce qui rend la démarche intellectuelle d'autant plus difficile, c'est que cette différence énorme est intimement liée à une proximité géographique.
Mais la cerise sur le gâteau, c'est qu'en même nos a priori. Franchement, c'est fascinant, personne ne connait l'autre mais tout le monde a des a priori sur tout le monde! Du coup, cela pourrait vous prendre encore plus de temps que si vous alliez faire un reportage sur les Korubos d'Amazonie. Quoique à tout bien réfléchir, eux aussi doivent finir par avoir quelques a priori...
Rédigé par:Cédric Roussel | le 26/08/2006 à 22:15
Ariane,
je vais vous livrer un petit secret, je ne devrais pas mais j'ai de la peine à résister. Vous dites que les journalistes de l'Hebdo qui sont venus étaient du service international. Quinze membres de la rédaction sont passés à Bondy, plus de la moitié des effectifs du journal. J'étais à ce moment le chef du service international de l'Hebdo et je fus c'est vrai le premier à venir à Bondy pour ouvrir le petit bureau et le blog.
Mais vous savez combien nous étions, dans le service? Deux. Michel Beuret et moi...
L'écrasante majorité des journalistes de l'Hebdo venaient d'autres rubriques (société, culture, politique, économie) et ont fait du très bon travail. Le truc, ce n'est pas de d'être un grand reporter et d'avoir l'habitude des avions et des moeurs différentes, comme vous dites. Cela tient à deux mots: la curiosité et la liberté. Nous voulions comprendre ce qu'il se passait à Bondy et nous étions libres dans le choix des sujets, leur longueur, la fréquence des post sur le blog, etc.
Pour répondre aussi à Tibo, je pense que beaucoup de journalistes français, voire parisiens, peuvent faire aussi bien et même mieux que nous! Le problème n'est pas tellement dans leurs compétences ou leur ouverture d'esprit, il est plutôt dans l'organisation des médias et dans la dictature ce que l'on croit que les lecteurs veulent. Les histoires sur les banlieues tombent toujours dans une certaine catégorie: fait divers sordide, exemple de la radicalisation de l'islam en France, story de l'immigré bosseur qui s'en est sorti, etc. Ce n'est pas que ces catégories sont toutes sombres, mais juste qu'elles ne sont pas assez nombreuses.
Si comme je le pense les banlieues sont un monde à part entière, il faut parler de tout, il faut décliner la couverture des banlieues dans toutes les rubriques d'un journal, des luttes politiques pour le pouvoir en banlieue aux grands événements culturels en passant par les nouvelles tendances fashion dans telle ou telle communauté étrangère. Il faut que les banlieues, qui sont majoritaire en Ile de France, irriguent tellement les rubriques et les articles qu'on finisse par ne plus vraiment distinguer quelles sont les histoires "de banlieue" et les histoires "parisiennes".
Euh... vous voyez ce que je veux dire? Ce sont des questions importantes que pose Tibo et les réponses méritent mieux que ces quelques lignes. Mais pour commencer, svp, ne pensez surtout pas que les journalistes des services dits "internationaux" possèdent des qualités que les autres n'ont pas!
Rédigé par:Serge | le 26/08/2006 à 22:54
Je ne suis pas un spécialiste des autres blogs, mais je trouve que le Bondy Blog est l'un des rares endroits où l'on associe encore liberté (un denrée rare) et intelligence.
Alors que ça continue.
Ce qu'il faudrait que je fasse, c'est venir à Bondy voir à quoi ça ressemble quand même...
Quelqu'un peut m'expliquer le chemin ?
Non, ça ira... je trouverai
Rédigé par:franck | le 27/08/2006 à 11:40
Sinon, concernant la réunion du NPS, c'est partout pareil.
Une bande d'arrivistes persuadés de dire des choses plus intéressantes que les autres en vue de se faire remarquer.
Navrant quand il s'agit de débattre sur l'avenir du pays.
Om.
Je vais m'inscrire au Parti Radical de Borloo. Tu viens ?
Rédigé par:franck | le 27/08/2006 à 11:43
Merci à tous pour vos réponses. Il y a beaucoup à en apprendre et encore de nombreuses choses à dire.
Ce que je retiens à propos de la difficulté de faire un vrai travail de fond sur la banlieue :
- la dictature de l'attente du lectorat (l'attente supposée la plupart du temps : concrètement ça peut se traduire par une demande du rédacteur en chef qui a déjà une idée bien précise de ce qu'il veut)
- Le manque de temps du aux contraintes d'organisation dans la presse française
- l'intéret limité des médias pour ce qui ne tient pas de l' "exceptionnel" en banlieue. Alors que pour le reste de la société, on trouve pléthore de magazines de modes, de sports, de filles, de musiques, les mags ne déclinent que très rarement leurs rubriques avec des éléments de cultures banlieusardes. En France, on trouve pourtant des mags sur quasiment tout...
- la patience et la curiosité, associées à une méfiance viscérale vis-à-vis de tout a priori, sont les clefs d'un décryptage honnete des problèmes soulevés par (j'ai fait attention, Samy) les banlieues.
Enfin si Serge lis encore ce message, peut-il me donner quelques éléments sur la santé financière et l'organisation de la presse suisse. Les contraintes sont-elles si différentes de la presse française ? Ou était-ce le fait que les banlieues françaises constituent un sujet extérieur et neutre qui a permis de ce livrer à une telle analyse ? d'y passer autant de temps ? de voir certaines choses qui collaient aux yeux des français mais que nous n'avons pas su voir (entendre "nous" journnalistes ou simples citoyens)
Rédigé par:Tibo | le 27/08/2006 à 14:22
Livre rouge
Certains sont portés sur les choses cachés depuis la fondation du monde, ils n’en sortent pas, ça se voit chez eux comme le nez au milieu de la figure. On a envie de sauter dessus et de caresser ou tirer ou taper dedans comme dans un ballon.
Il y en a c’est perchés sur des plateaux qu’ils sont, ils n’en descendent pas ; j’en connais certains les yeux noyés dans la fibre de papier qui forme le plan de leur délire concret, ils vivent d’artisanat, ils fabriquent des attrapeurs de rêves. Ce sont des indiens.
Ceux qui traînent en ville sont souvent des gens avertis dans les questions de sociologie. Mais ils ne sont pas tous en ville. Ils ne sont même pas tous en province. Et parmi eux j’en connais d’anciens aristocrates, dégénérés, mais aristocrates.
Mon secret de fabrication est un vieux professeur qui s’appelle Henri Bergson. Et pour le décor que ce soit ou pas la vérité historique, pourvu que ça fonctionne, je vais vous dire, une rue. Des gens devant une porte et un peu plus loin le même attroupement devant une fenêtre et quelques pas plus loin encore une fenêtre. Ils écoutent.
Henri cause. Dedans c’est bondé. Vous imaginez sa voix pondérée, encore chantante, à l’époque il n’y avait pas la radio et le vrombissement moteur des industries. Vous imaginez sa méthode créative.
C’est de lui que je voulais parler, comme chaque fois que j’ai l’occasion de parler de philosophie, j’avais dit à Daniel d’accord pour mercredi et lui qu’il en profiterait pour inviter les gens à venir chanter des chansons et lire de la poésie.
Donc, la soirée au bistrot pouvait partir dans toutes les directions et c’est ce qui c’est passé, je ne savais plus qui buvait quoi et disait quoi, je savais seulement que je devais attendre le bon moment pour lancer ma discussion et je savais de quoi je voulais parler, je voulais parler de l’indétermination des choses. Qu’il y avait dans la vie ce qu’on appelait l’Esprit et c’était çà justement, l’imprévisible, ce n’était pas grand chose mais ça suffisait largement.
Il était tard, j’avais peur de commencer à parler, les gens c’était mis à discuter de la mort et je ne voyais pas comment je pouvais lancer Henri là dedans. Même si Henri était mort depuis longtemps, soi-disant. Je voyais le moment où tout le monde allait partir et je serais resté comme ça, seul avec mon balai et mon torchon, à essuyer mes verres en me disant que ça, pour un patron de bistrot, c’est très prévisible.
C’est alors que Fabio s’est mis à parler de la rationalité du monde. Il disait que tout était calculable, géométrique, c’est notre ignorance et la faiblesse de notre cerveau qui nous faisait croire au hasard. Je peux dire que cette sortie de Fabio, ça ma sauvé.
Voilà, c’est comme ça que je leur ai parlé de la matière et de la mémoire, que je me suis mis à leur parler d’Henri. Grâce à Fabio.
Rédigé par:dilgo | le 28/08/2006 à 00:49
Dilgo l'Indien !
réponse à Franck:
Borloo: je viens de lire ds le Monde qu'il va sans doute dervir de caution centriste a Sarko. No Way!
Et mort de rire, j'ai vu que son université d'été était à Palavas-les-flots.
Or ya 15ans, je venais d'avoir le bac avec "la meilleure note en philo" des 3 académies. Je me croyais super intelligent, ministre des boognools. Après avoir bossé a SOS ça bouge en juillet, j'avais pas 18ans quand jsui parti avec mes potes de Delattre pas loin de Palavas.
Avec un pote kabyle, on est allé a Palavas pour dragué le vent, comme d'hab. Et une grosse mercedes était garé. la vitre s'ouvre et une tête nous apostrophe: "He les mecs! montés! j'ai un truc a vous dire. On monte. A l'avant yavait un gitan et sa femme, même tête que la meuffe colombienne qui cache un fusil a pompe sous l'oreiller ds Scarface. Elle avait un bb sur les bras, et pendant toute la conversation, j'étais sur que ss le bb yavait un fusil a pompe.
Le mec nous dit: "vous êtes des malins. Je vais vous faire un cadeau incroyable. je viens de faire un gros braquage, mais je peux pas traverser la frontière espagnole avec le butin. Alors je vous propose pour 2000frs (tout notre budget) de vous refiler ces deux diamants." Et là pour nous prouver que c'était des diams, il raye la vitre. On est content on le paie et on se barre. On va chez un bijoutier: "Bande de cons, c'est de la merde! Tous les minéraux rayent le verre, sauf que le diamant lui ne se raye pas!"
On s'est fait rouler ! malgré mon bac mention ambition.
Je me suis dit : "dernière fois que je joue au bandit". Je tiens pas mes promesses...
Quand je suis rentré a la Sorbonne un mois plus tard, grace à une déro spé du a mes notes, sinon direct Paris 8 que je voulais évité comme une poubelle
a la première copie, le prof dit: "Si c'est un étranger (moi) qui va vous (les autres) apprendre le français, c'est grave!"
"je suis pas étranger (connard)"
"Ils ont compris ce que je voulais dire"
alors moi j'ai compris que j'avais rien a foutre là, et que prof, jamais de la vie, mais quoi?
que je préfererai toujours des bac -4 que ces trou duk qui croient etre l'élite.
Confirmé par Ahmed Hamidi aux Guignols, qui a quitté l'école en seconde, qui a fait le livreur et qui maintenant...
Alors quand yen a qui disent que les jeunes de banlieues se révoltent sans aucune conscience politique, faut leur répondre qu'eux ils connaissent la différence entre les paroles et les acte; C'est leur vie.
D'où mon dégout profond de voir la gauche s'enorgueillir de la lutte contre le CPE sans mentionner les émeutes, véritables détonateurs... j'ai bien aimé Jospin sur I.télé, mais silence absolu sur les émeutes.
Alors je rencontre un type, Rachid Azouz, qui quand j'étais en terminale, passa son agreg pratik avec nous.
Il me dit: "qu'est-ce tu fous là! (delattre)"
je lui répond je veux faire du cinéma. il me parle d'une école. Alors je la tente. exams à 3 tours.
Et là j'en viens a Fouras.
Je réussis le premier tour. Et je trainais avec un mec de Delattre qui pétait les plombs: coc deal violence tout ce qu'on connait.
Son frère c'était le sumo de Fort-Boyard.
Alors je lui dit viens on va voir ton frère.
Une semaine a Fouras, super délire, malgré le racisme pire que le sud des états unis. J'exagère à peine.
Quand on revient, j'ai raté ls dates du second tour, et lui décide de s'établir la bas avec son frère. Aujourd'hui, il a 2 resto a la Rochelle, et une superbe jolie petite fille.
Et comme jsui un rat, j'ai pas lacher le morceau et j'au eu cette école élite de merde.
Alors quand des gars m'ont invité a Fouras cette année, je leur ai dit: "pour moi c'est un lieu positif, alors garder vos merdes de militants qui vont gaché mes souvenirs."
J'ai eu raison, allez lire le comte redu de Lancelot qui traine parfois sur ce blog.
http://777socrate.blogspot.com/
Donc Les Lieux sont chargés d'énergie. D'où le vomissement du Lidl à Bondy nord...
Si Borloo choisi Palavas, c'est que ya arnak derrière.
Pour Coutances, suffit de connaitre des verts pour etre rouge de colère...
oui cédric c'est pas très logik tout ça
mais j'ai tout fait pour desapprendre à écrire bien comme il faut
Rédigé par:om | le 28/08/2006 à 15:22
je vais apprendre par coeur : s'intéresser aux" problèmes que soulèvent la banlieue et non aux problèmes de la banlieue" - si les journalistes sont capables de comprendre ça ...
j'habite au centre d'une ville dont la banlieue est au coeur : ça se voit au stationnement : à 18-19 h, tout le monde est parti, à 22 h, les papas "lointains chantiers" sont enfin tous arrivés. ya plus de places ! (certains cependant ne rentrent que le week-end). Le soir, la ville est morte, une espèce de couvre-feu fait fermer les cafés à 20 h...
Un chômage déclaré de 25 %...un parc HLM assez vétuste pour qu'on démolisse des barres...des maisons retapées de bric et de broc par les moins pauvres...une école primaire en ZEP que les plus riches fuient...(et où ma fille est allée).
Bref, je suis votre blog avec intérêt, je me sens concernée et des articles comme celui-là font du bien !
Rédigé par:vieilledame | le 29/08/2006 à 11:39
Merci à Bondy Blog de votre participation. La durée limitée de nos débats tenait au fait que nous avions du rassembler deux ateliers en un seul pour des pb logistiques. Avec 8 intervenants cela faisait court en effet. Nous avons indiqué à tous les participants que l'atelier se poursuivra via notre Blog "rénover maintenant" et aussi en réel avec d'autres tables rondes. N'oubliez pas que c'est nouveau pour un jeune mouvement politique d'initier ce travail comprenant à la fois des acteurs institutionnels représentants les pouvoirs publics et des acteurs de la vie citoyenne pour offrir une vision complémentaire. Nous l'avons bien constaté : personne n'a le monopole de la légitimité pour parler de la banlieue..ou devrais-je dire "des banlieues" dont beaucoup des membres de notre mouvement et de sa direction font partie aussi. Ne soyez pas trop durs avec les militants socialistes rénovateurs que nous sommes, certes imparfaits mais de bonne volonté je vous l'assure. Nous donnons tout notre temps à la cause et aux combats auxquels nous croyons même si certains les ont dévoyés.
amicalement.
Séverine, co-animatrice du débat à Fouras
Rédigé par:Séverine Tessier | le 30/08/2006 à 11:33
Oui Séverine, mais que faisons-nous vraiment, à part de donner l'image d'alliances opportunistes, loin encore des problèmes réelles que vivent chaque jour tous ces citoyens deshérités ?
Je ne sais plus vraiment si l'on sert des idées ou des carrières. Autant chez nous que chez vous.
Mais le doute doit nous redonner le coeur à l'ouvrage !
Jacques
Rédigé par:Jacques | le 30/08/2006 à 11:49
Om.
Merci pour ton témoignage toujours enrichissant et plein de symboles.
Je vais approcher le Parti Radical.
Je t'en donnerai des nouvelles...
Rédigé par:franck | le 30/08/2006 à 16:09
Salut Franck,
C'était pour faire fuir les serpents à sonnettes toujours là pour récupérer le "butin".
Et donc que j'avais aucune pudeur à raconter...
Mais j'ai confiance en cette équipe du Blog, vraiment l'un des plus nécessaire que je rencontre sur la Toile.
Sorry MH, mais ya des choses impossible surtout aujourd'hui.
Donc si ya besoin de Politique, non seulement ya toi, et là tauras un soutien incroyable car INTèGRE
et d'après ce que j'ai vu sur le blog,
ya des Belakhdar ou Moghrani à Bondy pour prendre le témoin.
Et merci aux suisses. J'aime me répéter.
Ce qui me fait rire, c'est que plusieurs personnes de partis complètement différents m'ont demandé les coordonnées du BB pour les inviter à des trucs politiques.
Je leur ai bien dit de lire les chroniques de Samy et MH pour mleur dire de leur impartialité.
Au contraire ça les rassurait.
cool.
Vu que cette année nous le savons déjà va yavoir du grabuge, comme surtension d'images de l'insécurité en banlieue,
et bien coool ya le BB...
Rédigé par:om | le 30/08/2006 à 18:22