Une Italienne de Bondy
A la maison, Claudia zappe de la
Rai I à la Rai III, à la chaîne Média 7. Le Mondial, elle le suit aussi par la
parabole. « Je veux regarder ma belle Italie », affirme de sa
voix mélodieuse cette femme venue en France rejoindre son mari il y a
maintenant 38 ans. Avec son sourire toujours aux lèvres et ses grands gestes
accompagnant ses paroles, l’Italienne n’oublie rien de ses origines
bolognaises. « On me dit que je souris beaucoup, même quand j’ai des
soucis. Eh bien sachez que là-bas on est comme ça ! »,
lance-t-elle en riant. Il faut dire qu’à 56 ans, son humour reste
intact. Claudia retourne dans son pays natal tous les étés voire une seconde
fois le reste de l’année. Elle emmène même ses petits enfants avec elle.
Pendant les repas, les pâtes sont au menu (difficile d’éviter ce
cliché !). Claudia a toutefois ses recettes secrètes pour les
cuisiner ; les Gnocchis et la Polenta restent ses spécialités. Et sans le
Bitter, une boisson servie avec de la limonade, l’apéro en famille perdrait de
sa saveur.
Son lien avec Bondy, Claudia l’a noué en débarquant dans une cité des quartiers Nord en 1972. « Mon mari et moi nous étions installés provisoirement pour 2 ou 3 ans… Aujourd’hui, nous sommes toujours là ». A cette époque, cette Italienne ne parle pas un mot de français, cela ne l’intimide pas pour autant. Son caractère courageux l’a aidée à se débrouiller : « quand j’allais acheter de la viande, je disais « là, là ! » et faisais des gestes de la main pour exprimer 100 g ».
Alors, de temps en temps, elle consulte son
dictionnaire pour traduire certains mots.
Et puis, elle a commencé vraiment à
apprendre la langue française suite à son premier emploi, 10 ans après son
arrivée en France, grâce à ses collègues. « En retour, je leur ai donné
des leçons d’italien », ajoute Claudia qui est employée dans la
grande distribution.
Dans le quartier, elle s’est vite attachée à ses voisines. « Nous allions faire les courses ensemble, nous échangions des plats et passions des après-midi autour d’un café. J’avais le sentiment d’être en Italie ! », se souvient-elle avec nostalgie. Pendant les années 70, les locataires de la cité travaillaient principalement à la banque ou à l’hôpital. Peu à peu ces voisins sont allés vivre en province. Claudia et son mari eux sont restés. Mais ils gardent toujours le contact : « on se téléphone tous les mois ». Si bien que lors du mariage de son fils, tous ont répondu à son invitation. « Quelle fut ma joie ! », raconte-t-elle. Aujourd’hui, le rapport avec les voisins a changé. « Il n’y a plus ce lien d’amitié », remarque l’ancienne. En revanche, si elle a besoin d’un service, elle sait qu’elle peut compter sur eux. Et ce jusqu’à présent. En sortant de chez elle, elle croise souvent des jeunes accoudés à l’entrée de l’immeuble. Avec elle « ils sont toujours respectueux. Ils me disent bonjour madame, me tiennent la porte ». Peut-être parce que « madame » les salue agréablement par un « bonne-jour », roulant son R : normal, c’est une femme du sud ! « Quand nous partons en voyage, nous laissons les clés de la maison à des voisins originaires d’Algérie, des amours, comme la plupart des autres voisins ».
Depuis quelques jours, Claudia est à Bologne. Le moment pour elle de se ressourcer et savourer à sa manière la victoire des footballeurs avec ses compatriotes transalpins.
Par Nadia Boudaoud

Claudia...
Materazzi a triché non ?
Franchement...
Bon, on la rejoue quand cette finale ?
Rédigé par: franck | 15/07/2006 at 11:47
Ya que Nadia pour OSER manger des merguez avec Materazzi!
Jusqu'ou iras-tu Nadia pour l'amour entre les peuples?
OMmmm
Rédigé par: om | 15/07/2006 at 14:17
Un suisse à Maringa
J’ai revu Bernard le Suisse. Dès notre arrivée il était là avec sa fille et sa femme, Christine. J’ai très vite eu envie de lui parler de Bondy et du Blog mais c’est si loin pour lui Bondy. Très vite on a eu besoin de faire garder la môme et Christine s’est proposé pour cinquante réaux le week-end. Nous voilà paré. Nous avons ouvert notre bistrot le vendredi et le samedi. Ca n’a pas marché très fort mais on a revu tous les amis de Maringa, et retrouvé le goût de vin. Enfin. Le dimanche nous avons été chercher la petite sur le terrain où le Suisse construit sa nouvelle maison, en hauteur, dominé par un grand araucaria male. J’étais assis, je contemplais la montagne et je pensais à la phrase de Godard que m’inspirait la paix du site : sois sûr d’avoir épuisé tout ce qui se communique par l’immobilité et le silence. Je me suis aperçu que Godard avait un peu le même accent que Bernard. C’est normal. J’essayais de bouger le moins possible. La petite était épuisée comme si elle avait fait un match de boxe. Moi aussi j’étais épuisé, de me coucher tard et de me lever tôt à cause du cours de français du samedi matin, au coiffeur qui veut s’installer au Québec. C’est certain que j’avais beaucoup bougé et que j’ai trouvé la maison de Bernard un havre de paix.
Rédigé par: dilgo | 17/07/2006 at 01:07
===> Dilgo
"O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!"
Paul Valéry
(Le cimetière marin)
Rédigé par: Briardounet | 17/07/2006 at 08:08
le Bondy blog pourrait parler de temps en temps de la barrière des langues en Europe, parce que c'est un vrai problème même si on ne le sent pas forcément dans la vie courante. D'ailleurs, en Suisse, c'est un problème aigu je crois.
PS : Le Blog est bien écrit, mais pourquoi le calendrier des archives est-il en anglais ? Drôle d'idée, on est déjà bien assez envahis.
Rédigé par: K | 18/07/2006 at 10:08