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De l’archéologie à Bondy

Kamel_os_3En plein centre ville, presque en face de la mairie, à proximité de l’Eglise Saint Pierre, une énorme palissade cache un chantier. Initialement destiné à une grosse opération de promotion foncière, comme le proclamaient quelques affiches qui vendaient des logis paradisiaques, il n’y a, pour le moment, pas de trace de construction. Au contraire c’est très calme. Une plaque sur le côté parle de fouilles archéologiques. J’ai été voir derrière, et j’ai découvert un univers et des gens surtout, fabuleux.

Il se trouve qu’on y a récemment retrouvé une des plus importantes nécropoles mérovingiennes. Ces fouilles ont ainsi permis d’exhumer deux cents dépouilles d’hommes et de femmes enterrées entre le Ve et le XXe siècles avant JC, ce qui fait de ce lieu l’une des plus importants sites mérovingiens d’Ile de France. Plus remarquable encore, les archéologues ont aperçu, dans la couche inférieure, d’autres squelettes, datant cette fois de la fin de l’Empire romain. Ces découvertes permettent d’étudier l’organisation des cimetières et des sites funéraires de ces différentes époques.

C’est fou, on marche sur des gens morts, et en plus ces gens remontent à très longtemps. Pourtant, il y a des personnes qui s’en foutent. C’est triste. C’est intéressant pour l’Histoire de la France, et ça a échappé momentanément à la destruction par les entrepreneurs. C’est bizarre de savoir qu il y a des vestiges anciens comme ça sous nos pieds qui peuvent être perdus à tout jamais du fait des grosses opérations immobilières. Heureusement, grâce a des subventions de la DRAC, les découvertes archéologiques vont pouvoir continuer.

Sait-on comment vivaient nos ancêtres ? Comment étaient leurs maisons ? Leurs vêtements ? Ce qu’ils mangeaient, le type de paysage qu’ils voyaient...?

L’archéologie c’est la science qui tente de répondre à toutes ces questions. Os_2En effet, lorsque les hommes s’installent quelque part, il construisent des maisons, utilisent le bois, la pierre, la terre. Ils fabriquent des objets, enterrent leurs morts... Chaque jour ces activités laissent des traces dans la nature. Retrouver, enregistrer, analyser et comprendre toutes ces traces des sociétés disparues, c’est cela qu’on appelle l’archéologie.

Les archéologues qui travaillent à Bondy font partie de l’INRAP. L’INRAP, c’est l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives. Il dépend de l’Etat, des ministères de la culture et  de la recherche.L’INRAP, c’est environ 1800 archéologues et collaborateurs qui travaillent toute l’année dans toute la France pour sauver les vestiges du passé. En effet, lorsqu'on réalise des travaux d’aménagement comme la construction d’un bâtiment, d’une route, d’une ligne de chemins de fer ou d’un parking, on risque de détruire des restes de la vie de nos ancêtres. Les archéologues  de l’INRAP sont alors appelés pour organiser des fouilles  de "sauvetage" ou préventives.

Cependant, la situation est difficile pour l’INRA. Alors que l’institut devait disposer du monopole des fouilles préventives, une nouvelle loi stipule désormais que l'aménageur peut choisir l'opérateur des fouilles parmi les organismes publics ou privés. Les milieux scientifiques ont dénoncé une "privatisation" de l'archéologie préventive. Ils estiment que la loi remet en cause l’équilibre fragile entre l’importance de l’archéologie et les besoins d’aménagement des villes ou des territoires.
Je voudrais rajouter qu’il y a beaucoup de travail mais pas beaucoup de postes qui se créent.

Je voulais remercier tout les archéologues qui m’on donné une autre vision de leur métier. Rien à voir avec se qu’on m’avait appris à l’école. C’est peut-être en grandissant un peu plus moralement, avec du recul, que la conscience de l’intérêt de ce genre de choses vient. J’ai envie de leur dire bon courage. Vous faites un beau métier et j’espère que le prochain président vous aidera.

Par Kamel El Houari

De Bondy… au festival de jazz de Montreux

Img_0073 En dehors du Hip Hop qui occupe une bonne partie des platines des plus jeunes de Bondy , la soul music, considérée comme la musique des grands frères, est encore très présente puisque les standards du genre sont en permanence samplés par la nouvelle génération du Rap ou de la R&B.
Parmi les figures de la musique à l’ancienne vénérée dans les quartiers, il y a bien sûr en premier lieu les dieux de la soul et du funk : Marvin Gaye, Stevie Wonder, Barry White, James Brown.
Une musique souvent associée aux jeunes en survêtement Lacostes ou Tachini racontés par IAM dans « Le Mia », un titre basée sur un sample de « Give me the night » de George Benson.

Alors pourquoi un tel engoûment pour cette musique dans les quartiers ?
Probablement une proximité de condition sociale puisque l’on sait que les principales figures de la soul et de la funk proviennent des ghettos américains.
La Motown, célébrissime maison de disque était basée à Détroit, ville de l’industrie automobile (MOtor TOWN) et pour les jeunes noirs, fils d’ouvriers, la musique était souvent le seul moyen d’échapper à leur condition sociale.
Marvin Gaye avec  « Inner City Blues » (blues de la banlieue), Donnie Hathaway avec « The ghetto » ou encore Aretha Franklin avec « Respect », parlent du racisme, de la misère, de la condition des minorités, des femmes. Autant de raisons qui peuvent expliquer le succès de la musique noire américaine dans les cités, sana parler bien sûr de sa capacité à faire danser les foules.

Mais il y  a également des artistes issus du jazz qui ont été parmi les plus grands faiseurs de tubes disco-funk des années 80 (George Benson, George Duke, Joe Sample and the Crusaders, Al Jarreau…). Maurice White, batteur de jazz dans les années 60  a fondé le groupe Earth Wind and Fire dont il est devenu le chanteur. Herbie Hancock avec les Headhunters puis son tube "Rock it" a également été l'un des pionniers de la funk et du Hip Hop.
Ce sont ces artistes qui ont amené des générations de jeunes des quartiers vers le Jazz qui, malgré les impressions, est une musique très écoutée en Banlieue.
D’ailleurs, le choc sociologique est parfois intéressant lorsque l’on voit aux mêmes concerts de George Duke  ou de Herbie Hancock un public de trentenaire de banlieue aux cotés d’un public plus centre-ville, plus smart, …plus jazz !

Lorsque j’ai eu la possibilité d’aller à Montreux cet été pour couvrir, pour le blog de l’Hebdo, la quarantième édition du festival de jazz, je n’ai pu laisser passer l’occasion.
Pour moi, Montreux, c’est un nom inscrit en pochoir sur le fond d’une scène où j’ai vu passer dans mon écran de télévision toutes mes idoles. Miles Davis, George Benson, Ahmad Jamal, James Brown, Pat Metheny, Isaac Hayes et tant d’autres.
C’est aussi la scène sur laquelle Marvin Gaye se déhanchait en 1980 avec une veste rouge fluo et une chemise à frou frou devant un public assis qui le regardait la bouche ouverte.
Montreux, c’est des soirées d’été planté devant Jazz 6, l’émission OVNI de Philippe Adler, qui pendant près de 15 ans a pu nous faire profiter des meilleures années du jazz en live. Mais il a fallu faire de la place à la télé-réalité qui a eu raison de ce programme depuis près de deux ans maintenant.

Cette année, pour le quarantième anniversaire, la programmation du Montreux jazz festival est tout simplement exceptionnelle. B.B.King, Al Jarreau, Abdullah Ibrahim, Marcus Miller, Herbie Hancock...Abdullah
Du jazz bien sûr mais aussi de la pop (Sting, Santana, Simply Red…), de la soul (Salomon burke, Chaka Khan, Randy Crawford, Raul Midon…).
De la musique latine (Carlinhos Brown, Gilberto Gil…), africaine (Idrissa Diop, Angélique Kidjo…) et du Flamenco avec le  génie de Paco de Lucia.
A voir hier soir, le pianiste sud africain de 72 ans, Abdullah Ibrahim, haut de plus de 1,90 m faire se lever toute la salle du casino de Montreux après qu’il ait joué seul au piano pendant plus d’une heure, on se dit que la musique fait tomber bien des différences.

Par Mohamed Hamidi

Pour plus d’informations sur le festival Jazz de Montreux : blog musique de l’Hebdo.

Le marché de Bondy à l'heure des grands départs

Images_nadia_bondy_blog_001 « J’ai envie de m’acheter une jupe pour le jour de l’aéroport », confie Amel à sa tante. Arpentant les allées du marché de Bondy nord, cette étudiante cherche un vêtement à porter le jour de son départ en vacances pour l’Algérie, où chaque été elle retrouve le reste de la famille. La jeune fille sait qu’elle est attendue par les plus âgés comme par les plus jeunes, dès sa descente de l’avion. « C’est une habitude qu’on a prise », raconte-t-elle. « Depuis que je suis toute petite, avant chaque retour au bled, ma mère achetait des nouveaux habits, à moi et à mes frères et sœurs ». Mais pas n’importe où : c’est au marché que sa maman dégote les meilleures affaires. De fait, dans les stands, le même slogan revient : « 3 euros, les 2 pour 5 » pour des articles d’une qualité assez variable. Le tout accompagné d’un « Yallah ! », qui veut dire « Allez ! » en arabe.

Images_nadia_bondy_blog_004bis_3Ce lieu fourmillant permet aux clients et aux commerçants d’y trouver leur compte. Les femmes notamment n’hésitent pas à passer un bon quart d’heure devant un même stand à négocier. « Tu le sais, je viens souvent chez toi, ce sont des cadeaux pour la famille et tu veux pas me baisser le prix ? », lance Mahdia, en arabe, à un vendeur de tuniques et de robes traditionnelles orientales. Cette Marocaine vient d’opter pour sept « ensembles » de trois pièces, comme les nomme le commerçant, composés d’un pantalon large de tissu léger, d’une tunique brodée en doré et d’un châle en voile, à 3 euros pièces. Mahdia sait qu’au Maroc, elle peut en trouver de meilleure qualité et moins cher, mais « cela marque notre attachement vis-à-vis de nos proches », dit-elle en parlant de ceux vivants au pays. Et sa fille d’ajouter : « ça fait plaisir, et ça prouve qu’on pense à eux ».

A travers les allées où l’on peine à circuler, la chaleur humaine règne dans ce lieu où les mères se retrouvent entre deux achats pour discuter, où les vendeurs s'échauffent avec force les slogans, et rendent la monnaie d’un geste majestueux. Ici, les prix sont arrondis par défaut, on parle plusieurs langues et tout le monde se tutoie. « Le pic de fréquentation se situe vers 11 heures les jours où il fait beau », remarque un maroquinier qui déballe sa marchandise trois matins par semaine devant l’entrée. Ozlem vient de lui acheter une valise grand format qu’elle transportera jusqu’en Turquie, « Je la remplirai de cadeaux pour la famille », précise-t-elle.

Images_nadia_bondy_blog_007_1D’autres chalands comme Anne-Marie viennent faire le plein de shampoings, dentifrices, savons, rasoirs et passoires pour égoutter les pâtes, qu’ils payent à prix cassés. Cette enseignante part à Cuba chez des amis et veut se « rendre utile », alors que l’embargo américain contre le régime castriste fait flamber les prix. « Quand on sait qu’à Cuba un savon coûte 1,20 euros, alors qu’un médecin gagne l'équivalent de 20 euros par mois, ce sont les premières choses qu’on pense à leur apporter ! », explique-t-elle. Et puis, Anne-Marie « aime l’ambiance » de ce marché, où elle retrouve d'anciennes voisines qui vivent toujours dans les quartiers nord de la ville.

 

Par Nadia Boudaoud

La communauté chaldéenne : un peuple inconnu

M4868_1gbncxmjqwnccbtn Sylvie, 20 ans, est une jeune Bondynoise dynamique d’origine chaldéenne. Elle étudie les langues étrangères à l’université et s’étonne de l’ignorance générale à l’égard de sa communauté.
« Quand on me demande mes origines, on ne s’attend pas à ce que je réponde chaldéenne. D’ailleurs, on me prend souvent pour une maghrébine, une juive voire une latino ! » Il est vrai que dans la plupart des cas, elle doit expliquer une partie de son histoire. Quand on lui demande ce qu’elle pense de cette ignorance, Sylvie n’en veut à personne : « le fait est qu’on en parle peu sinon pas du tout dans les manuels d’histoire à l’école. Les gens ne peuvent pas deviner ».

Les Assyro-chaldéens forment une civilisation qui marqua le IIIème millénaire avant notre ère. Ils ont notamment fondé le royaume de Shamshi-Adad Ier qui correspond au premier Empire, au XVIII siècle avant J.C. A cette époque, l’Assyrie recouvre un territoire qui s’étend de la Perse jusqu’à la Méditerranée. Ce n’est qu’en l’an 612 avant J.C. que l’empire s’effondre, face à la victoire des Babyloniens.

A une époque plus contemporaine, 250 000 Assyro-chaldéens furent massacrés par les troupes turques, lors du génocide arménien de 1915. On peut alors aisément parler de « génocide Assyro-chaldéen ». Pourtant, l’Histoire semble oublier cette page tragique. C’est pourquoi aujourd’hui les Chaldéens se battent pour faire reconnaître ce génocide par la communauté internationale. Mais la tâche n’est pas facile. Ils se heurtent à des obstacles, notamment à des difficultés politico-diplomatiques par rapport à l’état Turque qui nie le génocide arménien du début de XXème siècle.

L’Eglise chaldéenne est un rite oriental chrétien lié à Rome depuis le XVIème siècle. Actuellement, son patriarcat est basé à Bagdad. On distingue entre plusieurs communautés religieuses : les Nestoriens, les Syriaques Jacobites, les Chaldéens catholiques, les Orthodoxes et même une minorité protestante. La communauté chaldéenne s’exprime en araméen, langue du Christ. Ainsi ce dialecte constitue un véritable outil à la compréhension des textes de l’Evangile.

Actuellement, on compte environ 18 000 chaldéens en France, principalement répartis en banlieue parisienne, surtout à Sarcelles.

 
Par Hanane Kaddour

Commentaire sur les commentaires

Au seuil des vacances scolaires propices à la détente, la prise de recul et à la réflexion, nous vous adressons ce message à vous qui participez à faire vivre ce blog, votre blog.

La rédaction a été interpellée par certains commentaires récents. Faut-il être plus strict dans l'administration des commentaires ? L'un d'entre-vous, Bob, a répondu que cela porterait nécessairement atteinte au principe de liberté qui doit présider au développement des débats. Nous intervenons, donc, mais le moins possible, pour effacer les insultes, les attaques personnelles, et toute forme d'atteinte à la dignité, que ce soit celle d'un commentateur, d’un blogeur ou de qui que ce soit...
Nous avons également été choqués par certains commentaires douteux, notamment sous l’article consacré à la Merguez party des handballeurs. Les critiques sont les bienvenues, mais n'ont aucun intérêt quand elles s'en prennent de manière grossière et gratuite aux auteurs des posts, avec lesquels l'ensemble de la rédaction est de toute façon co-signataire. Nous invitons les auteurs à réfléchir à l'intérêt de leurs interventions, du point de vue du débat que nous essayons de susciter. Nous nous excusons auprès de l'écrasante majorité d'entre vous qui avez compris cela.

L’intérêt du Bondy Blog, c’est aussi qu’un débat libre y prenne ses quartiers. Nos blogueurs sont de jeunes Bondynois. Ils sont d'âges différents et de formations différentes. Tous sont bénévoles. La majorité d'entre-eux n'a reçu aucune formation journalistique: ils se forment, avec les moyens du bord. Nous nous efforçons de leur inculquer des règles de forme, sans entraver leur liberté quant au fond: le choix des sujets, l'angle retenu, leur regard à eux. Alors forcément, les articles sont de densité inégale. Autant le dire tout net: nous ne serons jamais L'Hebdo ni Le Monde diplo. Mais nous vous promettons qu'au sein de notre production, vous continuerez de trouver de quoi réfléchir à des sujets et des angles originaux. Sans prétendre pour autant représenter LA voix des banlieues. La banlieue c'est tout sauf monolithique. On y trouve une extraordinaire diversité sociale, ethnique, culturelle etc. On y trouve aussi un condensé des problèmes qui sont posés à l'ensemble de la société française. Et vos commentaires sont d'une valeur primordiale tant il est vrai que le débat libre, mais aussi courtois et de bonne foi, peut seul permettre de cerner une réalité aussi complexe.

Nous concevons nos sujets de blog comme des points de départ, matière à inspiration, que des jeunes gens formulent du haut ou du bas de leur jeune expérience. Notre vocation est triple:
1. offrir un espace de débat vraiment libre et interactif,
2. former des jeunes de Bondy à pratiquer une langue de travail, intégrer un format, respecter des délais. Une manière de leur forger un avenir,
3. faire entendre des voix qui sont absentes des grands médias, éclairer des problématiques qui ne font pas tous les jours la une des journaux.

Au plaisir, donc, de continuer à vous surprendre, de vous lire et parfois de croiser le fer avec vous !


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