Les conseils de quartier…vous connaissez ?
Les diverses formes de démocratie imaginées par les philosophes et théoriciens du siècle des Lumières sont plus ou moins séductrices aux yeux de qui les étudie. Jean Jacques ROUSSEAU avait imaginé un système utopique qui n’a jamais vu le jour ni en France, ni ailleurs : la démocratie directe, découlant de la souveraineté populaire, où chaque citoyen possède un petit bout de souveraineté. Les Conseils de quartier ont pour finalité première de créer un lien entre les élus locaux et la population dans son ensemble. Ils se veulent des lieux d’écoute et d’échange offrant aux habitants de la commune la possibilité de s’exprimer sur des sujets les concernant directement : sécurité, circulation, urbanisme, hygiène, animation, projets municipaux, etc. Chacun d’eux (cinq conseils de quartier dans cinq coins de la ville) est présidé par un conseiller municipal de la ville et ils se réunissent en moyenne trois fois par an. Les Conseils de quartier sont-ils réellement parvenus à instaurer une véritable démocratie de proximité. Pour le savoir, nous avons rencontré l’un de ces conseillers municipaux qui préside le Conseil de quartier du Saule Blanc, Monsieur Gérard LAPRUN.
Qui sont les personnes qui participent aux conseils de quartier ? Existe-t-il un profil type ?
Plutôt des personnes dans la force de l’âge ou retraitées des zones pavillonnaires, mais pas seulement. Soit déjà impliquées dans la vie associative (parents d’élève par exemple) ou politique. Soit habitants proches du lieu de réunion et intéressés par la vie du quartier. Soyons crus, en général, il y a peu de personnes de couleur, peu de jeunes (mais il y a aussi un conseil consultatif de la jeunesse), pas de "jeunes des cités". La composition peu diversifiée des conseils fait partie des préoccupations des membres du conseil.
Selon vous, si les conseils de quartier attirent si peu de Bondynois, et en particulier si peu de jeunes, est-ce parce que vous n’avez pas su vous y prendre ou bien cela traduit-il un réel manque d’intérêt de la part de la population à l’égard de la vie citoyenne ?
La jeunesse attend beaucoup de réactivité, elle est impatiente. Le côté convivial des conseils ne suffit pas aux jeunes, ils attendent autre chose, et vite. D’autre part, il me semble qu’à de rares exceptions, le souci de la chose publique n’est pas une priorité de la jeunesse : il faut d’abord se créer en tant que personne, puis rencontrer l’âme sœur et trouver du travail, un logement, etc. Les préoccupations vis-à-vis de la chose publique viennent peut-être plus tard.
La municipalité a-t-elle déjà pris des mesures découlant directement de revendications faites lors d’un conseil de quartier ? En d’autres termes, les conseils de quartiers ont-ils une incidence sur les délibérations du Conseil Municipal ?
La réfection de quelques trottoirs et rues, le projet de plan de circulation sur l’ensemble de la commune, des aménagements urbains et terrain de jeux dans une cité, la mise en débat progressive des choix municipaux en matière de budget…Influence encore trop modeste à mon goût.
Mais, dans les conseils de quartier, se retrouvent entre 200 ou 250 habitants au mieux sur l’ensemble de la ville (qui compte environ 50 000 habitants !) : pensez-vous qu’un demi % soit un levier formidable pour faire bouger les choses ?
Enfin, si vous deviez convaincre un jeune Bondynois de venir assister à un conseil de quartier, quel(s) argument(s) utiliseriez-vous ?
C’est un moyen facile et attrayant de passer de « l’individuel » vers le collectif.
Le début d’une intégration voulue, choisie, au monde des citoyens, au monde de ceux qui espèrent encore un peu changer la vie, la ville, le monde.
L’ambiance peut y être vive, mais, en général, cela reste très convivial.
On a besoin de nos jeunes dans les Conseils. Quand on construit la Ville, autant la construire aussi avec nos forces d’avenir, notre jeunesse.
Enfin : « la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ! »
Finalement, la démocratie participative n’est pas vraiment parvenue à s’ancrer dans les mœurs. Elle a un succès dans d’autres pays, comme la Suisse, avec la pratique de l’initiative populaire au niveau cantonal, pratique ancienne puisque remontant à 1831. Chez nous, il faudra du temps pour voir la démocratie locale se faire une place et cela n’aboutira que par le biais d’un processus d’éducation entendu au sens large.
Par Hanane Kaddour


Voila
Soyez cru, vous serez cru. Sinon les carottes sont cuites!
OMmmm
Rédigé par:om | le 21/06/2006 à 13:00
Il faut aller a ces conseils, les jeunes comme les vieux, pour participer a la vie du quarier, et de la ville.
Rédigé par:sarah | le 21/06/2006 à 13:34
Bonjour,
En fait ça fait 5 ans que j'habite Bondy et je ne me suis interressée aux conseils depuis que je me suis installée "définitivement" à Bondy. Avant je faisais mes études, je ne savais pas véritablement si je resterais ici ou non, je ne me sentais pas forcement concernée (ce qui n'est pas si vrai finalement).
Les conseils consultatifs permettent :
1/ de se tenir informés des projets globaux de la ville (plan de circulation, réamenagement des complexes sportifs...)
2/ de participer à la vie de la ville en remontant les problèmes : sécurité, dégradations, état des trottoirs...
3/ de vivre dans le quartier : être informés des activités, le repas de quartier par exemple(L'amicale du Potager a inviter l'ensemble du quartier le week-end dernier rue du potager pour un repas bonjour voisin voisine)
4/ de rencontrer des personnes du quartier, ce qui devient de plus en plus difficile...
Par contre c'est vrai que les jeunes manquent!!!
Rédigé par:Stéphanie | le 21/06/2006 à 16:50
Vous faites du bon boulot! Continuez comme ça les gars (et les filles). C'est ainsi que se construira une nouvelle jeunesse qui s'engage et s'intéresse à son environnement politique et sociétal. Encore bravo!
Si vous voulez discuter de politique et d'autres sujet avec des gens de gauche, je vous conseille le forum "le coeur à gauche" à l'adresse suivante:
http://coeur-a-gauche.forumactif.com/index.forum
Rédigé par:Greg | le 21/06/2006 à 18:40
Excellent article, je retrouve même ce que j'ai pu vivre à Lyon :)
Petite remarque concernant la Suisse, il ne s'agit pas d'une démocratie participative (en démocratie participative,la participation est consultation, le pouvoir reste dans les mains deélus) mais d'une démocratie directe (le vote est un acte politique, il n'y a pas d'élu qui doit l'entériné).
Plus d'infos: http://fr.wikipedia.org/wiki/Suisse#D.C3.A9mocratie_directe
Rédigé par:Philippe. | le 21/06/2006 à 21:04
la suisse n'est pas une démocratie au sans strice du terme puisqu'il existe un Parlement, les citoyens suisses élisent de toute façon des représentants c'est pourquoi l'on peut parler de démocratie participative pour cet Etat
Rédigé par:smith | le 21/06/2006 à 22:00
un blog qui changera votre vie?
http://oublierleracisme.skyblog.com
Rédigé par:what up | le 22/06/2006 à 03:55
Pour ceux qui veulent pousser plus loins la connaissance des expériences des conseils de quartier voici une référence (un mémoire de master que je n'ai pas lu mais dont j'ai entendu parlé) : "Pratiques ordinaires de démocratie délibérative. Les réunions des conseils et comités de quartier : Étude comparée de quatre expériences entre 1996 et 2005, à Villeurbanne et Rillieux-la-Pape" par Diane VAN PUYVELDE
http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Masters/Sociopo/vanpuyvelde_d/html/index.html
Rédigé par:Julien | le 22/06/2006 à 09:19
Pour attirer les jeunes, faut les intérresser.
Il leur faut du concrêt.
Les inclure dans le débat démocratique.
Et je pense que ça commence sur le terrain, aller les chercher pour discuter avec eux, prendre la température sur leurs idées, les faire parler et surtout les écouter.
Par contre, plus facile à dire qu'à faire...
Rédigé par:franck | le 22/06/2006 à 11:14
Ce que j'adorai aussi et surtout de l'article, c'était le grossisment ZOOM! Trop drole! vraiment j'ai bien aimé.
OMmmm
Rédigé par:om | le 22/06/2006 à 12:58
Je souhaite apporter ici un questionnement: ma municipalité a mise en place en effet des conseils de quartiers (démocratie participative), comme a priori cela ne suffisait pas d'autres rencontres Quartiers/ municipalité (avec des outils de comm' énormes) se sont par la suite greffés dessus.
Le résultat est hallucinant: on hésite entre:
1/ prise de température M-11 présidentielles puis 2008 législatives;
2/ séance de thérapie collective post Riots november 2005
3/ grand messe
4/ constat de l'augmentation du creuset français
la conclusion est amère: les habitants quant bien même ils portent les drapeaux de quartier populaire ils font remonter des problèmes importants ( discriminations ethniques, sociales géographiques, sur-chômage, absence de richesses culturelles et matérielles...)et les élus de proposer évidemment une réponse pour chacun de ses problèmes par des D.I.S.P.O.S.I.T.I.F.S.
Et le décalage est tel qu'on en ressort comme d'une machine à laver: groggy, lessivé et complètement borderline:
Evidemment les jeunes ne sont pas là où ils sont présents par le biais de Portes-paroles : conseil de la jeunesse (dorée du centre ville étudiants manifestants CPE) ou par des leaders des quartiers qui ont pour la plupart des revendications sportives -associatives, politiques MAIS ne sont pas dans ces instances municipales...
Alors, mesdames et messieurs les politiques; après les conseils des jeunes, des étrangers, des quartiers; si je suis femme issue de l'immigration habitant un quartier populaire et de surcroît à mobilité réduite; allez vous créer d'autres instances SPECIFIQUES ?????????????
Et le droit commun il est où ???
Rédigé par:Sista Fada | le 24/06/2006 à 21:53