« mai 2006 | Accueil | juillet 2006 »

S.O.S enseignant en détresse !

Le Bondy Blog a reçu sur l’adresse bondyblog@yahoo.fr ce mail d’une jeune enseignante qui nous dit son appréhension d’être affectée en ZEP à la rentrée prochaine. Nous avons choisi de le publier car il nous semble illustrer le sentiment de solitude et le manque de soutien des jeunes enseignants de province affectés dans notre département.

Bonjour !

Je suis jeune prof d'anglais et j'ai appris hier que j'étais mutée sur un
collège en Seine Saint Denis (93). Je pense que je ne suis pas prête pour ce qui
m'attend mais j'ai très envie de travailler dans ce cadre ZEP dont on nous
parle tellement et dont on dit du bien comme du mal. Bref, j'arrive de ma
petite Normandie et donc je me demandais si vous aviez des conseils
particuliers ou si vous aviez déjà fait un reportage ou un papier
là-dessus...
Merci.

C…

«Ni putes ni soumises» : Pour une mixité fondée sur le respect ?

 

Putes_1 «Ni Putes, Ni Soumises», est un mouvement mixte et populaire crée dans la continuité de la   "marche des femmes contre les ghettos et pour l'égalité" qui a eu lieu du 1er Février au 8 mars 2003 à travers la France. Elles sont parties symboliquement de Vitry Sur Seine où Sohanne, 19 ans, a été brûlée vive dans un local à poubelles de la cité Balzac. Par le biais de son association, Fadela Amara serait devenue selon la presse, la porte-drapeau des filles des banlieues. Sorte d'alter ego féminin de Malek Boutih, ancien président de SOS-Racisme.

Mais quel est l’avis des jeunes filles sur « Ni putes Ni soumises ». 

J’ai interrogé autour de moi quelques personnes de terminale, en particulier ceux de la section sciences-po du lycée Jean Renoir de Bondy pour savoir si elles se sentaient vraiment représentées par cette association

Caroline: Ah non pas du tout ! A l'origine « Ni putes Ni soumises » était un mouvement intéressant et décapant. Ce que c'est devenu ? Bref tout le monde le sait, un bras armé du PS si on peut dire. Ce qui m'interpelle le plus c'est de se faire passer pour une organisation de terrain alors que ce mouvement ne vit que grâce au soutien médiatique et revient en force pour préparer le terrain électoral. Elles se foutent un peu des préoccupations des filles de quartiers, elles pensent politique maintenant.

Sonia: Le mouvement « Ni Putes Ni Noumises » est une véritable mascarade à mon humble avis. A chaque fois, que l'une de ses portes paroles intervient dans les médias, et notamment Fadela Amara qui en est la présidente, je rougis à sa place tellement c’est grotesque.
J'aimerais tant leur dire qu'elles ne se battent pas pour leur "émancipation" ni pour celles des autres "beurettes" mais qu'elles sont tout simplement des pantins et qu'elles sont tout bonnement "soumises " à ce qu'on attend d'elles (notamment les politiques).
Après tout, peut-être que ce mouvement vient juste servir de tremplin à leurs carrières et qu'elles y trouvent leur compte...

Fatimata : Les filles de « Ni putes Ni soumises » ont été complètement instrumentalisées. Comme le fait toujours le pouvoir, il a pris des gens et les a utilisés contre leurs propres intérêts. Les filles de Ni putes ni soumises disent ce qu’on veut entendre d’elles, à savoir que la violence masculine s’exerce dans les ghettos maghrébins et noirs. Elles diabolisent les jeunes hommes qui y vivent. S’il est clair qu’en matière de sexisme et de machisme ils ne sont pas mieux que les autres, il est certain qu’ils ne sont pas pires que les autres.

Et les garçons, que pensent-ils d’un mouvement comme Ni putes ni soumises ?

Nicolas: Une Insulte pour la femme, Vraiment, vraiment … Faites quelque chose ! Ce nom : « Ni putes Ni soumises », c’est honteux ! Je trouve qu’elles entachent l’image de la femme. Le mot ‘pute’ dans un mouvement ou une association est vraiment humiliant. Elles font un excellent travail en prenant la parole pour les femmes qui subissent chaque jour dans notre société, mais par pitié arrêtez vous mêmes de vous insulter dans votre propre mouvement ! Se battre, c’est aller de l’avant et non traîner derrière soit les insultes subies.

Elles vont banaliser ce gros mot de « putes » dans la société, les jeunes filles de demain auront ce nom à la bouche comme on dit ‘fille’ et dès aujourd’hui, vous pouvez entendre des petits enfants revendiquer l’appartenance à cette association par ce gros mot « je suis pour les «Ni Putes Ni soumise !! » Excusez-moi mais c’est con et horrible à la fois. Elles pensent qu’il faut utiliser comme slogan les insultes soit disant proférées contre elles dans les banlieues pour être entendues ? Alors vraiment elles n’ont rien compris au respect.

Billal : « Ni putes ni soumise c'est de la m... ». Déjà parce que la plupart des meuf dites de "cites" même si je déteste ce genre d'expression, rejettent ce genre d'association qui ne les font passer pour des victimes terrorisées dans leurs quartiers. Pour moi une meuf du « gettho », ça représente une femme indépendante, courageuse, droite et plein d'autres choses encore.
Les meuf de "cités" (putain je hais cette expression) sont toujours représentées dans les médias comme des zoulettes ou des miséreuses qui se voilent pour échapper aux mecs. En fait ce qui m'énerve dans tout ça, c'est que, comme d'habitude, ce ne sont pas les intéressés eux mêmes à qui on laisse la parole....

Bien sûr, les avis recueillis ici ne sont peut être pas représentatifs de ce que pensent tous les jeunes de banlieue de cette association mais ce sont les premiers que j’ai recueillis dans mon lycée.

 Par Sada Fofana


La Bondy Rattitude

Attention : OHNI (Objet Hilarant Non Identifié). Le Bondy Blog a reçu cette contribution originale de sociologie contemporaine. L'auteur requiert l'anonymat. A vous de juger...Photo_rat

 S’adapter à la vie quotidienne dans notre charmante cité n’est pas chose aisée. Il faut assimiler nos coutumes si particulières, comprendre notre humour décalé et agir selon les enseignements de notre père fondateur Al Bundy. Certains bondynois ont du mal dans ce climat quelque peu fripon. Nous les avons donc classés en castes hiérarchisées selon leurs capacités de survie en milieu hostile et leur maîtrise de l’humour bondynois. Remplacer un ballon de foot par une boule de pétanque lors d’une partie de balle au prisonnier est un bon exemple d’extravagance que nous autres savons apprécier.

Petit hamster
D
ésigne tout habitant de notre ville qui n’y a pas sa place. Un statut synonyme d’humiliations. Il est fréquent de voir les autres Bondynois jeter des pierres aux petits hamsters.

Rat des champs
Mignon, gentil, souvent coincé, il ne fait rire que sa maman si cette dernière est polie. S’il mange un grec avec des Bondynois plus expérimentés, il n’en goûtera que la sauce.

Rat des villes
A déjà meilleure allure. Il entre dans la Ratrix, la mécanique complexe qui régit la vie à Bondy. L’humour bondynois cesse de lui être indifférent et ses repas sont de moins en moins taxés. L’apprentissage du padawan débute enfin.

Rat de la casse
Commence à être fréquentable. On donne ce grade aux nouveaux Bondynois qui présentent de réelles dispositions à la vie dans notre société. Il peut être drôle, il sent quand on essaye de la lui mettre à l’envers et mange ses premiers repas gratuits.

Rat d’égout
S
’accommode parfaitement à la vie dans la cité. Il rit de bon cœur quand un de ses amis tombe par terre comme une merde et sait transformer son porte-monnaie en un sanctuaire inviolable. Un rat d’égout peut très bien commencer une déclaration d’amour par cette phrase : « t’es moche, mais j’ai faim ».

Rat gitan
Malgré tous les préjugés sur les gens du voyage, la fratrie bondynoise admire l’instinct libertaire de nos derniers nomades. Le manouche n’hésite pas à donner pour ses enfants les prénoms qui lui plaisent, hérités d’un livre d’histoire ou d’un programme TV des années 1980 (JR, Trinita, Rambo, Karl Marx ou Napoléon). Tous ici gardent en mémoire les rentrées de classe éprouvantes pour les zygomatiques, conséquence directe de la patronymie tzigane. C’est en hommage à ces moments d’hilarité collective qu’une caste porte leur nom.

Rat –Zoir
C
omme son nom l’indique, ce rat n’a qu’un but dans la vie. Vous raser. C’est un puissant gillette mach 3 qui soumet votre épargne à la précision d’une lame affûtée. Un rat-zoir ne transige pas quand il s’agit d’un repas gratuit, de squatter une fête ou de s’incruster chez des gens. Pour lui, chez vous c’est chez lui.

Rat mort
Avec le rat mort on est en présence d’un spécimen rare qui a fait preuve de la meilleure adaptabilité à la vie bondynoise. Les rats morts marchent fièrement dans la ville car ils savent que tout leur est dû. Un seigneur de cette caste est capable de tout, du moment qu’il trouve ça drôle. Faire un croche patte à sa petite amie par exemple, faire un croc dans le rôti qui cuit, organiser son mariage chez un Grec avec une participation de 4 euros par invité. Tourner le dos à un rat mort si vous mangez peut être dangereux.

Rat Gondin
Fréquenter un rat Gondin si l’on n’a pas au moins le grade de rat d’égout est le plus sûr moyen de crever de faim. Tout ce dont il peut profiter est à lui, il n’a aucune gêne, aucune honte et peut renoncer à l’amour de sa vie ou à ses parents pour un ticket restaurant. Humiliations, vannes et coups tordus sont l’expression de la plus pure amitié chez un rat Gondin.

Rat pourri
Etre rat pourri, c’est entamer le processus qui vous conduira vers les cimes de la suprématie bondynoise. Un rat pourri a surpassé ses inférieurs dans tout les domaines de la vie bondynoise : squatt, pillage de vivres, escroqueries diverses ou relation sentimentale ambiguë. Le Haut Conseil Bondynois a posé une règle stricte pour valider l’accession à ce grade : pousser aux larmes deux de ses amis ou sa moitié et ce, sans violences physiques ni verbales. « Je t’ai payé des seins » est une invective que pourrait sortir un rat pourri à sa petite amie le jour de son anniversaire. Poitrail bien entendu financé par d’autres sources que ses poches. Rusé, malin, le rat pourri est impossible à tromper. Une bête de la nature bondynoise.

Rat du mordor
Cette caste est synonyme d’excellence, le sacrement de toute une vie de Bondynois. En cas de guerre, suivez de près un rat du mordor, soyez sûr qu’il en sortira vivant, mais peut être à vos dépends. Séduire une femme est facile pour lui et cela se résume à deux mots : « Viens là !» Cet être est incapable de respecter les moindres normes sociales. La compassion, le romantisme et le partage sont pour lui de la science-fiction.

Le détenteur de ce grade a un niveau de puissance inimaginable : tout buffet, fête ou festin dans un rayon de 20 km autour de notre cité doit craindre sa visite. Tout ce que peut attendre la compagne d’un rat du mordor, le soir de la Saint Valentin, c’est un dîner aux chandelles autour d’un vieux sandwich au fromage rongé. Quand une humiliation vous frappe, il est toujours là. A quelques pas, vous scrutant impitoyablement d’un œil plein de malice, le visage et la langue tirés dans un infâme rictus, expression partagée d’euphorie et de dédain, déformés par le vice. Il s’avance hilare et méprisant, pointant son index sur votre visage jusqu'à l’enfoncer dans votre joue roussie par la honte. En guise d’estocade, il achève son rire graveleux par un cri puissant : le fauve a trouvé une nouvelle proie et la foule de Bondy doit en être informée. Se joignant à lui dans une ronde autour de votre corps parcouru de spasmes, ses amis entament un véritable lynchage par le verbe. Votre humiliation devient un bien public. Au fil des ans l’histoire sera remaniée, remixée, épicée à la coriandre et au cumin, à chaque fois plus intense.

Fort heureusement, il n’y a qu’une place sur le trône de rat du mordor. Celui dont le séant y est posé, véritable réincarnation d’Al Bundy, représente l’évolution ultime du bondynois.

La merguez party des handballeurs

Qui a dit qu’à Bondy la vie est terne ? Il est un des clubs sportifs qui prouve le contraire, c’est l’A.S. Handball*. Dimanche dernier, ses membres, toutes catégories confondues, se sont réunis autour d’une merguez party au Palais des sports de Bondy Nord. Sans prétendre vanter leurs mérites, Sylvie Gabela, la directrice du club, s’est dite satisfaite de la saison qui s’achève : « cette année, les filles ont été classées deuxième en Excellence Ligue, la compétition régionale ». La nouvelle équipe masculine des seniors a remporté un franc succès en ne perdant qu’un match sur vingt. « C’est parce qu’on n’avait pas envie de le gagner ! », lance ironiquement Christophe, le gardien. Alors comment les merguez grillées ne seraient-elles pas de la partie ?

Même s’ils sont des mordus de handball, les joueurs (et joueuses) portent un regard averti sur la Coupe du monde de football. Esprit sportif oblige. Et pour peu qu’on leur en parle, voici qu’une Ola se déroule à la table des seniors.

Mais revenons aux merguez. Pendant que Sylvie Gabela fait brûler le charbon, attendant qu’il se transforme en braise pour disposer les merguez sur le grill du barbecue, les jeunes jettent un oeil enthousiaste vers la fumée. Et chacun à tour de rôle s’en va vérifier de plus près où en sont les grillades. En un quart d’heure, voilà que les premières saucisses sont prêtes à déguster. Dans la bonne humeur.

Au cours du repas, certains se remémorent les moments forts de l’année, d’autres se lancent des boutades. Dans le coin des parents, on discute de l’organisation du club, de l’école des enfants et des activités de chacun. Yvan Rougier, l’un des dirigeants, également maire adjoint à la Jeunesse, parle des actions humanitaires qu’il entreprend au Cameroun.

Cela dit, d’après eux, les jeunes ne sont pas assez encadrés pendant les tournois et les sorties, alors que les dirigeants prévoient d’ouvrir une école d’arbitrage à la rentrée. Pour la saison prochaine dont les entraînements débutent fin août, Yvan Rougier souhaiterait aussi voir plus de joueurs et joueuses Bondynois dans les équipes.

 Par Nadia Boudaoud

 * Les 10, 11 et 12 juillet, le club met en place un stage de découverte et d’initiation au hand, au Palais des Sports.

Référendum populaire à Bondy

Un_bondynois_un_vote En cette période pré-estivale où la coupe du Monde de Football paraît occuper tous les esprits, il se passe des choses qui peuvent avoir un intérêt certain pour la vie locale de Bondy, et peut-être au-delà.

Cela fait près de dix jours en effet que l’on voit de drôles de bureaux de vote œuvrer sous un soleil de plomb dans les lieux stratégiques de la rue bondynoise. En ce dimanche 18 juin, date de la clôture de l’opération, on était devant l’entrée d’un supermarché très connu, avec deux tables de vote et une bonne demi-douzaine de personnes qui faisaient l’article, militants venus d’horizons divers. Socialistes, écologistes, communistes, et même une membre du MDC, élue municipale, ils sont tous là, sur la même ligne. Ils militent pour la participation des étrangers aux élections locales. M. Jakubovitz, du PCF, souligne le scandale du refus de ce droit à des personnes qui participent à la vie associative locale parfois depuis des dizaines d’années, paient leurs impôts, sont souvent parents de jeunes Français, alors qu’il est accordé aux résidents d’origine communautaire sans conditions. Ils ne comprennent pas qu’en France on ne reconnaisse pas ce droit pourtant promis par François Mitterrand au sein de ses cent dix propositions pour l’élection présidentielle de 1981, selon eux voté par l’Assemblée nationale sous Jospin et bloqué au Sénat. Pour eux l’argument mitterrandien selon lequel l’opinion publique ne serait pas prête est fallacieux. Au contraire elle y serait majoritairement favorable. Ils citent un sondage récent qui ferait état d’un taux supérieur à 55 % d’opinions favorables. Ils appartiennent tous à la majorité municipale et tous se désolent de n’avoir pas été soutenus par le maire Gilbert Roger, au motif que l’organisation d’un référendum serait une opération trop lourde au niveau logistique, au demeurant condamnée d’avance au plan administratif parce qu’illégale. Argument avancé par l’UMP, remarque le socialiste Djamel Amouri, qui brandit un exemplaire du Parisien daté de la veille, où l’opération est par ailleurs qualifiée de « hochet électoral » par les mêmes. Patrick Sollier, adjoint au maire écologiste, souligne au contraire qu’avec l’appui municipal ce qui s’est fait avec les seules forces militantes aurait eu encore plus de poids, et donc d’impact sur l’opinion. Comme ça a été le cas récemment à Stains et à Saint-Denis. Mais il se réjouit du succès de l’opération, qui a au moins le mérite de roder la coopération militante entre les bases des différents partis de gauche, par delà les appareils, à la veille des échéances démocratiques les plus importantes de la vie politique française.

De fait, avec leur deux tables et leur nombre ils animent ce carrefour central de Bondy, ce qui donne aux lieux un côté festif, à la manière d’une petite kermesse, en face de l’église Saint Pierre. Les passants sont faciles à convaincre, à l’évidence. Les tableaux de signatures sont bien remplis, de même que les urnes. Maribé Durgeat, une des organisatrices écologiste, a fait le calcul : sur l’ensemble des 7 opérations de vote, cela ferait une centaine de votants par heure.

Plus tard dans l’après-midi, après le dépouillement qui a eu lieu dans les locaux de la mairie la victoire du oui est écrasante avec 1215 votants, 71 non et une abstention. Chiffres provisoires avant les recours…

Qui a dit qu’il ne se passait rien à Bondy en ce moment ?

Par Samy Khaldi

Chiens dangereux ou mal éduqués ?

Rottweiller2_1 Plusieurs personnes ont été attaquées par des chiens de différentes races ces dernières semaines, parfois mortellement. Le 31 mai, un garçon de huit ans est mort au Havre (Seine-Maritime) après avoir été mordu au cou par un mastiff. Le 3 juin au Bourget (Seine-Saint-Denis), un garçon de 8 ans a perdu un œil après avoir été mordu par un rottweiler. Le 9 juin à Sevran, toujours dans le 93, une fillette de dix-sept mois a été mortellement mordue au visage par un american staffordshire terrier. Le lendemain, une retraitée de 89 ans a été attaquée par un chien de cette même race et un pitbull alors qu'elle se promenait dans une rue de Saint-Vincent-de-Tyrosse (Landes).

Depuis 1999, le port de la muselière a été rendu obligatoire pour les chiens d’attaque et de garde. Mais parfois les maîtres oublient cette loi pensant pouvoir maîtriser leur chien. Les chiens d'attaque ont été un moment très à la mode dans les cités et on en voyait de plus en plus. Depuis le renforcement de la legislation, leur nombre a largement diminué.
J'ai interviewé Nicolas, un jeune Bondynois de 27 ans qui possède un rottweiler. Il nous raconte l'éducation qu’il donnée à son chien.

Pourquoi as-tu choisi de posséder un rottweiler ? C’est pour te défendre ?
C'est un ami qui me l'a donné, il n'en voulait plus alors je l'ai récupéré, c'est vrai que j'ai toujours voulu un gros chien, pour me protéger et en même temps c'était la mode. C'est une femelle.

Est-elle vaccinée ou stérilisée ?
Elle est vaccinée et déclarée, tout est en règle ; par contre elle n’est pas stérilisée car il y a différentes catégories de chien qui ne sont pas obligés d'être stérilisés et la mienne en fait partie.

Comment réagissent les gens par rapport à ton chien ?
Ça dépend, dans mon quartier, tout le monde connaît ma chienne, ils savent qu'elle est gentille et les enfants l'aiment bien mais quand c'est des personnes qui ne la connaissent pas parfois elles changent de trottoir.

As-tu déjà eu des accidents avec ton chien ?
Une fois, j'ai travaillé avec elle pendant un moment, j'étais agent de sécurité. Je travaillais la nuit, un soir alors je que je faisais ma ronde, j'avais vu des jeunes qui essayaient de pénétrer dans l'entrepôt et là j'ai lâché ma chienne, elle en a rattrapé un des cambrioleurs mais il n'était pas blesser. Dans les cas comme ça j'étais couvert par l'entreprise pour laquelle je travaillais.

Que penses-tu de la législation ?
Je ne suis pas du tout d'accord avec eux. Ma chienne, c'est moi qui l'ai éduquée. Elle peut être méchante si je lui demande. Mais elle est dressée dans tous les sens du terme.

On voit bien que les propriétaires pensent en général que leur chien ne peut être dangereux car il est bien éduqué. Le problème est que lorsqu’un rottweiler ou un pitbull échappe au contrôle de son maître, les conséquences peuvent être dramatiques comme on a pu le voir ces dernières semaines

 
Par Essy

« Y’a de la banlieue dans l’air », édition 2006

Festival Samedi 24 juin se tiendra à BONDY, la 18ème édition du festival Y’a d’la banlieue dans l’air. C’est un festival musical associatif, gratuit et qui a lieu chaque année en plein air.
Cette année sont à l’affiche Tarace Boulba (fanfare funk), Azucar Negra (salsa), Nessbeal (rap’n’soul), Omar Pene (mbalach), Ouled Jouini (musique tunisienne) et Fadela (raï). Ces cinq artistes vont se relayer de 15h30 à 21h30.
J’ai rencontré Abdislam qui est l’un des bénévoles de l’association et aussi membre fondateur afin de discuter de cet évènement.

Peux-tu me présenter l’association et son fonctionnement ?
C’est une association qui fonctionne à l’année, le festival n’est que la partie visible, la façade de notre association qui, toute l’année, propose des ateliers de chants et de danses dans la ville, deux tremplins musicaux etc. C’est aussi un lieu de rencontre avec les jeunes. Le festival est un travail avec des professionnels, pour mettre en avant des amateurs qui du fait de leur talent sont sur un même pied d’égalité que d’autres artistes. Ceci on ne peut le faire qu’avec une volonté de militants.

De combien de personnes se compose-t-elle ?
Il n’y a malheureusement qu’un seul permanent sur la structure, tous les autres ne sont que des bénévoles. A cause du budget et des subventions le seul poste stable est régulièrement menacé. D’ailleurs, je tiens à préciser que ce festival est né dans une autre association SOS ça bouge, assoc incontournable de la ville qui a, faute de moyens, mis la clef sous la porte en 2005. Elle était le père du festival, Y’a d’la banlieue dans l’air est le fils.
Elle faisait un travail de prévention dans les quartiers, les clubs ados, centres de loisirs. Des activités étaient mises en place pour capter les enfants dans un projet, les canaliser dans un cadre avec une équipe. Le gouvernement RAFFARIN II a décrété que ce type d’initiative n’était plus une priorité.
Certaines activités de l’ex association ont été selon notre volonté reprises par la municipalité.

Comment se fait le choix de la programmation et la sélection des artistes ?
La sélection se fait grâce au contact avec le public ; on ressent et recense leurs attentes et leurs goûts et notre volonté est de faire connaître de nouveaux talents, de faire se rencontrer des artistes moins connus et d’autres déjà confirmés.  Nous avons le mérite  d’avoir vu monter sur la scène au cours de toutes ses années,  Cheikha Rimitti, Zebda, NTM, Iam, Kerry James, Cheb Mami…
Le brassage de la population de la ville de BONDY, se retrouve dans l’association, elle aussi colorée et notre volonté est de répondre à cette diversité.

Quels rapports entretenez-vous d’ailleurs ?
Le festival a pour ambition de faire différemment mais nous ne sommes pas en concurrence, on parle plus de complémentarité culturelle.
La ville nous aide mais pas suffisamment apparemment pas comme elle me souhaiterait. On connaît les limites du système ! De toute manière c’est partout pareil, la culture c’est l’enfant pauvre du budget, ça n’est pas une priorité. Les actions associatives n’ont jamais trouvé meilleures échos que sous Jack LANG ; à l’époque à BONDY, c’était Mr FUZIER le maire, il s’inscrivait dans la mouvance mitterrandienne ; la culture était un moyen d’intégration et ils souhaitaient mettre en avant les cultures. Aujourd’hui les choses sont différentes : c’est l’heure de la répression. La trésorerie se fait à flux tendu, tu ne sais jamais si tu vas être financé ou pas. La culture n’intéresse plus beaucoup les pouvoirs en place.

Est-ce que vous chercher à vous démarquer comme initiative associative, n’avez-vous pas peur d’être confondu avec une manifestation municipale ?
Si tel est le cas c’est en quelque sorte un compliment pour nous, oui et non. On est flatté que cet évènement se soit inscrit dans le temps. Dans la tête des gens, la longévité c’est forcément le fait de la mairie alors que derrière il y a les bras des militants. On aime faire la fête avec les gens. Ça ne nous fait pas peur d’être confondus, on a une volonté naïve, il y a la fête de la musique, la fête de la ville et on s’inscrit dedans. On ne fait pas de politique.
Si la ville de Bondy en profite tant mieux, il faut que tout le monde y trouve son compte. Nous, ce qui nous importe, c’est que l’on travaille librement, que l’on fait notre programmation et nos choix.

Avez-vous conquit au fil des années une certaine notoriété ?
Oui ! On a une reconnaissance au niveau local et départemental, pour dire d’un point de vu sécurité on déclare l’évènement en préfecture. Ce concert rassemble plus de 5000 personnes. Il y a une volonté des organisateurs d’être relayés dans les médias pour acquérir une notoriété et attirer un plus large public.

Ne craignez-vous pas des débordements ?
La sécurité est aujourd’hui un élément important, il y a des exigences de sécurité. On travaille avec une boite qui elle aussi est originale puisqu’elle est née dans les quartiers (Respect  Sécurité à Bobigny). Le contact avec les spectateurs est simple et ils arrivent ainsi à maintenir les choses. Le service de sécu est en adéquation avec le public. On souhaite l’ordre et pas la répression.

Il y a un côté alternatif et de proximité de ce festival qui fait de ce concert un évènement incontournable de la ville. Le public se mêle, tous âges confondus, d’horizons culturels différents. Il paraît que la musique adoucit les mœurs.

Par Soraya Messaoudi

Les conseils de quartier…vous connaissez ?

Les diverses formes de démocratie imaginées par les philosophes et théoriciens du siècle des Lumières sont plus ou moins séductrices aux yeux de qui les étudie. Jean Jacques ROUSSEAU avait imaginé un système utopique qui n’a jamais vu le jour ni en France, ni ailleurs : la démocratie directe, découlant de la souveraineté populaire, où chaque citoyen possède un petit bout de souveraineté. Les Conseils de quartier ont pour finalité première de créer un lien entre les élus locaux et la population dans son ensemble. Ils se veulent des lieux d’écoute et d’échange offrant aux habitants de la commune la possibilité de s’exprimer sur des sujets les concernant directement : sécurité, circulation, urbanisme, hygiène, animation, projets municipaux, etc. Chacun d’eux (cinq conseils de quartier dans cinq coins de la ville) est présidé par un conseiller municipal de la ville et ils se réunissent en moyenne trois fois par an. Les Conseils de quartier sont-ils réellement parvenus à instaurer une véritable démocratie de proximité. Pour le savoir, nous avons rencontré l’un de ces conseillers municipaux qui préside le Conseil de quartier du Saule Blanc, Monsieur Gérard LAPRUN.

Qui sont les personnes qui participent aux conseils de quartier ? Existe-t-il un profil type ?

Plutôt des personnes dans la force de l’âge ou retraitées des zones pavillonnaires, mais pas seulement. Soit déjà impliquées dans la vie associative (parents d’élève par exemple) ou politique. Soit habitants proches du lieu de réunion et intéressés par la vie du quartier. Soyons crus, en général, il y a peu de personnes de couleur, peu de jeunes (mais il y a aussi un conseil consultatif de la jeunesse), pas de "jeunes des cités". La composition peu diversifiée des conseils fait partie des préoccupations des membres du conseil.

Selon vous, si les conseils de quartier attirent si peu de Bondynois, et en particulier si peu de jeunes, est-ce parce que vous  n’avez pas su vous y prendre ou bien cela traduit-il un réel manque d’intérêt de la part de la population à l’égard de la vie citoyenne ?

La jeunesse attend beaucoup de réactivité, elle est impatiente. Le côté convivial des conseils ne suffit pas aux jeunes, ils attendent autre chose, et vite. D’autre part, il me semble qu’à de rares exceptions, le souci de la chose publique n’est pas une priorité de la jeunesse : il faut d’abord se créer en tant que personne, puis rencontrer l’âme sœur et trouver du travail, un logement, etc. Les préoccupations vis-à-vis de la chose publique viennent peut-être plus tard.

La municipalité a-t-elle déjà pris des mesures découlant directement de revendications faites lors d’un conseil de quartier ? En d’autres termes, les conseils de quartiers ont-ils une incidence sur les délibérations du Conseil Municipal ?

La réfection de quelques trottoirs et rues, le projet de plan de circulation sur l’ensemble de la commune, des aménagements urbains et terrain de jeux dans une cité, la mise en débat progressive des choix municipaux en matière de budget…Influence encore trop modeste à mon goût.

Mais, dans les conseils de quartier, se retrouvent entre 200 ou 250 habitants au mieux sur l’ensemble de la ville (qui compte environ 50 000 habitants !) : pensez-vous qu’un demi % soit un levier formidable pour faire bouger les choses ?

Enfin, si vous deviez convaincre un jeune Bondynois de venir assister à un conseil de quartier, quel(s) argument(s) utiliseriez-vous ?

C’est un moyen facile et attrayant de passer de « l’individuel » vers le collectif.

Le début d’une intégration voulue, choisie, au monde des citoyens, au monde de ceux qui espèrent encore un peu  changer la vie, la ville, le monde.

L’ambiance peut y être vive, mais, en général, cela reste très convivial.

On a besoin de nos jeunes dans les Conseils. Quand on construit la Ville, autant la construire aussi avec nos forces d’avenir, notre jeunesse.

Enfin : « la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ! »

Finalement, la démocratie participative n’est pas vraiment parvenue à s’ancrer dans les mœurs. Elle a un succès dans d’autres pays, comme la Suisse, avec la pratique de l’initiative populaire au niveau cantonal, pratique ancienne puisque remontant à 1831. Chez nous, il faudra du temps pour voir la démocratie locale se faire une place et cela n’aboutira que par le biais d’un processus d’éducation entendu au sens large.

Par Hanane Kaddour

Un plaisir qui a fait perdre le sourire

Un_plaisir C’est lundi soir qu’est décédé Aboubakar, 15 ans, suite à un accident de moto.

C’était une journée ensoleillée et un groupe d’amis décident de prendre des motos cross pour aller s’évader loin de la cité. Un terrain sauvage quasi désert. Aboubakar passionné de moto n’a pu s’empêcher de monter sur cette moto trop grande et non conforme à son gabarit .Ce sera la dernière fois pour lui   (Dieu garde son âme). C’est en faisant une course hors du terrain, sur une route goudronnée avec son ami élancé à toute vitesse, que la moto s’est mise à guidonner et a fini par s’encastrer contre un grillage. Ses amis venus à son secours et se rendant compte de la gravité de l’accident malgré qu’il était équipé d’un casque ont fait appel aux secours qui se sont succédés durant deux heures pour tenter de sauver le petit Aboubakar, mais sans succès. Toujours dans le coma, un hélicoptère arrive sur les lieux et l’emmènera à l’Hospital de la salpêtrière où il décèdera .

Pour lui rendre hommage, ses amis ont organisé un grand rassemblement pour sensibiliser les jeunes et pour que ce type d’accident ne se reproduise plus. Dans le quartier des merisiers à Bondy (dit le quartier du radar) où Aboubakar a habité quelques années et qu’il a continué à fréquenter, une quête à été faite pour soutenir et aider la famille qui va rapatrier le corps vers la Tunisie, son pays d’origine.

Les amis d’Aboubakar ont pris en charge toute l’organisation de cette journée. Ils ont offert des boissons et des sandwiches à toutes les personnes présentes. Le boulanger du quartier leur a fourni gratuitement le pain et les condiments pour soutenir cette action.

Photo_groupe

En effet, cette action fut un succès, de nombreuses familles et de nombreux jeunes de tout Bondy étaient présents, ainsi que le Maire et quelques adjoints qui sont venus présenter leurs condoléances à la famille du jeune homme. On sentait le «ras le bol» et l’inquiétude des parents présents à l’égard de la prise de risque et de l’inconscience de leurs enfants.

Un discours sur la prévention a été fait par des membres d’associations qui se battent pour que tout le monde prenne conscience que la moto est un loisir épanouissant mais qui sans encadrement et sans mesure de sécurité peut s’avérer très dangereux. A Bondy, la moto devient un loisir qui prend de l’ampleur et malheureusement, les accidents tragiques ne font prendre conscience du danger qu’à une minorité de jeunes et c’est là que l’on s’aperçoit du besoin de prévention et d’encadrement.

Par Hakim Azzoug

La coupe du monde… des p’tits !

Coupe_du_monde_1

A Bondy, comme partout ailleurs, en France, lorsque la sonnerie de quatre heure et demi retentit : « l’école est finie ! ». C’est alors l’heure du goûter, mais surtout l’heure… de faire ses devoirs! Pour cela les enfants peuvent soit se faire aider à la maison par un parent ou un grand frère, soit rester à l’étude. Mais malheureusement, le prix de l’étude n’est pas toujours abordable pour tous et si en plus personne ne maîtrise le Français correctement à la maison, un enfant peut avoir d’énormes difficultés à réciter ses leçons. Ce cas n’étant pas rare à Bondy. Bon nombre d’enfants peuvent se rendrent après l’école dans les différentes Maisons de Quartiers qui les accueillent et leur propose l’AEPS : Animation Educative Péri Scolaire. A la Maison de Quartier Georges Brassens où je participe à l’aide au devoir, c’est tous les soirs une cinquantaine d’enfants qui viennent travailler, mais qui peuvent également faire d’autres activités. Un temps est aussi destiné à se détendre après les devoirs. Jeux de société, coloriage, informatique. Après les cours, les enfants se relâchent, s’amusent et parlent de tous types de sujets.

Ces derniers temps, même les plus petits n’échappent pas à la règle : Ils parlent de la coupe du monde de football …

Quelques morceaux choisis.

Zhora, 6ans : « Je vais regarder tous les matchs, je suis avec les bleus, ils vont gagner la coupe ! »

Lilia, 9 ans : « J’aime pas le foot, mais j’aime bien y jouer »

Donna, 8 ans : « La coupe du monde, c’est bien, il y aura le sourire en Cote d’Ivoire, et la Cote d’Ivoire va gagner la coupe du monde ».

Marwan, 8 ans : "La France va gagner ! Dommage que le Maroc n’est pas qualifié ».

Joanna, 8ans : « Je m’en fiche de la coupe du monde, ce n’est pas intéressant ».

Salimata, 11 ans : « Il y a des bons joueurs et ils sont mignons ».

Malik, 10 ans : « C’est bien car il y a tous les pays qui se rencontre, les bons joueurs vont se rencontrer et ils vont pouvoir apprendre des nouvelles techniques ».

Yanis, 6 ans : « Je fais du foot, mais j’aime pas le foot, je ne regarderai pas à la télé ».

Radia, 10 ans : « j’encourage le Brésil et la France mais Raymond Domenech il est moche ».

Par Chou Sin.

Ma Photo

Notre parrain

  • Hebdo