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Réalité amère

  • Combien de personnes dans la rue, combien en as-tu vues, aperçues ?

On en parle peu et pourtant on passe tous devant eux, près d'eux.

Les jambes croisées, la tête baissée, recroquevillé, il attend sur la chaussée. Et quand, le froid lui glace les os, il se réfugie dans une bouche de métro. Le visage fatigué, les mains usées, abîmées par des conditions de vie difficile à supporter. A proximité, un écriteau sur lequel est marqué "1pièce s'il vous plaît". Un appel à la générosité des passants qui passent, l'ignorant comme s'il était transparent.

Sa vie a basculé lorsque son employeur l'a licencié. Son entreprise fermait prétextant une insuffisance de rentabilité, délocalisée pour des raisons de compétitivité. Petit ouvrier peu rémunéré, il travaille dur mais que les lendemains ne sont pas sûrs… Toutefois, il ne se décourage pas, il cherche mais ne trouve pas. Une opportunité s'est présentée mais trop âgé par rapport aux autres candidats qui attendaient. Pas de chance face à la concurrence. Au même moment, les épreuves commencent d'abord le loyer, difficile de payer ensuite, les difficultés pour s'alimenter. Le soir, seul, il a peur et se dit "qui m'enterrera si je meurs". Il n'a ni femme, ni quelqu'un à qui parler. Il n’a pas d'ami qu'il peut aimer. Trop timide pour aborder, il n'a jamais osé.

L'hiver vient de s'achever, il doit rendre les clefs ; début du printemps, il est temps pour lui de quitter l'appartement. Il n'a ni économie ni argent de côté, peu rétribué, il n'a jamais pu épargner. Ses parents décédés, il n'a ni frère ni sœur qu'il peut appeler, pour l'aider, l'héberger ne serait-ce qu'une soirée. Il ne sait où aller. Partir au loin et marcher ou rester dans un parc tout près. Etendu, il ferme les yeux pensant qu'à son réveil tout ira mieux. Cependant, il est conscient que rien ne sera plus comme avant. Quand il y arrive, il dort mais le plus souvent il pense à son triste sort.

Les mois sont passés, les saisons se sont succédées, près d'une année s'est écoulée. Sa situation n'a guère changé, pas du tout évolué. Comment être embauché, comment se présenter lorsque l'on est sale et mal habillé. Il le sait. Pour oublier, il erre sans arrêt. Son dos le fait souffrir et son état physique empire. Il avance difficilement, se déplace péniblement, conséquences d'un travail déshumanisant.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes tant qu'il y a des gens pour qui l'on compte. Mais voilà, tous indifférents, personne ne lui adresse la parole alors il se console avec ses dernières gouttes d'alcool. Ce soir, il fait très froid et il marche dans une rue qu'il ne connaît pas. Il regarde autour de lui et cherche un abri. Il est épuisé, cela fait plusieurs jours qu'il n'a pas mangé. Il ne peut plus avancer et décide de s'asseoir pour récupérer. Il se met à trembler, il est littéralement congelé mais il ne peut plus bouger. Il sent la mort alors il tente un dernier effort.

1 heure, la rue est déserte. Seule une personne inerte, la bouche ouverte. Allongé, il ne bouge pas. les yeux fermés, il ne dors pas. Il gît là... à quelques pas de chez toi.

Ce texte est pour ceux qui sont animés par la générosité, qui agissent avec bonté et/ou donnent par esprit de solidarité.

Par Rachid Boumriche

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Voici les sites qui parlent de Réalité amère:

Commentaires

voila le triste bilan d'une sociéte qui s'est abandonnée ,qui ne sait plus créer des richesses pour ses enfants,qui laisse son épargne filer pour s'investir à l'étranger,qui ferme ses usines et les transporte ailleurs .Cette réalité est mal connue.au dehors. D'autres pauvres arrivent pour partager ce qui nous reste..La faute à des gouvernements aveugles et sourds,à des financiers apatrides et calculateurs..

franchement cette situation me touche beaucoup plus que vos histoires de racismes,esclavagisme,colonialisme dont vs vs repaissaient à longueur d'articles.

voila, la misere augmente

C'est la qu'on voit l'inhumanité du pays

Que faire?

J'ai imaginé un jour qu'un gouvernement responsable créait le ministère de l'exclusion.
Il s'agit de prendre enfin en charge ceux qui sont tombés du train et leur permettre d'avoir une seconde chance dans la vie.
Ce ne serait surtout pas de la charité, ni de l'assitanat.
Mais un vrai contrat entre celui qui veut s'en sortir et l'état.
Une sorte de donnant donnant qui rendra aux SDF dignité et volonté de s'en sortir.

Malheureusement, un tel ministère n'est pas près d'exister.
Car quelque soit leur tendance politique, ni la droite, ni encore moins la gauche n'a jugé bon de s'occuper des SDF.

Et pourtant, personne n'est à l'abri d'une violente chute sociale.

Jospin l'avait proposé aux dernieres elections presidentielles...

S'agit-il d'une fiction ou d'une interview anonyme? L'un comme l'autre peuvent avoir leur intérêt, mais il est important de marquer la différence.

marchenoir
à part la construction de l'article (si c'etait une interview on sentirait un dialogue) pas de reaction sur les SDF ?
c'est mieux aux USA et en GB ,pour rester dans ta rethorique habituelle?

maxx,
où y-a-t-il plus de SDF ?

à Paris ou à Londres ?

je ne suis pas un gd voyageur

Superbe texte, Rachid!

A nouveau, je vous salue, Rachid, et que l'équipe du BONDY BLOG soit avec vous ! C'est pour ce que vous écrivez sur l'amère réalité que nos amis les journalistes suisses sont venus nous prêter main forte jusqu'en ce petit coin de la banlieue. Et que le Saint Esprit de Lausanne continue à vous protéger! Ainsi soit-il.

Un écrivain d'il y a une vingtaine de siècles rapportaient cette interrogation : "Avez-vous donc l'esprit bouché, des yeux pour ne point voir et des oreilles pour n'entendre point"? (Marc VIII.17-18). Pour ce qui concerne BONDY BLOG et son équipe, il doit être rassuré. Grâces vous en soitent rendues.

Maxx, je suis flatté que vous me considériez comme une référence, au point de me reprocher de ne pas exprimer mon point de vue sur les SDF.

(Désolé, je ne tutoie que mes proches, mes amis et les enfants. Comme je ne suis pas sûr, au vu de votre commentaire, que vous souhaitiez faire partie de la deuxième catégorie, et que je suppose que vous n'appartenez pas à la troisième , je m'en tiendrai au vouvoiement, si vous le permettez.)

Je ne saurai vous reprocher d'ignorer l'intégralité de ma "réthorique habituelle", comme vous dites, qui s'exprime sur de nombreux blogs en dehors de celui-ci.

Je me suis en effet prononcé à de nombreuses reprises sur le thème des SDF, peut-être même sur le Bondy Blog.

Au bout d'un certain temps, on se fatigue de répéter les mêmes choses, mais puisque vous insistez, voici ce que j'ai déjà eu l'occasion d'écrire:

1) La situation des SDF en France est un scandale.

2) Ce scandale est largement de la responsabilité de la mentalité d'assistanat et de dolorisme entretenue par la gauche, qui préfère maintenir les SDF dans la rue pour perpétuer leur statut de victime exemplaire du capitalisme, et les subventions des associations qui s'en occupent.

3) L'Angleterre a réussi à faire baisser le nombre de SDF en... je vous le donne en mille... construisant des logements qui leur sont réservés.

4) De grandes villes américaines se sont attelées au problème en lançant des plans volontaristes d'éradication du phénomène, avec des objectifs chiffrés sur 5 ou 10 ans.

5) Quand j'ai demandé à Bertrand Delanoë s'il avait un plan similaire pour Paris, il m'a répondu en résumé que non, et que c'était la faute du gouvernement.

6) En France, la gauche-au-coeur-sur-la-main rejoint la droite pour décréter l' "urgence absolue" depuis 1954, pour pleurer des larmes socialistes avec l'abbé Pierre, pour apporter des cafés et des tentes aux SDF... et pour les éjecter le matin des rares refuges existants.

7) Une proportion importante des SDF, de l'avis de nombreux professionnels, souffre de problèmes psychiatriques graves. J'attends toujours le mea culpa de la gauche sur son idéologie anti-psychiatrique des années 70, qui a conduit à la réduction massive des lits disponibles dans les structures spécialisées, et qui a mis les malades dans les rues.

marchenoir
t'excuse pas c pas grave
je supporterai ton voussoiment

surtout que la plupart des langues n'ont pas ce type de hierarchie dans les rapports verbaux

au lieu d'accuser la droite ou bien la gauche essayons de se responsabiliser face gens de la rue. Nous sommes tous responsables nous pouvons aider.
d'autres répondrons ce n'est pas notre rôle c'est le rôle de qui alors???? Vas-t'on toujours donner la faute au gouvernement bien contents de se débarasser du bébé et de l'eau du bain??? Nous pouvons agir tous ensembles.
C'est trop facile de dire c'est la faute du gouvernement sommes nous devenues tous des montons?

je ne sais pas si c'est le lieu mais pour tous ceux qui lieront ce comentaire qui n'a rien à voir avec les reste je souhaite bonne chance à tous nos lycéens de banlieue qui passent leur bac cette année
tout particulièrement à ma fille stephanie
à ali un ami de coeur de stephanie
et bien sur à nabil mon fils adoptif c'est ce qu'il dit pour rire
ps: rua c'est moi
bon courage au lycée jean-moulin du blanc-mesnil
bon courage à federic bon courage à mickael les 2 bon courage à toute la classe de dernière année comptabilité

oui mais faire quoi?
tu vas pas heberger et nourrir un sdf?
moi non plus
donc il faut une action collective ; les associations ont leurs limites et c'est tjrs les memes qui s'y collent;

nous ne sommes pas des moutons .Nous sommes desemparés ,genés,culpabilisés et impuissants.

Waou...le texte est tres beau.....

La vraie misere dans la vie, c'est de ne pas avoir d'amour autour de soi..

Robert Marchenoir,

Je vous remercie beaucoup d'avoir rappelé dans votre point 7 une des raisons essentielles de l'augmentation du nombre de SDF dans les rues depuis 30 ans : la fermeture des structures psychiatriques pour malades chroniques "légers", c’est-à-dire ne demandant pas des soins lourds, mais une prise en charge complète, étant incapable de s'occuper d'eux pour le minimum vital, et encore moins de faire les démarches requises pour être aidés par les services sociaux.

C'est un scandale français de plus, et une raison trop méconnue de la présence de SDF dans les rues, humains qui se dégradent physiquement et psychiquement sous nos yeux sans que personne ne s'en émeuve, sauf pendant les jours de gel en hiver.

Une raison bien plus réelle que celle, bien rabâchée pourtant, de la mise à la rue des salariés victimes virés par les salauds de patrons prédateurs, qui délocalisent par vice pur, comme chacun le sait.

c'est simplifier le pb
que de croire qu'il est essentiellement du à la fermeture de services psychiatriques .

la plupart, nous sentons bien que sans un mininum de securite et de confort nous pourrions tres bien passer de l'autre cote.

une rupture ,une perte d'emploi peuvent tres facilement t'amener à la rue

quand je discute avec les sdf de mon quartier, tant qu'ils n'ont pas été trop abimé par leurs conditions de vie, ils sont comme nous;et meme certains croient à un retour de la chance.

il n'y aplus de solidarite dans les familles , les quartiers , les mairies et c à ce niveau qu'il faudrait agir

dans les villages on protegeait l'idiot du village

en france,la charité,grande affaire médiatique,est elle bien ordonnée ? un petit rappel de l'actualité brulante : une jeune guadeloupéenne déclare aupres de 17 caisses d'allocations la naissance de 5 enfants.Elle perçoit à ce titre 103 950 euros en quelques mois.Somme dont elle distraira 90 000 euros en faveur d'un marabout qui lui avait promis un retour d'affection,dira 't'elle..Dans le meme moment,la caisse de MArseille découvrait que depuis des années elle versait toutes les allocations permises à 400 algériens bien installés chez eux mais logés.. fictivement dans le quartier arabe de la ville,"porte de l'orient"/...Quand un inspecteur des impots fait une descente inopinée dans votre entreprise,il est autrement plus vigilant que ceux de la CAF..Il sait vous faire cracher un argent que vous croyez déjà à vous,le fruit de vos efforts et de vos risques commerciaux...Ainsi se dilapide NOS fonds sociaux,des fonds qui auraient pu soulager d'autant la misère de la rue.La réalité amère vue par RACHID mérite d'etre publiée dans tous les journaux africains,dans tous les consulats et ambassades. Que l'on sache partout en Afrique que nous avons déjà nos pauvres à secourir .Nous ne sommes pas un Eldorado..Et il y a de la prétention à vouloir sièger au "club des 8 " pays les plus riches du monde !!!!

Je pense que justement la charité ne suffit pas. Ce n'est plus assez de nos jours de donner, il faut aussi apprendre à aider les gens à s'aider eux-mêmes. Cela ne veut pas dire les laisser souffrir mais plutot faire en sorte qu'ils puissent avoir quelque chose. Notre monde que nous voulions l'admettre ou non est un monde dans lequel le materiel est la chose est la plus importante. On est ce qu'on a. Je pense que justement une des solutions est de faire en sorte que le plus de monde possible possède quelque chose.

on est ce qu'on a ??
Kiki, arretez la télé

(vous vous mettezà parler comme JR dans Dallas)

chaque homme est immensement plus!
;-)

surtout celui qui n'a rien

--kiki
pour " donner " kiki il faut d'abord " avoir " . et pour "avoir ",il faut s'ingénier,s'échigner,s'installer dans une profession. Le travail rémunérateur est de plus en plus rare.Tous au SMIG aujourdhui..Mao disait à ses chinois: "apprenez à pecher et vous mangerez chaque jour " .C'était une époque encore heureuse..Aujourdhui la mer est vide de poissons..des espèces disparaissent.....

Moi je "rends grâce" à Rachid, le seul sur ce blog qui fasse vraiment remuer mes tripes (sans être payé : deuxième appel au responsable) quel que soit le sujet qu'il aborde et en rimes qui plus est et toute la nuance est là.
Sûblime !!! Mais où trouve-t-on des personnes sachant si bien écrire ?
Bref, revenons à notre sujet : face à la détresse humaine, je donne, même si je dois me privver quelque peu, car comme je l'ai dit ailleurs, on respire tous le même air et avons tous les mêmes droits. Partant de là, je suis ulcérée que notre "démocréatie" ne connaisse pas encore l'égalité et la justice, mais que faire seule face aux gouvernants, sachant que nous sommes savamment tenus en laisse ?...
Kiki : contradiction dans votre discours : vous avez raison en disant qu'il faut "apprendre", mais pour ceux qui n'ont pas eu cette chance, vous faites quoi ? Quant à "la charité ne suffit plus", je ne suis pas d'accord. Je donne toujours avec l'espoir que mon semblable s'en sorte un jour, non pas en disant "je fais la charité", mais en pensant "et si c'était moi ???". Y avez-vous vous pensé ou vous êtes-vous contenté de faire votre BA (qui vous aide peut-être à dormir vos nuits ?) ?
A mon échelle, je ne peux pas vivre sachant que d'autres n'y arrivent pas.
Pour Mowqlii qui répond à "on est ce qu'on a" : nous ne sommes pas en Amérique et n'avons que faire d'une piètre référence à Dallas.
Si je n'ai pas (dans le cas qui nous occupe) de travail, de toit, et, plus important, d'âme qui nous secourre en toute chose, a fortiori dans notre détresse, notre désarroi, je ne suis rien (vive la vie sur une île déserte) ; si je suis née d'une famille aisée, noble (pourrie), théoriquement je ne connaîtrai jamais la misère, l'affront, la honte ? On est oui, comme vous le dites "immensément plus", mais dans la tête, pas dans le coeur. Pour ma part, je crois qu'il n'y a que le coeur, dans tous les sens du terme qui aide à vivre !!!

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