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Réalité amère

  • Combien de personnes dans la rue, combien en as-tu vues, aperçues ?

On en parle peu et pourtant on passe tous devant eux, près d'eux.

Les jambes croisées, la tête baissée, recroquevillé, il attend sur la chaussée. Et quand, le froid lui glace les os, il se réfugie dans une bouche de métro. Le visage fatigué, les mains usées, abîmées par des conditions de vie difficile à supporter. A proximité, un écriteau sur lequel est marqué "1pièce s'il vous plaît". Un appel à la générosité des passants qui passent, l'ignorant comme s'il était transparent.

Sa vie a basculé lorsque son employeur l'a licencié. Son entreprise fermait prétextant une insuffisance de rentabilité, délocalisée pour des raisons de compétitivité. Petit ouvrier peu rémunéré, il travaille dur mais que les lendemains ne sont pas sûrs… Toutefois, il ne se décourage pas, il cherche mais ne trouve pas. Une opportunité s'est présentée mais trop âgé par rapport aux autres candidats qui attendaient. Pas de chance face à la concurrence. Au même moment, les épreuves commencent d'abord le loyer, difficile de payer ensuite, les difficultés pour s'alimenter. Le soir, seul, il a peur et se dit "qui m'enterrera si je meurs". Il n'a ni femme, ni quelqu'un à qui parler. Il n’a pas d'ami qu'il peut aimer. Trop timide pour aborder, il n'a jamais osé.

L'hiver vient de s'achever, il doit rendre les clefs ; début du printemps, il est temps pour lui de quitter l'appartement. Il n'a ni économie ni argent de côté, peu rétribué, il n'a jamais pu épargner. Ses parents décédés, il n'a ni frère ni sœur qu'il peut appeler, pour l'aider, l'héberger ne serait-ce qu'une soirée. Il ne sait où aller. Partir au loin et marcher ou rester dans un parc tout près. Etendu, il ferme les yeux pensant qu'à son réveil tout ira mieux. Cependant, il est conscient que rien ne sera plus comme avant. Quand il y arrive, il dort mais le plus souvent il pense à son triste sort.

Les mois sont passés, les saisons se sont succédées, près d'une année s'est écoulée. Sa situation n'a guère changé, pas du tout évolué. Comment être embauché, comment se présenter lorsque l'on est sale et mal habillé. Il le sait. Pour oublier, il erre sans arrêt. Son dos le fait souffrir et son état physique empire. Il avance difficilement, se déplace péniblement, conséquences d'un travail déshumanisant.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes tant qu'il y a des gens pour qui l'on compte. Mais voilà, tous indifférents, personne ne lui adresse la parole alors il se console avec ses dernières gouttes d'alcool. Ce soir, il fait très froid et il marche dans une rue qu'il ne connaît pas. Il regarde autour de lui et cherche un abri. Il est épuisé, cela fait plusieurs jours qu'il n'a pas mangé. Il ne peut plus avancer et décide de s'asseoir pour récupérer. Il se met à trembler, il est littéralement congelé mais il ne peut plus bouger. Il sent la mort alors il tente un dernier effort.

1 heure, la rue est déserte. Seule une personne inerte, la bouche ouverte. Allongé, il ne bouge pas. les yeux fermés, il ne dors pas. Il gît là... à quelques pas de chez toi.

Ce texte est pour ceux qui sont animés par la générosité, qui agissent avec bonté et/ou donnent par esprit de solidarité.

Par Rachid Boumriche

L’école de la deuxième chance : un tremplin vers la réinsertion.

            

Regards001112005 C'est en avril 2001, suite à un licenciement surprenant, qu'Hakim Kadri d'abord animateur dans un centre de vacances de la ville, puis directeur de la  maison de quartier Blanqui de 1990 à 2001, quitte Bondy et l'animation pour se consacrer à la formation d'adultes.

La ville ne sachant pas reconnaître ses compétences locales, c'est à la Courneuve et à l'école de la deuxième chance qu'il trouve un projet innovant et intéressant.

Après avoir suivi  une formation d'éducateur spécialisé et repris des études à l’université, tout en dirigeant la maison de quartier Blanqui, Hakim s'inscrit au concours de professeur des écoles et souhaite enseigner en classes spécialisées.

C'est alors, en 2002, qu'il entend parler du projet de l'école de la deuxième chance, dirigée par Olivier JOSPIN (le frère de l’autre) et qui va ouvrir en Seine Saint Denis.

Il décide de postuler et est de suite recruté.

Cette école de la deuxième chance née à Marseille et qui a plusieurs sites en France s'adresse à de jeunes adultes qui ont raté l'école ou que l'école a ratée. La formation consiste en une remise à niveau dans le but de favoriser leur insertion sociale et professionnelle.

Elle s'adresse à des jeunes qui ont entre 18 et moins de 26 ans, qui habitent le département et qui sont déscolarisés depuis au moins deux ans.

Le principal critère de recrutement est la motivation personnelle et la volonté de s'en sortir.

Il faut savoir que selon des statistiques nationales, il y a environ 60000 jeunes qui sortent du système scolaire sans aucune formation.

L'enseignement est basé sur les éducations nouvelles. L'élève est d'abord soumis à un positionnement pour ensuite travailler en fonction de ses besoins. L'enseignement est individuel, chaque élève a son propre parcours de formation et les modules sont sélectionnés selon le niveau et le projet professionnel. L'élève se doit donc d'être autonome. Le principe est de chercher les compétences propres à chaque stagiaire, afin de favoriser un maximum sa réussite.

Six disciplines sont enseignées: le français, l'histoire-géographie, les mathématiques, l'informatique, la philosophie, un module de vie social et professionnel (prévention santé, mise en garde vie pratique: fonctionnement des crédits etc.). Des ateliers complémentaires comme le théâtre, le sports et des loisirs sont proposés tous les vendredis après-midi; de nombreuses sorties culturelles sont organisées.

Chaque jeune a un formateur référent avec lequel il fait le point chaque semaine. Un psychologue aussi fait un travail en groupe.

Le principe est d'alterner apprentissage théorique et pratique, il y a donc un stage en entreprise pour 50% du temps. L'école a des conventions avec des grandes entreprises, des associations, des artisans... Même si elle est non diplômante, cette école prépare à un métier et valide une expérience reconnue par le monde de l'entreprise.

La durée de formation est propre à chacun, selon son niveau et son projet professionnel. Le premier mois est une période d'essai et si elle s'avère concluante,  le temps de parcours est de dix mois maximum.

Pendant cette période, le stagiaire est rémunéré par l'état, l'allocation est mensuelle et s'élève environ à 400 euros sur une base de 35h hebdomadaire. Il faut néanmoins justifier de sa présence pour en bénéficier. A La Courneuve la majorité des stagiaires sont des filles, elles sont souvent assez tôt concernées par un projet de construction d'une vie sociale et professionnelle.

Le taux de reclassement est assez bon puisque 60% des stagiaires sortent avec un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation. Certains même par la suite préparent le brevet des collèges qui permet de valider un niveau et permet l'accès à plusieurs concours de la fonction publique.

Belle initiative qui favorise la réussite et donne de nouveaux espoirs aux jeunes sans diplômes.

Depuis quatre ans et demi qu'il y participe Hakim est pleinement satisfait de sa reconversion.

Par Soraya Messaoudi

La prière des musulmanes : prière de la respecter

De plus en plus de musulmans fréquentent les mosquées depuis ces dernières années, notamment en banlieue. Force est de constater que la prière, l’un des cinq piliers de l’Islam avec la Profession de foi, l’Aumône, le Jeûne et le Pèlerinage à la Mecque, est considérée avec attention.

Aïcha, 30 ans et Dalila, 25 ans sont de confession musulmane et pratiquent la prière. Elles sont respectivement secrétaire et assistante de direction. Aucune des deux ne fréquente la mosquée. De manière très occasionnelle, quand elle ne travaille pas, Aïcha va accomplir sa prière du vendredi de l’autre côté du périph, à la grande mosquée de Paris dans le 5ème. « Tout le monde se bouscule parce qu’il n’y a pas assez de place » dit-elle. Dalila, elle, « n’aime pas aller à la mosquée » et ajoute : « Il y a beaucoup de médisances et de disputes entre les femmes ».

Si Aïcha et Dalila prient, cela tient d’une « conviction strictement personnelle ». La prière constitue un rituel quotidien dans lequel à cinq moments de la journée (Fajr, Dhouhr, Âsr, Maghrib et Îcha), elles font leurs ablutions (l’Ôdo), enfilent un grand châle qui les couvre de la tête aux pieds, posent le tapis en direction de la Mecque et s’adonnent à « Allah Akbar » (Dieu tout puissant). « Ça prend 5 à 10 minutes. Quand je rentre du travail, je rattrape les prières de la journée », explique Dalila, qui prie depuis 3 ans. Elle raconte comment, de sa propre initiative, elle a demandé à sa mère de lui apprendre tous ses gestes, ainsi que les versets du Coran à réciter. Avec ses longs cheveux raides, ses yeux soigneusement soulignés de eyeliner et embellis de fard à paupières, et sa façon coquette de s’habiller, elle affirme : « à chacun de ces moments, la foi m’appelle ». L’élégante Aïcha a commencé son rituel dès l’adolescence. Depuis 4 ans, elle vit seule. Personne ne lui rappelle son devoir, hormis sa foi. Elle avoue une petite faiblesse : « Parfois, j’ai la flemme de me laver et prier ». Alors que celle-ci explique sa « flemme » par une fatigue physique, Dalila, elle, pense que c’est le Sheitan (diable) qui l’empêche de faire ses ablutions. Aïcha s’en défend en murmurant « In Al Sheitan ! » (A bas le diable !).

Les ongles de Dalila sont longs et bien taillées, alors que les règles liées à la prière précisent que la femme se doit de couper ses ongles à ras. « Pendant mes ablutions, je prends soin de bien les nettoyer », précise la jeune femme.

Comment cela se passe-il avec leurs petits copains ?

Aïcha : « je préfère garder des rapports plutôt platoniques. D’ailleurs, il l’accepte. Entre nous, tout se passe dans les sentiments. Je pense que je ne peux avoir de relations qu’avec des musulmans croyants et pratiquants parce qu’ils comprennent plus facilement. Aussi, je me vois très mal faisant ma prière dans le salon avec de l’alcool dans mon frigo ! ».

Dalila : « Avant de commencer à prier, j’embrassais mon ex-copain sur la bouche et lui faisais des gros câlins. A partir du moment où j’ai débuté la prière, nous avons cessé de nous toucher. Dans mon esprit, je n’avais plus cette envie. En tant que musulman pratiquant, il m’a respectée jusqu’au terme de notre relation, qui s’est finie pour des raisons qui ne concernent pas la prière. »

De par leur éducation, ces deux musulmanes connaissaient les grandes lignes de la vie du Prophète Mahomet. Les deux femmes ont fréquenté, en marge de l’école publique, l’école coranique durant leur enfance. « J’ai appris à lire et à écrire en arabe littéraire. J’ai appris aussi à réciter certains versets du Coran », explique Aïcha. D’autre part elles lisent régulièrement des ouvrages sur l’Islam, les versets du Coran ainsi qu’un recueil des paroles du Prophète (Mahomet), le Hadith. Comme il est dit dans le Coran : «A chacun sa religion».

Par Nadia Boudaoud

Un samedi après-midi de noces à Bondy

Photo_mariage_5 Avec l’arrivée du printemps, les unions maritales bourgeonnent au rythme des fleurs. Samedi 12 mai 2006, le beau temps est a priori au rendez-vous. Aux environs de 15 heures, sur l’esplanade de la mairie de Bondy, pas l’ombre d’un mariage en vue. Le prochain mariage de la journée est prévu pour 16 heures d’après la publication aux bans. En attendant, la météo se dégrade. Quelques gouttes de pluie plus tard, on perçoit enfin une atmosphère festive de par les klaxons qui retentissent au loin. Les futurs mariés, Ryad, d’origine tunisienne, et Christine, accompagnés de leurs familles et amis respectifs arrivent enfin. Tout le petit monde est sur son 31, les petits comme les grands. Tous se dirigent vers l’entrée de la mairie pour rejoindre la salle commune. Sur une note solennelle, l’adjoint au Maire, Monsieur Gérard LAPRUN, fait son entrée, demande à tout le monde de s’asseoir et débute la lecture des articles du Code civil relatifs au mariage. Puis arrive la fameuse question tant attendue : « Monsieur Bensaïd Ryad, consentez-vous à prendre pour légitime épouse mademoiselle  Rivero Christine ici présente ? ». Les consentements échangés, les applaudissements s’emparent de la salle. La mariée est visiblement très émue et l’on parvient à lire sur son visage que c’est le plus beau jour de sa vie. Lorsque la cérémonie arrive à son terme, d’appétissantes pâtisseries orientales sont proposées aux invités.

A l’extérieur, le couple du mariage suivant arrive déjà. Avant de les accueillir dans la salle commune de célébration, l’adjoint au Maire chargé ce samedi d’officialiser les unions nous confie avec un grand sourire satisfait que les célébrations sont toutes uniques : « ici à Bondy, on célèbre des mariages du monde entier.» On perçoit en même temps que l’adjoint au Maire a lui-même le trac avant l’arrivée des futurs époux  et de leurs familles. C’est désormais au tour de Yacine et Karima de passer devant Monsieur le Maire. Il y a plus de monde que pour le premier mariage. Tout semble enfin prêt lorsque l’on apprend que les témoins ne sont pas encore arrivés. Dans une ambiance bon enfant, l’adjoint au Maire en profite pour glisser une petite plaisanterie : « Les témoins auront du retard ? », puis s’adressant aux futurs mariés, « comme ça, vous aurez encore une minute de réflexion ! ». Les témoins arrivent enfin. Le silence se fait dans la salle et on commence l’exercice de lecture du code civil. Les youyous fusent à l’annonce de l’union officielle de Yacine et Karima, désormais mari et femme. Tout le monde embrasse les mariés en se dirigeant vers la sortie pour laisser la place aux suivants.

Finalement, il ressort de cette après-midi de noces  la chose suivante : même si toutes les cérémonies obéissent aux mêmes procédures, chaque mariage est unique en son genre. Souhaitons aux nouveaux mariés tous nos vœux de bonheur à Bondy ou ailleurs.

Par Hanane Kaddour

L'esclavagisme: notre histoire commune

« Là, il lui apparut, pour la première fois, l'esclavage. A cette vue, jaillirent, comme par explosion des plus intimes profondeurs de son être, toutes ses vertus naturelles, la haine de l'injustice, la passion pour la liberté, la sympathie pour tout ce qui souffre...Et quand il revint en France, il rapportait un trésor de charité. Sa vie avait un but, son âme un principe. Il était parti commis voyageur, il revint abolitionniste… »

Ernest Legouvé, à propos de Victor Schoelcher


10 mai : la mémoire de l’esclavage reconnue.

La commémoration nationale, le 10 mai, de l’abolition de l’esclavage, encore impensable il y a quelques années, symbolise à la fois la prise de conscience de la mémoire des traites négrières et la montée en puissance de la communauté noire dans le débat politique français. 

Christiane Taubira, députée de Guyane et auteur de la proposition de loi pour “la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité” adoptée le 10 mai 2001, se félicite de cette commémoration, remarquant qu’elle est directement “l’aboutissement” de l’article 4 de la loi qu’elle a portée.

“On n’est plus dans le conflit » dit-elle. « C’est enfin l’histoire de la France assumée par toute la communauté nationale ».

Le 10 mai sera en effet la première commémoration en métropole de l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage. Des commémorations, à des dates différentes, existaient déjà dans chacun des quatre départements d’outre-mer (Guyane, Guadeloupe, Martinique et Réunion) auxquelles le 10 mai ne se substitue d’ailleurs pas.

Pour l’ancienne candidate radicale à la présidentielle de 2002, “la mémoire de l’esclavage a provoqué une faille qu’il s’agit de combler”. « C’est un enjeu essentiel pour notre société », dit-elle. Le Président de la République française a instauré le 10 mai pour commémorer l’esclavage et la traite négrière. Que représente aujourd’hui cette date pour l’Homme (et la femme!) de la rue ? Micro-trottoir à Paris.

Micheline_calif_1 Micheline Calif, 57 ans, Attaché de direction.

C’est une date qui vient un peu tard

« Je suis tout à fait favorable à une telle commémoration qui me semblait indispensable depuis longtemps. C’est un pas, une reconnaissance. Elle aidera celui qui ne connaissait pas ce pan de l’Histoire, un peu passé aux oubliettes, à en savoir plus et à s’éclairer davantage sur l’esclavage. Et les historiens feront peut être un meilleur travail de vulgarisation de leur savoir. En ce sens, c’est très positif. Je participerai justement à cette commémoration qui sera inaugurée par le Président de la République au Jardin du Luxembourg, car j’ai une amie artiste, Léa de St Julien, qui y expose. Elle a fait une installation monumentale de photos dans l’allée St Michel. »

Nathalie_sebon_1 Nathalie Sebon, 38ans, Assistante de direction.

Il y aura une prise de conscience des français

« Une telle date arrive tard, et l’esclavage aurait dû être reconnu comme crime contre l’humanité bien avant. J’apprécie beaucoup l’œuvre de Christiane Taubira qui a réussi à mener à bien sa revendication et j’espère qu’on en parlera un peu plus dans les médias dorénavant. Avec la date du 10 mai, il y aura une prise de conscience des Français, même si cela risque d’être très long et très difficile. Et je pense que c’est la communauté africaine qui va convaincre le plus de Français que cette expérience de 400 ans a été un véritable crime contre l’humanité.

Anne_1 Anne Yoro, artiste peintre.

Il n’ y a pas assez de manifestations sérieuses pour marquer le coup « Instaurer une date pour commémorer l’esclavage est à mon avis une chose très positive. Malheureusement, je trouve qu’il n’ y a pas assez de manifestations sérieuses pour marquer le coup. Ce 10 Mai n’est pas bien organisé par la communauté. En ce qui me concerne, je vais aller faire une marche qui part de République vers 14h. Il faut que les gens se mobilisent ! ».

Thierry_ducteil_1 Thierry Ducteil, 34 ans, conseiller clientèle

Il faut cesser ce complexe des victimes perpétuelles dans nos actes et dans nos têtes

« 26 avril, 10 mai, 22 mai, 23 mai : beaucoup de dates, beaucoup de faits, il est bien difficile de savoir qui a commencé le combat et quand. Une chose est sûre, c’est qu’il n’est pas fini !!! Il faut cesser ce complexe des victimes perpétuelles dans nos actes et dans nos têtes. Il faut continuer le combat de Schoelcher, Toussaint Louverture... et de tous les anonymes qui ont donné leur vie pour sauver les nôtres. Et transmettre la flamme fragile de la connaissance au plus grand nombre pour que jamais elle ne s’éteigne.»

Par Sada Fofana

Addi Bâ soldat guinéen, juin 1940- 18 décembre 1943, l’honneur de la France.

Un petit texte en ces temps troublés où, à la fois, nous fêtons la victoire du 8 mai 1945 sur la barbarie nazie et que nous honorons les victimes de l’esclavage. Que les gardiens de la dignité et de l’âme de la France soient, pour certains, originaires d’Afrique doit nous rendre vigilants à l’égard de tous les discours actuels sur l’immigration : heureusement qu’il y a eu des africains pour venir nous rappeler ce qu’être français voulait dire !

Il y a au programme d’histoire des classes de terminale une notion intitulée « les mémoires de la Seconde Guerre mondiale » et qui résonne singulièrement en ce 8 mai 2006 lorsque je pense à Addi Bâ, ce soldat guinéen, membre du corps des tirailleurs sénégalais, qui est venu en 1940 défendre la patrie des droits de l’homme et une certaine idée de la France, là-haut sur les frontières de l’Est. Loin de sa terre africaine…

Addi Bâ, ce nom venu d’ailleurs, nous donne l’occasion de renouer avec certains fils de la mémoire qui, oubliés ou refoulés, font le manque et le défaut de la trame de nos discours et débats bien actuels sur « l’identité de la France ». Aussi en ce jour où nous fêtons la victoire sur la barbarie nazie, il serait bon de se souvenir que nous devons aussi à des étrangers, et singulièrement à des hommes du continent africain, qui croyaient pour beaucoup à nos valeurs républicaines, la possibilité d’être français. Car Addi Bâ n’a pas seulement combattu vaillamment jusqu’à la débâcle de juin 1940, il a été aussi un des premiers résistants engagés dans le maquis des Vosges et il est mort fusillé par les nazis le 18 décembre 1943. Certains, là-haut dans l’est, terre où l’extrême droite frôle parfois les 30%, se souviennent peut-être qu’ils doivent leur liberté, aussi, à cet homme-là…

Et aujourd’hui où en France on discute des critères de la nationalité française et où certains se croient dignes de la réclamer comme un dû sous prétexte qu’ils se nomment « Durand-Dupond », ou bien qu’ils croient être plus que d’autres du « terroir », et qui voient dans l’autre, dans l’étranger, surtout celui venu d’Afrique, une menace pour l’identité française , il est salutaire de leur rappeler que cette identité repose aussi sur l’engagement de ces hommes qui, africains, ont sacrifié leur vie au nom de l’idée qu’être français est une question de valeurs partagées et certainement pas de couleurs de peau !

Se souvenir de cela, c’est reconnaître de façon humble que nous devons notre honneur et notre dignité à des homme d’une autre culture qui ont cru, plus que certains d’entre nous, au discours que la France se tient à elle-même : être français repose sur des valeurs qui transcendent de loin l’origine de ceux qui ont fait la France. Au point qu’on peut choisir de mourir pour elle même si on est né guinéen…

Que ces hommes aient ainsi porté haut nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, afin de les préserver de la barbarie nazie et nous permettre de renaître à notre fierté nationale en 1945 devrait nous rendre bienveillants à l’égard de ceux qui, aujourd’hui, viennent partager notre devenir.

Il convient de mesurer avec gratitude ce que nous devons à ces hommes venus d’ailleurs en ces jours sombres de 2006 où le dehors, l’étranger, l’autre, sont dorénavant perçus comme une puissance de délitement de notre identité, une cause de corruption de « ce qui fait la France ». Alors que nous devons à des Addi Bâ rien moins que la préservation de notre être et de notre âme !

Avoir la mémoire de toute notre histoire, en ses composantes les plus singulières, c’est reconnaître que c’est du dehors que nous a été redonnée et confiée à nouveau, comme ressourcée et purifiée de nos errances et de nos trahisons, notre dignité de Français. Là est un devoir de mémoire absolu qui devrait nous conduire à interpréter de façon bien plus accueillante et respectueuse ce que « l’étranger » d’aujourd’hui peut apporter à notre « précieuse » mais si fragile identité. Une fragilité qui a été sauvée du naufrage en 1943 par le sacrifice d’un Guinéen !

Je songe alors à Addi Bâ avec des larmes de reconnaissance, mais aussi au premier char de la 2ème DB du général Leclerc qui est entré par la porte d’Italie pour libérer Paris : il était conduit par des réfugiés républicains espagnols…C’est aussi à ceux qui venaient de l’autre côté des Pyrénées que nous devons notre liberté et notre honneur tout comme aux deux tiers de l’armée de Leclerc que était composée…d’Africains. Et je me demande, un rien rêveur, qui devrait quitter la France pour avoir oublié, à ce point, ce que l’aimer veut vraiment dire !

Par Alain Bénel

Minijupes.

Peju Avec le retour du soleil, on voit ressortir les jupes. Il y a quelques années de cela, on ne voyait pas autant de jeunes filles en mini jupes surtout dans les quartiers.

On dit que les habits reflètent notre personnalité, alors on classe vite les gens en fonction de leurs tenues.

Des jeunes filles qui s'habillent en mini-jupes courtes ou simplement sexy sont vites cataloguées comme des filles faciles. Les mauvais regards, les mauvaises langues, tout est au programme.

Parfois c'est plus la famille qui est contre, à cause de la tradition, de la religion. Parfois, c’est le regard de certains garçons qui réagissent mal.

Alors, pourquoi aujourd'hui une bonne partie des jeunes filles se laissent aller et se moquent de ce que peuvent penser les gens ? Est ce à cause de la mode ?  Est-ce un progrès des mentalités ?

J'ai rencontré une jeune bondynoise de 17 ans, Lyna, qui  m’a donné son avis sur la manière de s’habiller des jeunes filles dans les quartiers.

Quel est ton style de tenue vestimentaire ?

Je suis souvent en pantalon, en jean's mais parfois je m'habille en mini-jupe (en jean's). J'adore ! C'est la mode. Mes  copines et moi, on se donne un jour dans la semaine pour s'habiller pareil. Mini jupe en jean's avec de bottes. Je ne sors pas de chez moi habillé comme ça, mes parents me tueraient. Chez nous c'est pas normal.

Tu dis que chez vous ce n'est pas normal mais alors pourquoi t'habilles-tu comme ça ?

C'est la mode, tout le monde s'habille comme ça et je trouve que c'est joli une mini jupe en jean's avec des bottes que ce soit en moumoute ou soit des bottes hautes, je ne m'habille pas comme ça tout le temps non plus.

Tu n'es pas de leur avis apparemment alors ?

Parfois mais ce n'est pas évident de toujours se cacher pour se maquiller ou tout simplement s'habiller un peu sexy.

Un jour il y a un ami à mon frère qui lui a dit qu'il m'avait vu habillée en jupette ultra courte.

Mon frère est venu me voir en me hurlant dessus sans me demander si c'était vrai ou non. De toute manière j'ai tout nié.

Et la mode, ça ne te coûte pas trop cher ? Comment t’achètes-tu ces vêtements ?

J'en achète peu, c'est des jupes de mes copines, je me change chez elles parfois, le matin avant d'aller en cours.

Qui sont tes modèles dans ta manière de t’habiller ?

J'aime bien Amel BENT, Jenifer, Leslie etc.

Et chez toi, comment t’habilles-tu ?

Normal, quand je suis à la maison, je me mets en pantalon ou en jupe très longue.

On voit bien que ces jeunes filles sont partagées entre suivre le diktat de leur famille ou celui de la mode. Pour le moment, elles contournent le problème en s’habillant différemment chez elles et à l’extérieur. L’évolution des mentalités se fera petit à petit alors pour le moment, il faut faire avec.

Par Essy

« Quand les banlieues brûlent »… ou briser le déni

Livre_banlieues_1 Six mois après les émeutes de novembre 2005, alors que les familles des trois jeunes électrocutés à Clichy-sous-Bois, le 27 octobre, veulent que l'Etat reconnaisse sa faute (AFP - 27 avril), un livre, « Quand les banlieues brûlent », vient de paraître dans lequel une équipe de sociologues, dirigée par Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou, revient sur les circonstances de la mort de Zyed et Bouna et sur l’enquête judiciaire en cours. A travers des entretiens sur le terrain et des références à l’histoire de la France républicaine, les chercheurs tentent également d’expliquer les origines de ce soulèvement dans les banlieues. Particularité : l’équipe est en grande partie composée de sociologues eux-mêmes issus des quartiers dont ils parlent.

Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou ont bien voulu nous accorder une interview.

Comment pallier au sentiment d’humiliation éprouvé par les banlieusards ?

D’abord et avant tout en reconnaissant que les habitants des quartiers populaires éprouvent des humiliations. Concernant les jeunes, il s’agit même d’une quadruple humiliation : à l’égard de l’école, dans les relations conflictuelles avec la police, dans les difficultés d’accès à l’emploi et dans leur exclusion aussi bien politique que symbolique. Soit on ne veut pas soit  on ne peut pas les entendre et les voir. Tant que les réalités concrètes de vie des habitants de ces quartiers seront niées, rien de sérieux et de probant ne pourra être envisagé.

Selon vous, la culture policière de la France est répressive et inadaptée pour les banlieues. La police de proximité n’a pas été un succès. Quel modèle policier peut-on envisager concrètement ?

On peut envisager ce qui existe dans la plupart des autres pays européens, hormis la France, à savoir une « police de communauté » c’est-à-dire une police insérée dans une communauté de vie (un village, une cité, un quartier, etc.). Son rôle serait de garantir la tranquillité ordinaire des habitants, par des moyens de prévention, de dissuasion et de répression si nécessaire. Aujourd’hui, force est de reconnaître que la police est davantage devenue un problème qu’une solution, dans les quartiers, à cause de ses modes d’intervention comme de sa culture professionnelle.

Vous remarquez que les mères et les grands frères des jeunes de banlieues s’expriment et sont présents davantage que les pères. Comment expliquer ce retrait du père ?   

Les « pères immigrés » sont en effet très silencieux. Dans les quartiers ce sont ceux qu’on voit le moins, comme s’ils se tenaient à l’écart, un peu honteux. Ce mutisme et cette amertume sont dus à leurs pénibles conditions d’arrivée en France, leur parcours professionnel au bas de l’échelle sociale, leurs échecs lorsque la crise et le chômage les ont frappés, leur tristesse face à l’avenir très incertain de leurs enfants, le mépris dans lequel ils ont été tenus, leurs déceptions face aux promesses non réalisées, dans un pays qu'ils ont choisi pour vivre.

En quoi les médiateurs de quartier et éducateurs participent-ils à l’action sociale ? Qu’en pensent les personnes que avez interrogées ?

Il y a un fort besoin de médiateurs, éducateurs, travailleurs sociaux et plus largement de partenaires qui travaillent dans les quartiers. Leur rôle est fondamental mais il n’est pas valorisé. D’autre part, ils se retrouvent trop souvent isolés et manquent de moyens. S’ils ne parviennent pas toujours à améliorer la situation, ils font au moins en sorte qu’elle ne se dégrade pas ou pas trop vite. Depuis ces dernières années, notre société et ses dirigeants n’ont pas fait le choix du travail éducatif et social. Ils ont plutôt opté pour des politiques de sécurité ou des actions de maintien de l’ordre public toujours plus dures.

D’après vous, de quelle manière les médias doivent-ils intervenir ?

Les médias doivent en principe relater les faits, les mettre en perspective et leur donner du sens. Mais, concernant les quartiers, la plupart font très mal leur travail. D’abord parce qu’ils méconnaissent grandement la situation, l’histoire, les faits. Ensuite parce que leur culture professionnelle les incite à ne travailler que sur l’extraordinaire et le spectaculaire ; d’où leur attirance pour les « faits violents ». Enfin parce qu’ils ont tendance à suivre les opinions dominantes. Jamais les médias n’ont été aussi nombreux mais jamais leurs discours et représentations n’ont été aussi semblables et consensuels.

Peut-on encore compter sur les dirigeants politiques pour faire changer la condition sociale des quartiers défavorisés ?

Il faut le croire. C’est bien sûr aux politiques d’agir pour qu’une partie de nos concitoyens ne soient pas marginalisés. Ce sont eux qui incarnent le collectif et sont le garant du « vivre ensemble ». Mais de quelle politique parle-t-on ? Aujourd’hui, au plan national, la politique menée en direction des « zones urbaines sensibles » est incapable d’enrayer la ghettoïsation, les discriminations et la stigmatisation. Elle est trop souvent dominée par l’objectif du maintien de l’ordre, même si cet ordre est inique et masque de profondes injustices. C’est d’une autre politique dont on manque : celle qui refuserait d’entériner cette ghettoïsation et ces discriminations et qui cesserait de croire que l’on répond à des problèmes sociaux par des moyens surtout policiers.

Propos recueillis par Nadia Boudaoud

*Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou, « Quand les banlieues brûlent », éditions de La Découverte, 2006.

La sectorisation universitaire : une discrimination en soi ?

Images_sectorisation_1 A l’heure ou les élèves de classes de terminales de la France entière commencent à bachoter, les universités de leur côté se préparent à faire leur publicité pour promouvoir leur image et accueillir leurs futurs étudiants pour la rentrée universitaire 2006/2007.

Il est cependant un problème pour nos futurs bacheliers qui rejoindront, pour la majorité, les bancs de l’université : la sectorisation.

Elle est d’autant plus un obstacle pour les jeunes de la banlieue et pour en avoir été moi-même « victime », je sais quels peuvent être ses effets pervers sur un parcours étudiant (l’un de ses effets particulièrement pervers est la perte d’une année scolaire après le bac).

La sectorisation est un système qui consiste à répartir les élèves dans les diverses universités selon leur lycée d’origine, sur un critère purement géographique donc.

Concrètement, un élève actuellement en classe de terminale à Bondy aura le choix entre les universités de Villetaneuse, Saint-Denis, Créteil, Marne-la-Vallée ou Bobigny à noter que cette dernière est centrée sur des matières exclusivement scientifiques, ce qui restreint encore plus le choix.

Les facultés parisiennes sont donc a priori inaccessibles pour les banlieusards. Ainsi, ceux et celles qui rêvent depuis toujours d’intégrer une faculté de prestige telle la Sorbonne ou Dauphine devront se résigner à rester cloîtrés en banlieue car c’est bien la conséquence directe .

Sur le terrain, la règle se confirme : l’exemple de l’université Paris I Panthéon - Sorbonne l’illustre bien : la majorité de ses étudiants sont parisiens et sortent généralement tout droit des lycées parisiens prestigieux tels Henri IV ou Montaigne. Les étudiants de province, qui plusieurs week-end par mois « descendent pour retrouver la famille et le pays » y ont aussi leur place. On y trouve également des étudiants étrangers (qui ont bénéficié du programme Erasmus) très ambitieux et brillants et de tous horizons : Canada, Allemagne, en passant même par le Sénégal.

Mais où sont donc les étudiants de banlieue ?

Paradoxalement, alors qu’ils sont plus proches, géographiquement parlant, que les étudiants provinciaux ou étrangers, ils représentent une infime minorité. Lorsque l’on demande aux rares banlieusards comment ils ont échappé à la sacro-sainte sectorisation, certains répondent avoir perdu une année après le bac pour ensuite pouvoir « postuler » indépendamment, de leur côté dans les différentes facultés parisiennes ; d’autres avouent avoir choisi d’intégrer une classe préparatoire seulement pour échapper à la sectorisation et ainsi intégrer « une bonne fac ».

Loin de nous l’idée de sous-estimer les universités de la banlieue mais comme chacun sait, les diplômes ne sont pas équivalents d’une fac à une autre. Les moyens financiers des universités parisiennes sont supérieurs à ceux des universités de banlieue. Bref, tant de situations inégales qui font préférer les unes aux autres.

Finalement, l’ascenseur social est bloqué bien avant l’entrée des jeunes dans la vie active.

La sectorisation universitaire engendre des effets pervers, elle doit être remise en question et ce au plus vite. Elle aurait d’ailleurs dû être intégrée à la Loi sur l’Egalité des Chances lancée récemment par le gouvernement et qui a tant fait parler d’elle.

Par Hanane Kaddour

«Cri urgent», lorsque écrire devient une nécessité.

Cri_urgentVendredi 5 mai, nous étions invités sur Beur FM pour un débat intitulé «jeunes : du dialogue à la prise de parole». A chaque fois que nous sommes invités par un média pour parler du Bondy Blog, nous essayons de répondre présent. On reproche souvent aux médias de n’évoquer la banlieue que lorsqu’elle renvoie des images négatives alors lorsque nous sommes invités pour mettre en avant l'aventure du Bondy Blog, nous essayons d’y aller.

Et les initiatives positives ne manquent pas !

Pour cette émission, nous partagions le plateau avec Camélia Montassere, jeune directrice de la collection «Cri urgent». Ces textes d’une quarantaine de pages au style brut sont des témoignages purs qui viennent s’inscrire sur les pages de cette collection aussi agréable à lire qu’à regarder. Pour le moment, trois cris ont été édités. «Avant de partir », un texte d’une jeune fille de 16 ans sur le suicide, «Mon soi disant amour» de Véronique 27 ans sur les impasses du couple.

Camélia Montassere lit à l’antenne un extrait du 3 ème texte : « Couvre feu » de Kamel 15 ans, sur les banlieues qui brûlent.

rien que chez moi ma mère « tu vois pas que je suis fatigué j’ai travaillé toute la journée moi ! » c’est ça qu’elle dit elle c’est ça qu’elle a à dire

et faut surtout pas lui parler sinon elle tape une crise de nerf

moi j’ai des états d’âme, elle elle a « pas le temps »

une vie de chien    de chienne

la vie de ma mère    elle fait de la peine…

Je suis en train de crever    personne voit  ça se passe à l’intérieur.

Quoi ? faudrait que j’m’explose la tête devant eux ou quoi ?

Les auteurs cette collection restent anonymes et l’éditrice préfère parler d’oeuvre collective.

Dans « L’amitié au pied du mur » un texte à paraître fin Mai, Alexandre, 23 ans, gréviste de la faim devant la Sorbonne pendant la crise du CPE explique sa démarche, ses rencontres et dans « Libéré sur parole », Lucien un ex détenu de 58 ans parle de l’enfermement de l’être humain.

En auto-distribution, on peut tout de même trouver ces livres en librairie, à la FNAC et à la fin de chaque ouvrage on trouve un appel à texte qui invite tous ceux qui ont un cri à pousser à prendre contact avec l’éditeur.

La maison d’édition le Grand Souffle qui abrite cette collection n’est pas tout à fait comme les autres. Créée par un collectif d’artistes depuis un peu plus de deux ans, c’est une maison associative essentiellement dirigée par des bénévoles qui portent le projet de donner vie à des textes utiles. L’attachée de presse de la collection «Cri urgent» est médecin dans la «vraie vie». Elle fait cela bénévolement pour sortir de son quotidien et pour se rendre utile. Elle nous dit sa difficulté de faire parler de cette collection devant la plupart des médias qui cherchent du Trash, du people ou du sensationnel.

Ces ouvrages sont pourtant essentiels pour essayer de comprendre «l’actualité du dedans», celle qui bat en chacun de nous.

Par Mohamed Hamidi

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