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Kamel au Louvre

A l'image des journalistes parisiens qui se paient le grand frisson de la traversée du périph et débarquent en banlieue pour des reportages-choc, nous avons décidé d'envoyer des bloggers de banlieue couvrir la vie des Parisiens. Après l’Avenue Montaigne et Neuilly, cette chronique est la troisième d'une série que l'on pourrait intituler "Le Monde selon Kamel". Prochain épisode: l’assemblée nationale.

Photo_kamel Descendre métro Bourse. Waahh, un monde où tout le monde est habillé en pingouin, un monde que je voudrais bien pénétrer par la porte ou par la fenêtre. Marcher ensuite, passer Palais-Royal et sa bouche de métro qui brille, et débarquer dans le désert au milieu d’un château. Trois pyramides plantées là, j’avais jamais vu ça de près. Je suis déjà allé au Château de Versailles, mais le Louvre non. Je sais seulement qu’il y a là la dame qui te regarde bizarrement, la dame qui te suit, où que tu sois.

La Joconde. Je sais aussi combien un prince saoudien a donné à la France, pour la mise en place au Louvre d’un espace dédié aux cultures issues de l’Islam : 18 millions d’euros.

A l’accueil, prendre un plan. Et je demande à un employé chargé de renseigner : « Tout ce que la France a ici, elle l’a trouvé où… ? » Il me dit que ce sont souvent des dons. Que le musée doit aussi ses œuvres à des voleurs historiques : « Napoléon a pillé, en Allemagne. En Italie aussi, où ses soldats ont embarqué les Noces de Cana de Véronèse ».Noces_de_cana  Je vais voir ça, gigantesque tableau représentant Jésus et toute une foule. Au milieu d’elle, un petit noir qui fait le service. Je me dis que rien n’a changé, sauf les époques, puisqu’aujourd’hui, les noirs sont souvent dans la sécurité ou le nettoyage. Et puis j’ai continué de me balader. J’ai vu Eros, un libertin… toujours tout nu. Un bassin, datant du IIème siècle après JC, dont je me ferais bien une baignoire. Ah, et voilà Faustine la Jeune, épouse de Marc Aurèle (empereur de 161 à 180 après JC), cachée dans une petite niche à côté d’une fresque de Boticelli. Je la regarde, je souris, elle porte le voile Faustine ! Comme chez nous, maintenant. Plus loin, le billet de 100 francs ou La_libert_delacroix_2 « La liberté qui guide le peuple », une œuvre d’Eugène Delacroix conçue en 1830. Avec une femme au centre, on dirait Ségolène Royal, entourée d’hommes qui prennent le pouvoir avec les armes, pendant qu’à leurs pieds gisent des morts. Et encore un truc splendide, « Le radeau de la Méduse», récit d’un naufrage aux larges des côtes du Portugal. Je pense à mon histoire, qui a l’air toute courte du coup… Un bateau, une valise, des parents séparés quinze ans plus tard. 

Je suis ému par tout ce spectacle. Troublé aussi, je me sens en « fourchette » comme aux échecs, parce que j’ai deux cultures, l’une orientale, l’autre occidentale. Mais brutalement j’entends dans ma tête résonner des mots comme «la France tu l’aimes ou tu la quittes », et je me défends, la France, je l’aime, mais il ne faut pas refuser ses enfants, sinon on finit par se poser des questions sur Marianne. Et me voilà au milieu du musée du Louvre, émerveillé par la grandeur de ce patrimoine, par la foule de touristes qui fourmille autour de moi. J’ai 26 ans, j’ai perdu trop de temps à tenir les murs à Bondy, voilà une partie de mon histoire et je n’étais même pas au courant…

Kamel El Houari, envoyé spécial à Paris

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Voici les sites qui parlent de Kamel au Louvre:

Commentaires

tu racontes tjrs les memes histoires sur des supports differents

Marianne c'est toi Kamel. À chaque fois il faut qu'elle reprenne l'étendard, car rien n'est jamais acquis, tout est toujours remis en cause…

beaucoup de remarques evidemment sur les apriori de l'article (qui sont normaux, puisque le but est de faire un contrepoint aux a priori des journalistes qui vont en banlieue)

"les noirs sont souvent dans la sécurité ou le nettoyage."

ben ceux qui ont pas fait d'etudes longues , qui avaient des parents qui parlaient pas français, qui etaient d'une culture agricole, où les enfants ne vont pas à l'école et où ils plus d'enfants du coup on n'investit pas auntant sur chacun que dans les familles françaises" alors,

parce que moi des noirs, j'en connais personnellement qui sont avocats, assureurs, courtiers et banquiers.

Au louvre vous avez du louper la salle Duchatel, avec le tableau des rois mages....

chapeau en tout cas pour cette experience nouvelle . content pour vous !

maxx on ta localiser on c qui t .comme tu dis tu es le plus hyppocrites de se blog tu critique toujour ...

(COMMENTAIRE EDITE PAR L'ADMINISTRATEUR)

Ségolène Royal en Liberté qui guide le peuple?

C'est pas mal, comme idée, ça. Faudrait lui demander d'adopter à la télé la même tenue que dans le tableau.

Bonjour le carton dans les sondages!

A ENFIN DE RETOUR KAMEL ON T ATTENDAIS MERCI POUR CET RUBRIQUES........

L'art, c'est aussi de savoir cultiver son style... Vous le faites à merveille: humour, ingénuité, mesure du propos, on sent qu'il y a du travail derrière! C'est vraiment pas mal!

Vivement l'assemblée (mais ne nous faites pas trop languir)


PS: Le temps n'est pas forcément perdu lorsqu'il permet l'éveil de la conscience... :-)

maxx chutttttt!!
il ne se répète pas il montre seulement en direct ce qu'il se pasqse dans nos têtes!! merci kamel et en faite ton solo a la télé c'était pas facile mais le jour ou tu y retournera parle de tous ce qui a changé dans ta tête et parle aussi de toutes ces promesses qui nous ont été faites mais qu'il n'ya toujours rien ici !! merci a toi

c sur je vais la fermer

Kamel, tu m' enchantes a travers toi je vois le louvre d' une autre maniere et tu as raison un musee c'est l'histoire de l'humanite.Bravo continue .je vous embrasse tous et merci

j'ai bien aimé ce voyage dans le musée, un voyage dans le temps, parmi les symboles qui créent la france autour des quelles se construit l'identité d'une nation : des combats, des valeurs (liberté ..etc sur les billets de banque), des mythes... le regard de KML sur ces symboles de la France m' fait pensé à une autre construction , celle de l'identité d'une personne. C'est comme une histoire qui vient du passé (les parents, les ascendents) sans cesse répétée et reinvintée par les générations qui suivent. C'est pas facile sans doute, mais c'est bien à chacun d'écrire sa propre histoire avec les matériaux qu'il a sa disposition. C'est pas à d'autre de le faire. Aussi je te souhaite du courage HML pour assembler les pièces de ton puzzle.

kamel continue c bien bravo as tu eu des nouvelles de sarko ?pour difamation de son adresse!!

tu as l air de prendre plaisir a se metier as tu eu des proposition tu as une belles geules que fais le paffe francais ques qui attendes j ai oublier tu n a pas les yeux bleue mais les lentilles sa existes bon courages kamel

BRAVO POUR LA SOURIS D OR!!!!!!!

Bravo Kamel, bel article.

le louvre revisité par kamel j'aime bien tu en as une lecture très personnelle tu guettes le voile le ptit kebla les saoudiens qui donnent du fric en tous cas la visite a l'air de t'avoir apporté sur le plan culturel c'est ça qui compte.

Ce matin, je suis rentré de Vaujours à Fontenay-sous-bois par la route des écoliers, la N3 puis Clichy, Montfermeil, Chelles, Neuilly (Plaisance pas sur Seine ;-). Depuis Samedi, ma voiture est au garage, en panne à Vaujours. Samedi, pour rentrer du garage, j'attends le bus, le 619. Le samedi, il y en a un toutes les heures...

Qu'on est loin du Louvre et du Palais Royal là-bas. Quel effort pour y aller.

J'espère que Kamel donnera l'idée ou l'envie aux autres, d'aller au Louvre bien sûr, ou à Beaubourg pour voir un peu d'art contemporain ;-) mais surtout que Kamel donnera à tous autour de lui l'envie de réfléchir et de prendre cette culture qui est à côté d'eux et qui n'attend qu'une chose: qu'ils se l'approprient!

La culture, c'est une extraordinaire richesse. En avoir deux et savoir les concilier, c'est être deux fois plus riche, mais seulement avec les DEUX.

Un bus toutes les heures le samedi... je rêve! On est dans l'Uttar Pradesh, au Zimbabwe, ou quoi? Que fait la région Ile-de-France?

Rappelez-moi le parti politique au pouvoir dans cette région? Ce ne serait pas par hasard les défenseurs autoproclamés des pauvres et de l'écologie, ceux des gens qui n'ont pas les moyens d'acheter une voiture ou qui préfèrent prendre les transports collectifs?

CE COMMENTAIRE A ETE SUPPRIME PAR L'ADMINISTRATION DU BLOG. TOUTES LES REMARQUES INSULTANTES, RACISTES OU QUI VISENT A REGLER DES COMPTES PERSONNELS SERONT ELIMINEES.

Robert Marchenoir,
Ce n'est pas le conseil régional qui décide de l'affluence des transports en commun et des heures de passage des bus! On aura tout vu. Ca serait peut-être utile qu'avant de lancer à l'emporte pièce des jugements sur ce que font - ou ne font pas - les municipalités et les conseils régionaux, tu te renseignes sur leurs prérogatives et leurs domaines de compétences.
Ce qui est du ressort du Conseil régional en l'occurence, c'est l'infrastructure - et encore, avec là aussi un certain nombre de restrictions. Pour le reste, c'est en grande partie la RATP (ou SNCF) qui décide, avec également la responsabilité du STIF (or, on connaît tous les difficultés que connaît le STIF du fait de la droite, lors du passage de pouvoir).

===> Robert Marchenoir
Le bus 619 est-il géré par les vilains gauchistes de la Région Ile-de-France ? Par la RATP, dirigée par une ancienne ministresse de droite ? Ou par de gentils capitalistes ? Lesquels auraient délocalisé leur thune jusqu'en Uttar Pradesh - où l'on paie les conducteurs de bus en roupies. De sansonnet, bien sûr...

Un ramassis de clichés.
Dis-nous quelque chose de vrai.

Thé ou café ?

Ce que c’est que la vie d’attaché culturel, des avions, des avions, des avions. Ce n’est pas pire que le métro. Demain je vais à Rio, il fera doux. Mais c’est vrai que je culpabilise. Comparé à Kamel je consomme plus de pétrole. Lui, ses voyages du Louvre à Bondy, c’est économique.
C’est encore mes rêves, des rêves mis bout à bout, de la plomberie comme disait Piccoli hier soir, sur France Culture. D’abord un rêve sur l’article de Kamel, sur le Blog Bondy, dont j’ai entendu parlé la première fois à Addis, lors du mariage d’un de mes amis écrivain. J’entre dans une épicerie, une petite échoppe tenu par un arabe au coin de ma rue. Je lui demande où il a trouvé tout ça. Le type me crie dessus aussitôt, raciste, raciste, comme si tous les Arabes étaient des voleurs. Mais comme je suis diplomate, je parviens à le calmer, je lui dis que je faisais allusion à la diversité culturelle, il m’offre le thé.
Et un autre rêve dans l’avion de Madrid, le lendemain. L’avion ne décolle pas, il y a de l’encombrement sur la piste, je m’endors. Alors deux policiers en civil se présentent et me demandent de les suivre. D’abord je comprends que je suis conduit à Guantanamo et je proteste en disant que je n’ai aucune sympathie pour l’islam. Mais ce n’est pas ça. Je suis conduit dans un grand bâtiment octogonal. C’est une sorte de grand centre d’évaluation du Bien et du Mal. On compte sur moi, un diplomate, le cauchemar, pour déterminer qui est le méchant et qui est le gentil. Je ne sortirai pas vivant avant d’avoir décidé. Et on veut des noms. Des comptes en banques, des réseaux, des planques. En attendant, on me jette en prison et là, il y a Marilyne Monroe qui entre, voilée, et qui me grimpe dessus. Elle me baise et en même temps elle m’étrangle.
Normalement, dans mes rêves, quand une femme m’étrangle, c’est à cause de mes insuffisances respiratoires, ça me réveille, je prends un peu de bière et je me rendors facilement. Mais là non, je continuais d’étouffer et elle continuait de me chevaucher sauvagement en prétendant, sous son voile, être une prostituée-suicide.
Nous étions déjà dans la stratosphère quand j’ai été libéré. Un trou d’air, la fille est allée se coller au plafond. J’ai mis du temps à me souvenir de ma destination. D’où je venais, de qui j’étais, de ce que j’étais. Au-dessus des nuages. Ils inauguraient une exposition sur Proust au Centre culturel de Rio. Il fallait que j’écrive un petit discours. J’ai ouvert mon portable dernier cri, un cadeau de ma mère. « Thé ou café ? » demandait l’hôtesse.

Misty, c'est amusant de vous voir prendre la mouche sur une histoire d'horaires de bus. Vous faites partie du conseil régional d'Ile-de-France? Ou est-ce plutôt que j'aurais commis le crime de lèse-gauche?

Je n'ai pas vos immenses connaissances en aménagement du territoire.

En revanche, vous ne m'empêcherez pas de porter des jugements à l'emporte-pièce, comme vous dites. Cela s'appelle la démocratie, et j'ai l'impression que beaucoup de gens sur les blogs n'ont pas encore compris comment cela fonctionne.

Voyez-vous, moi je suis un simple citoyen. Alors vos histoires de STIF, de STAF, de STOUF, je m'en tape.

Je paye des gens pour s'occuper de cela: ce sont les fonctionnaires. Et j'élis des gens pour les diriger: ce sont les hommes politiques.

Et je constate:

1) Les transports en commun de banlieue à banlieue, en région parisienne, sont dans un état déplorable. Tout le monde le reconnaît. Ne faites pas semblant de ne pas comprendre qu'il ne s'agit pas seulement des horaires du bus 619 le samedi. L'exemple donné par jpc est typique d'une situation scandaleuse.

2) Le transport en commun dans une région comme l'Ile-de-France, est, de façon évidente, du ressort de la région. Sinon, à quoi sert ce niveau de gouvernement?

Les enculades de mouche technocratiques dont la France est friande, du genre toi tu coupes les oignons et moi je pleure, moi je m'occupe de l'infrastructure et toi du reste, ça ne m'intéresse pas. A qui fera-t-on croire qu'une région comme l'Ile-de-France n'a pas d'immenses pouvoirs?

3) Si les socialistes qui tiennent l'Ile-de-France n'ont pas assez de pouvoir à leur goût, eh bien qu'ils se battent pour l'acquérir. Ils savent bien l'utiliser, ce pouvoir, pour saboter au niveau régional une loi votée par au niveau national, en annonçant qu'ils ne subventionneront pas les entreprises embauchant en CNE.

4) On doit donc les considérer comme responsables. C'est à eux de créer les conditions faisant que jpc puisse aller chercher sa bagnole au garage le samedi. L'organisation et les détails, c'est à eux de s'en occuper, pas à deux clampins sur un blog. Il est vrai que la notion de responsabilité politique, en France, on connaît pas trop.

Dans une entreprise privée, quand ça merde dans une filiale, le patron de filiale saute. Il n'a pas la possibilité de dire, ah ben c'est pas ma faute, c'est cet imbécile de directeur général qui a mal organisé les pouvoirs, et puis une palanquée de stagiaires se sont trompés dans les budgets, moi c'est pas ma compétence.

5) Une Anglaise qui vit en France a expliqué, sur un blog, avoir été très frappée par la vitesse avec laquelle ses enfants ont appris, dès qu'ils sont allés à l'école, l'expression "c'est pas ma faute". C'est un trait de caractère national.

Personne n'est jamais responsable de rien, en France. C'est toujours la faute à quelqu'un d'autre, vous comprenez. Et il y aura toujours quelqu'un pour vous expliquer, oh mon pauvre monsieur, vous n'y comprenez rien, c'est beaucoup plus compliqué que ça, il y a le STIF, le STOUF, le STAF, et nous on peut rien faire.

Résultat: jpc doit poireauter une heure pour avoir son bus le samedi.

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