Dur d’enseigner en ZEP
Dernièrement, j’ai rencontré une amie de ma sœur qui veut devenir enseignante. Je me suis dit pourquoi pas écrire un article sur les profs en ZEP. Savoir et essayer de comprendre ce que c’est que d’enseigner en ZEP.
« Des profs blacks, blancs, beurs... »
L’éducation nationale est-elle le reflet de l’évolution de la société française ? De plus en plus de jeunes enseignants sont issus de l’immigration. Souvent affectés en ZEP ou dans des cités, ils sont porteurs d’exemplarité pour les plus jeunes.
Combien d’enseignants "blacks", combien de "beurs" ? L’éducation nationale a-t-elle pris des couleurs ? Malgré l’absence de statistiques, d’études sociologiques, nombre d’indices suggèrent que la diversité ethnique gagne du terrain.
Naima (la copine de ma sœur), dernière d’une longue fratrie (10 enfants), s’apprête à endosser ses habits d’institutrice. En dernière année à l’IUFM de Créteil, elle vit toujours en famille, dans la banlieue parisienne. Musulmane pratiquante, née en France de parents algériens, elle a d’abord opté pour un DUT de biologie, option diététique. Après avoir assuré, devant de jeunes obèses, quelques cours sur l’équilibre alimentaire, elle a bifurqué vers l’enseignement. Naima veut aujourd’hui travailler en ZEP (zone d’éducation prioritaire), n’ayant guère apprécié son dernier stage "en milieu favorisé". "Je connais mieux la cité, un monde à part », explique-t-elle. « Ici, je sais comment fonctionnent les gens, c’est ma culture."
Je suis alors allée interroger une jeune prof dans un collège de ZEP qui m’a livré ce long témoignage.
Prof, le plus dur métier du monde?
« Et si les galériens, c'étaient eux ? Et si les victimes du racisme anti-Etat, anti-femme, anti-adulte, anti-tout - c'étaient eux… les enseignants. A juste titre, l'actualité braque ses projecteurs sur les jeunes des banlieues, leurs galères, leur horizon bouché par les tours grises des cités et par le chômage. Mais on oublie trop souvent ceux qui leur servent de souffre-douleur quotidiens : leurs profs. Lâchés dans l'univers cruel des ZEP pour y enseigner Racine et Euclide à un public qui souvent n'en a que faire, avec pour seule formation quelques « modules » de « préparation à l'enseignement en banlieue », les enseignants y sont, au même titre que les policiers, les derniers représentants du service public. Et rejetés comme tels par certains jeunes. Dans les salles de classe, le rapport pédagogique, bien souvent, cède la place à un rapport de forces. « Autrefois, c'était les profs qui punissaient les élèves. A présent, dans certains cas, ce sont les élèves qui punissent leur prof pour une mauvaise note ou un mot de trop », me résume crûment une enseignante.
La pression pesant sur les profs n'a souvent rien de spectaculaire. Mais qui dira ce que doivent subir certaines jeunes enseignantes, victimes du sexisme de leurs élèves ? Écoutons son témoignage : « ZEP... oui, c'est vrai que, comme tu le dis, le mot fait peur. On s'imagine tout un tas de trucs etc. Mais ZEP ne veut pas dire forcément établissement difficile même si ça va parfois (et souvent) de pair. Pourquoi un établissement est-il en ZEP ? Tout simplement de par le revenu des parents et leur catégorie socio-professionnelle.
Je peux te faire part de mon expérience d'enseignement en ZEP puisque j'ai baigné dedans pendant 4 ans.
Pour la plupart, ce ne sont pas de méchants gamins. Ils sont très attachants même, mais il faut savoir les "prendre". La première chose qu'il faut absolument faire, c'est un travail sur toi pour maîtriser tes émotions. Parfois, c'est dur mais il faut savoir garder son envie de vraiment exploser pour plus tard, ne pas leur montrer que ce qu'ils nous disent nous touche vraiment. Se dire que c'est au prof qu'ils parlent et non à la personne, ce qui n'est pas facile à faire, je te l'accorde.
La deuxième chose est la rigueur: tu dis quelque chose, tu le faits ; ne jamais revenir en arrière. Ils le voient tout de suite. Ce conseil est également valable pour un établissement classique, sauf que dans ce dernier, les élèves ne diront rien; en ZEP, tu le sauras tout te suite
La troisième chose: la justice. C'est une notion chère à ce type d'élèves. A fait égal, sanction égale. Il ne faut donc pas hésiter à perdre du temps pour expliquer une sanction que tu as donnée, pour qu'ils s'aperçoivent bien que cette sanction est "normale".
« Tout est bon pour déstabiliser le prof de manière insidieuse. Ça peut aller du "Que vous êtes belle aujourd'hui, madame", répété toutes les trois ou quatre phrases par un élève, à des insultes en arabe, qu'il vaut mieux ne pas comprendre.
Il serait tentant mais inexact de limiter aux jeunes issus de l'immigration les problèmes de discipline. «Je vous assure que les deux petits caïds qui m'ont rendu la vie impossible pendant un an étaient tout ce qu'il y a de gaulois ! » me précise t-elle.
Enseigner en zone sensible est gratifiant car, on se sent utile. On voit sensiblement les élèves progresser dans notre matière et dans leur rapport au monde. Pour "un jeune prof ", du reste, cette situation est très formatrice. Plus qu’ailleurs, on y apprend la rigueur autant au niveau des savoirs, qu’il faut être cohérent, qu’au niveau de la gestion de la classe. L’injustice, pour des enfants dans une situation souvent injustifiable, est insupportable en classe.
C’est moi qui ai choisi d’enseigner en zone sensible. Cela correspondait au sens que je donnais à l’école et j’avais envie de rencontrer les jeunes de banlieue. De plus, j’ai choisi l’établissement en particulier. En effet, c’est là que j’avais fait mon stage en pratique accompagnée. C’est très en douceur, donc, que j’ai été mise en contact avec les élèves. Dans ce collège les élèves, très souvent en grande difficulté, ne sont pas pour autant agressifs envers les enseignants. Leur violence ne nous est pas directement adressée et jamais on ne se sent véritablement en danger.
Le plus dur est sans doute l’enjeu affectif qui se cache derrière l’enseignement en zone sensible. On voudrait toujours faire plus pour " sauver " les enfants en perdition. Très vite on se laisse déborder par toutes les activités périscolaires : remédiation, projets, rencontres avec les parents... Pèse aussi le décalage entre le rôle qu’on aimerait jouer et celui qu’insensiblement on nous fait jouer : on a l’impression d’être là pour canaliser la violence, éviter les débordements à l’encontre d’une société qui n’offre pas réellement des moyens à ces jeunes de s’en sortir.
Par Sada Fofana.


Je viens de découvrir votre blog !.Bravo ! et continuez !
Rédigé par:Largo | le 28/05/2006 à 15:51
Les collèges de ZEP, pour leurs enseignants, se caractérisent d'abord par l'origine sociale de leurs élèves : non seulement, dans leur grande majorité, les élèves sont issus de milieux populaires mais, surtout, une grande partie d'entre eux appartiennent à des familles touchées par le chômage ou la précarité. Le niveau scolaire des élèves à l'entrée en sixième apparaît souvent plus faible que dans les autres collèges, en partie à cause de la proportion des élèves en grande difficulté.
Les insultes verbales et les bagarres entre élèves sont les formes les plus répandues de violence dans les collèges en ZEP. Environ 12 à 14% de ces collèges connaissent de graves problèmes de violence.
La passivité et l'absence de motivation pour le travail scolaire d'un grand nombre d'élèves constituent cependant la principale difficulté dans l'exercice du métier d'enseignant
Rédigé par:autodidakt | le 28/05/2006 à 20:50
===> Soda Fofana
Superbe article.
L'essentiel des rapports profs/élèves est bien montré avec son aspect affectif: pressions réciproques et sentiment de justice. L'association "police+enseignants" comme seules présence de l'Etat dans les ZEP est pertinente.
La rédaction est lucide et le style clair.
Vive le BONDY BLOG!
Rédigé par:Briardounet | le 29/05/2006 à 08:04
===> Soda Fofana : additif
Deux points d'une extrême perspicacité :
Vous écrivez :"c'est au prof qu'ils [les élèves] parlent et non à la personne". Bien sûr. Et apprendre aux élèves à distinguer ce qui est visible -la personne- de ce qui est implicite, caché par la personne - le prof, c'est-à-dire l'autorité - est un passage essentiel de l'éducation. Et,ici, il s'agit de l'autorité de l'Etat. --->
2)"on a l'impression d'être là pour canaliser la violence". Comme la police est là pour la réprimer.
Cet article nous ramène à l'essence des émeutes de novembre-décembre 2005.
Encore une fois, superbe article.
Rédigé par:Briardounet | le 29/05/2006 à 08:35
C'est vrai que prof en ZUP est un métier qui peut paraître ingrat. Ma copine est "prof des écoles" en CE1 dans un quartier du nord d'Asnières (92) et elle est chaque jour confrontée à des situations difficiles et diverses qu'elle doit gérer. Et ce n'est pas toujours ce que l'on croit. Outre les difficultés liées à la situation familiale de certains élèves (qui nécessitent un suivi important avec les parents) il y a aussi les problèmes relatifs à l’administration de l’Education Nationale. C’est assez bouleversant de voir qu’elle a face à elle une hiérarchie défaillante et quelquefois démissionnaire amenant à une situation conflictuelle dans l’équipe pédagogique (les profs et la directrice de ce groupe scolaire) qui devrait être soudée et sereine afin de promouvoir un travail de qualité. Cependant la situation de cette école est telle que les jeunes profs, et les vieux aussi, préfèrent s’en aller plutôt que de rester. La faute à l’administration incapable de réagir face à ces éléments défaillants et qui du coup pourrit l’ambiance d’une école et la vie de dizaines de gamins… Mais bon il y a une satisfaction pour elle quand elle observe l’intérêt croissant de ses élèves pour les cours lorsque l’enseignant est juste et correct vis-à-vis de ses élèves.
D’autre part je vous invite à parcourir des textes intéressants qui, ce n’est pas un fait nouveau, explorent le phénomène d’évitement scolaire par déménagement ou par le biais d’une triche sur la carte scolaire (voir le chercheur Marco Oberti : http://osc.sciences-po.fr/equipe/ctit_oberti.htm ainsi qu’Emre Korsu dans Ville-Ecole-Intégration :
http://www.cndp.fr/lesScripts/bandeau/bandeau.asp?bas=http://www.cndp.fr/revueVEI/som139.htm).
Rédigé par:Julien | le 29/05/2006 à 16:22
Vengeance,
J’avais déjà été trop longtemps humilié. Quand je suis entré dans la classe le foutoir je m’y attendais. Je restais immobile, devant le tableau. En temps ordinaire ils auraient continué, juste baissé le ton pour m’observer et puis ç’aurait commencé, les lazzis, les rires sournois. Mais cette fois, ils sont tous devenus graves. Ils ne savaient pas ce que c’était, mais ils sentaient que quelque chose avait changé en moi. Ils se sont assis en silence, tous ces petits voyous. Moi je savais ce qui avait changé, j’avais un flingue sur moi.
Oui, je suis le premier professeur à revendiquer le droit d’être armé. Bien sûr, je n’en parle pas à mes collègues, pour ne pas les choquer, parce que l’heure n’est pas venue. Mais bientôt, bientôt elle viendra. J’attends, je suis patient. De toute façon, tout va mieux. Je fais autorité. Mon cours se déroule dans un silence de cathédrale. Quand j’ai donné mon premier cours avec mon arme sous la veste, j’avais noble allure je peux vous dire. J’ai fait l’appel et j’ai inscrit au tableau : l’erreur est humaine, persévérer est diabolique.
Quand la pionne est entrée, relever les absents, je peux vous dire qu’elle était surprise, elle n’avait jamais vu ça. Je peux vous dire que j’en ai rêvé la nuit, la gueule qu’elle faisait en s’approchant de mon bureau, timide, alors que je lui tendais la liste des absents, sans faire attention à elle. En vérité non parce que cette jeune fille m’a toujours fait craquer et je suis certain qu’elle a compris qui j’étais ce jour-là, un grand professeur, un grand novateur, un grand orateur, capable de saisir l’assemblée par la qualité de son propos. A l’ancienne, un qui va faire passer ce qu’il a à dire, tranquillement, qui n’hésitera pas à éliminer la mauvaise herbe pour sauver le troupeau, s’il faut.
Les collègues ont noté un changement, je pense à tous ceux qui préfèrent se faire manger le respect sur le dos au lieu de réagir. Mais dans l’ensemble, je sens que mon initiative est un succès. Je crois avoir tapé dans l’œil de la cantinière, quand j’ai refusé son couscous d’un ton sec. Je ne suis ni de gauche ni de droite, je suis pour l’ordre des choses. Un prof est un prof. J’ai bien senti la mine de la cantinière quand j’ai demandé des pâtes au beurre avec du fromage.
Il y en a dans l’école qui pensent comme moi. Plusieurs. Peut-être même certains qui se sont déjà armé. Mais ça m’étonnerait. J’ai bien compris que je suis le seul à obtenir des résultats en matière de discipline. Seulement, je ne suis pas qu’un maton, je suis aussi un professeur et, entre l’obéissance et l’action, je ne cache pas que j’aime étaler un peu de conscience. Alors voilà, je réfléchis, et je me dis : un jour, Dilgo, il faudra que tu fasses usage de ton arme. Un jour il ne faudra pas reculer et renier tes convictions.
Je le dis, le jour viendra où il faudra tirer et je le ferai. Et je garderai la tête haute. Ne comptez pas sur moi pour me cacher sous un manteau pendant le transfert de l’hôtel de police au fourgon. Au contraire. J’assumerai mon acte et vous verrez ce que je vous dis, il y aura des pleurs et des grincements de dents, oui, mais il y aura aussi des gens pour penser que j’ai eu raison. Que j’ai eu bien fait de tirer sur cette racaille. Qu’il y a des limites et qu’une fois les limites franchies, il n’y a plus de compromis possible.
Rédigé par:dilgo | le 29/05/2006 à 20:38
Je suis abasourdi par le précédent texte, d'autant plus que je m'habituais au style de cette signature, et de sa prose décalée. Si c'est une fiction, il faut qu'elle se donne comme telle. Si c'est une plaisanterie, elle est de mauvais goût. On peut chercher à se distinguer, à provoquer, susciter des réactions. OK c'est le jeu. Mais là c'est inadmissible. En plus de la question morale, il y a plusieurs problèmes de légalité.
Rédigé par:samy khaldi | le 29/05/2006 à 21:19
moi le dilgo je le calcule meme pas ;
là en effet, c'est pas tres cool et plutot choquant
PS samy, des problemes de legalité là je te suis pas , parce que quand des mecs peuvent chanter qu'ils niquent la police et autres incitations à la haine plus precises, et qu'ils sont ecoutés à longueur de temps et admirés par plein de jeunes gens, il serait un peu fort qu'un type sur un blog soit embété pour si peu, tu ne penses pas ?
Rédigé par:mowglii | le 29/05/2006 à 21:43
Très bel article Soda! Il y a un travail objectif de questionnement qui va en profondeur.
Par contre, votre sujet met du temps à démarrer. En fait, on sent une hésitation entre le sujet de départ qui ressemble plutôt à "les enfants des banlieues qui deviennent des modèles en devenant profs dans les ZEP" et le sujet qui constitue le corps de votre propos: "la dure vie des profs de ZEP"
De manière générale j'ai rarement des mots sympathiques pour le corps enseignant français mais il est certain que celui ou celle qui s'attaque à un prof, s'attaque aussi à un pilier fondamental de notre démocratie. La gravité de tels gestes n'autorise donc aucune complaisance !
Rédigé par:Cédric Roussel | le 29/05/2006 à 22:12
Très très bonne initiative.
Je vais écrire un article sur mon site pour que l'on ne vous oublie pas.
Bon courage et persévérez, de telles initiatives sont trop peu médiatisées et pourtant si nombreuses.
Geronimo
Rédigé par:Geronimo | le 30/05/2006 à 01:40
===>Samy Khaldi + Mowgli
Vous avez entièrement raison : ce que fait DILGO est vilain. Je dirai même très vilain. D'abord, il aurait dû dire :"Attention, bonnes gens, attention, j'm'en va vous faire un conte. Donc, c'est pas la vraie vérité. Et surtout, faudrait pas croire que j'soye un assassin. Donc, méfiez-vous, c'est d'la fiction. Parce que sur BONDY BLOG, y en a qui sont fragiles de la carafe et qui ziraient jusqu'à croire que j'veux faire avaler leur bulletin de naissance à mes p'tits élèves. Pas dans ma classe, pas dans ma banlieue! On peut les envoyer niquer leur mère, ça, ça va d'soi. Mais les buter, quand même pas. D'abord, c'est interdit par la Loi..."
Etc...et ainsi de suite. A bon entendeur, salut et fraternité. Et les vilains Dilgo, dehors!
Rédigé par:Briardounet | le 30/05/2006 à 07:18
A propos de l'affaire de "L'enseignant" (appelons-le comme ça):
On a une sorte de parodie de "L'Etranger" de Camus, le problème est qu'elle se présente comme une illustration (vécue ou pas; témoignage ou exercice littéraire ?) de l'article commenté.
Un exercice ambigü qui ressemble à de l'apologie de la violence, ce qui est condamnable par la loi. Point.
Rédigé par:s. khaldi | le 30/05/2006 à 11:09
===>S.Khaldi
Très juste. A bas l'ambiguïté! D'ailleurs, "L'Etranger", exercice littéraire, et roman ambigu s'il en fût, a été non seulement condamné "par la loi", mais, en plus, son auteur a été couronné par le jury du Prix Nobel. Suggérez vous que le grand méchant loup qui a mangé l'innocent agneau ou celui qui a mangé le petit Chaperon Rouge prouvent que La Fontaine et Perrault étaient des apologistes de la violence victorieuse?. ? Et qu'il faudrait donc que les tribunaux les condamnassent? Ou les eussent condamnés? Et pour ce qui aussi de la violence condamnable, que dire du ministre de l'intérieur qui, pour nettoyer la racaille, fait l'apologie de jets d'eau puissants? Ou même de matraques policières? Peut-être devrions-nous consulter les mânes des auteurs cités plus haut. Point d'interrogation...
Rédigé par:Briardounet | le 30/05/2006 à 15:32
Ouh Samy Khaldi, "l'etranger" mauvais souvenir du bac français ! :-)
Bravo Sada pour ce bel article, c'est bon de voir des enseignant qui ne perdent pas espoir et qui essaient de se battre pour leur eleves (et meme parfois contre leur eleves pour mieux les aider), ça donne confiance dans l'ecole !
Bon courage a tous les enseignants, en zep ou hors de zep, car des elements perturbateurs il y en a aussi dans les "bons" etablissements.
Rédigé par:Mil | le 30/05/2006 à 17:40
pourquoi faut il toujours traiter les choses avec un tel angélisme, votre angélisme est le terreau dont le FN se nourrit, dites le pour une fois, 15% de ces gamins n'ont rien à faire dans le circuit scolaire normal, il faut les sortir des classe (pour les y remettre un jour , après les avoir recadrés) et laissser une chance aux 85% qui veulent s'en sortir), vous faites preuve d'une grande naïveté, ajouté à la négation des états de fait, cela aura malheureusement comme conséquence la montée des extrêmes...
Rédigé par:ouvrezlesyeux | le 01/06/2006 à 10:56
Article réaliste, émouvant, provocateur et constructif; il écrit en fonction d'une conscience aigue, d'un amour de la profession et de la société, sans oublier les grands principes de vie et d'éthique.
Ahmed Jdey, historien
Rédigé par:Ahmed Jdey | le 01/06/2006 à 17:00
Foutage de gueule, plein de cliches. Franchement quiconque connait les problemes de terrain ne reconnait rien dans ce temoignage.
Bien sur il y a des "gaulois" mais arretons de faire le tout blanc ou tout noir (passez moi l'expression). On se fout de savoir la couleur. Si la victime est le prof, il est aussi le coupable. Le prof est, que vous le vouliez ou non, l'adulte, synonyme d'autorite. On ne respecte plus la police, on ne respecte plus le prof, on ne respecte plus les pompiers ni meme les ambulanciers, les agents EDF... La confusion est totale. Pourquoi? Pour marquer son territoire, son autorite quand bien meme on est tout petit. Responsables? Vous le savez aussi bien que moi. C'est une banalite. Les premiers sont les parents. Je suis pour une liberte de geste totale mais reconnaissez que votre fils habitant en banlieue qui ecoute du rap a longueur de journee, ne brille pas par son assiduite a l'ecole et porte des survet... quand il est encore dans la rue a 9,10 ou 11 heures du soir, vous pensez qu'il joue aux dominos. Serieusement, j'ai ete pendant tres longtemps oppose aux solutions radicales (en tant qu'homme de gauche, cela m'a toujours paru anti-propos) mais oui, il faut helas retablir l'ordre. On doit passer d'une situation ou le jeune dirige (voyez leur comportement dans les bus et metro, leurs insultes et la non reaction des adultes)a une situation ou ils baissent le nez. Comment? D'une part travailler sur les parents. Ils sont desengages: punition: supression des aides sociales une fois pour toutes. Prevention: leur rappeller qu'etre parent c'est assumer un tas de responsabilite et que non c'est pas marrant tous les jours. Quant aux enfants/ado/adultes delinquants, la detention provisoire, les centres de reeducation doivent etre privilegies. Le role des profs: se faire respecter, et les interesser par tous les moyens. Cela ne veut pas dire occulter Racine et consorts mais leur expliquer pourquoi Racine, le lien avec leur vie. Que les choses peuvent etre dites de facon moins crue que leur langage.
Ce travail ne pourra servir qu'avec l'adhesion des parents. Ils sont les premiers responsables. Ils ne montrent pas une autorite constante. L'image de l'adulte est donc baffoue dans une milieu etremement violent et masculin. Comment peut-on applaudir les tueurs de cette jeune fille a Vitry? Comment peut-on s'insurger d'etre declare coupable lors des tournantes? Le malaise est profond, la solution doit etre radicale mais egalement a long terme. N'en deplaise aux gauchistes extremistes.
Rédigé par:alex | le 01/06/2006 à 18:03
ni black ni beur(e), je suis parisienne mais comme des millions d'entre nous issue de l'immigration, plus lointaine, italienne.
Comme vous j'ai choisi d'enseigner dans des formations où les jeunes qui vivent ou non dans des milieux défavorisés arrivent souvent en situation d'échec. Je ne cherche pas à leur trouver des excuses ou à accuser l'un ou l'autre, je cherche à les aider à trouver une voie qui les valorise et les aide à sortir de cette spirale de l'échec. Beaucoup y arrivent.
Et c'est vrai que pour moi, c'estune source de richesse permanente même si parfois c'est dur. Il faut donc perséverer mais aussi lutter auprès des instances concernées pour obtenir un maximum de moyens pour les aider pédagogiquement.
Rédigé par:titine | le 02/06/2006 à 00:25
Bonjour, travaillant depuis 10 ans en ZEP/REP il serait assez long de détailler la situation catastrophique de nos écoles. L'article parle de sanctions: lesquelles??? Relisez donc le B.O. concernant les écoles primaires!!! Ne serait il pas temps d'arrêter de penser que l'enfant nait naturellement avec le gout d'apprendre, de la discipline, du travail bien fait. Assez de démagogie!!! Donnons aux enfants les parents qu'ils méritent, assez de réformes et réfléchissons:" Depuis quand y a t il moins d'excès de vitesse et d'accidents sur la route?" A méditer...
Rédigé par:Chris | le 05/06/2006 à 15:42
je partage le sentiment que l'autorité de l'enseignant n'existe que parce que l'enfant sait qu'il sera sanctionné s'il la brave !
je peux dire la même chose pour l'autorité des parents !
la sanction c'est un peu comme les armes de dissuasion !
on sait qu'elles ne seront peut être pas utilisées mais elles existent !
je veux dire par là que s'il n'y a pas de véritables sanctions (l'exclusion temporaire au collège n'est pas une sanction mais le droit de ne plus venir à l'école , des vacances en quelque sorte )l'enfant continuera de braver l'autorité de l'enseignant .
reconnaissons entre nous que l'exclusion temporaire d'un perturbateur cela permet à l'enseignant de souffler !
l'exclusion définitive n'est pas une sanction non plus puisqu'elle renvoie le perturbateur à d'autres !
Rédigé par:jean-louis | le 05/06/2006 à 16:12
Très intéressant article.
Je trouve remarquable que des profs choisissent d'être en ZEP (on sait que beaucoup y sont envoyés d'office alors ceux qui choisissent d'y rester ou qui se lancent dans la profession pour aider les plus en difficulté, chapeau!)
Quelque part, je trouve qu'on devrait reconnaitre ce genre de motivation quand on sélectionne les profs parce que pour l'instant je n'ai pas trop l'impression que c'est le cas.Qu'en pense la soeur de votre amie?
Une question pour Alex, Titine, Chris, et Sada Fofana: est-ce qu'on pratique l'exclusion "internée" dans votre collège, c'est-à-dire que l'élève exclu doit venir au collège mais il reste dans la salle des pions (par exemple) tout seul à une table pendant les cours et pour la cantine (mais il a droit aux récréations)? Parce que c'est vrai, être exclu trois jours, c'est plutôt un titre de gloire quand ça veut dire se lever quand on veut et passer la journée à la PS2.
Un truc que j'ai vu au Québec qui me fait rire (en quelque sorte - c'est très efficace donc je ne devrais pas...): lorsque l'élève est menacé d'expulsion (3 jours), on appelle les parents, et on leur donne le choix, soit le conseil de discipline, soit une ultime 2e chance à leur enfant, c'est-à-dire qu'un des parents doit passer la journée avec l'enfant afin de montrer qu'ils s'impliquent et qu'ils soient témoins des efforts ou non-efforts de leur enfant. Officieusement, les ados ont tellement la honte à l'idée d'avoir leur mère assise à côté d'eux que c'est préventif. En plus ça diminue beaucoup les recours des parents. Qu'en pensez-vous?
Rédigé par:LIAS81 | le 23/06/2006 à 17:17
@ lias 81: je suis profe beure , dans un collège ambition réussite .Ne soit pas trop naïf : tous les collègues qui demandent un poste en ZEP ne le font pas par grandeur d'âme ou par amour de leur prochain (défavorisé de préférence...) : une prime ZEP et la seule solution pour obtenir un poste intra - muros . Ok ,accessoirement c'est des bahuts où les gosses sont en telle friche affective qu'ils sont sensibles à l'attention qu'on peut leur porter, quand le courant passe bien c'est le top . Non lias tout ceux qui sont en ZEP sur leur demande ne sont pas forcément des disciples de l'abbé Pierre...
En ce qui concerne l'exclusion internée elle se pratique dans des cas de mesure conservatoire (l'élève est en attente de son conseil de discipline ) ou lors d'exclusions de plus de 3 jours ,s'organise alors un ACCOMPAGNEMENT non pas par les "pions" mais par les ASSISTANTS d'EDUCATION qui veillent à ce que l'élève ne prenne pas trop de retard.
Quand à la pratique que tu évoque en fin de post je la trouve perso extrèmement choquante et totalement antipédagogique !
Rédigé par:profesvt | le 23/10/2007 à 20:01
Je suis TZR en technologie et je viens de commencer un remplacement en zep. J'enseigne depuis 10 ans, mais pour mon premier jour dans cet établissement en zep, je viens de me prendre une grande claque (au sens figuré bien sûr, car je fais quand même 95kg, ils n'auraient pas intérêt...). Ton témoignage m'aide beaucoup, c'est exactement de la même manière que je ressens les choses, mais tu l'exprimes si bien que cela me réconforte !
Rédigé par:Cricky | le 08/11/2007 à 17:33
Ravie de t'avoir été utile cricky,
bon courage pour la suite ! ps : il y a plein de blog sympas de collègues plus ou moins à la dérive . Ca aide à relativiser les évènements du quotidien...
(aucollege.over-blog.com)
Rédigé par:profesvt | le 12/11/2007 à 21:33