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« Quand les banlieues brûlent »… ou briser le déni

Livre_banlieues_1 Six mois après les émeutes de novembre 2005, alors que les familles des trois jeunes électrocutés à Clichy-sous-Bois, le 27 octobre, veulent que l'Etat reconnaisse sa faute (AFP - 27 avril), un livre, « Quand les banlieues brûlent », vient de paraître dans lequel une équipe de sociologues, dirigée par Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou, revient sur les circonstances de la mort de Zyed et Bouna et sur l’enquête judiciaire en cours. A travers des entretiens sur le terrain et des références à l’histoire de la France républicaine, les chercheurs tentent également d’expliquer les origines de ce soulèvement dans les banlieues. Particularité : l’équipe est en grande partie composée de sociologues eux-mêmes issus des quartiers dont ils parlent.

Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou ont bien voulu nous accorder une interview.

Comment pallier au sentiment d’humiliation éprouvé par les banlieusards ?

D’abord et avant tout en reconnaissant que les habitants des quartiers populaires éprouvent des humiliations. Concernant les jeunes, il s’agit même d’une quadruple humiliation : à l’égard de l’école, dans les relations conflictuelles avec la police, dans les difficultés d’accès à l’emploi et dans leur exclusion aussi bien politique que symbolique. Soit on ne veut pas soit  on ne peut pas les entendre et les voir. Tant que les réalités concrètes de vie des habitants de ces quartiers seront niées, rien de sérieux et de probant ne pourra être envisagé.

Selon vous, la culture policière de la France est répressive et inadaptée pour les banlieues. La police de proximité n’a pas été un succès. Quel modèle policier peut-on envisager concrètement ?

On peut envisager ce qui existe dans la plupart des autres pays européens, hormis la France, à savoir une « police de communauté » c’est-à-dire une police insérée dans une communauté de vie (un village, une cité, un quartier, etc.). Son rôle serait de garantir la tranquillité ordinaire des habitants, par des moyens de prévention, de dissuasion et de répression si nécessaire. Aujourd’hui, force est de reconnaître que la police est davantage devenue un problème qu’une solution, dans les quartiers, à cause de ses modes d’intervention comme de sa culture professionnelle.

Vous remarquez que les mères et les grands frères des jeunes de banlieues s’expriment et sont présents davantage que les pères. Comment expliquer ce retrait du père ?   

Les « pères immigrés » sont en effet très silencieux. Dans les quartiers ce sont ceux qu’on voit le moins, comme s’ils se tenaient à l’écart, un peu honteux. Ce mutisme et cette amertume sont dus à leurs pénibles conditions d’arrivée en France, leur parcours professionnel au bas de l’échelle sociale, leurs échecs lorsque la crise et le chômage les ont frappés, leur tristesse face à l’avenir très incertain de leurs enfants, le mépris dans lequel ils ont été tenus, leurs déceptions face aux promesses non réalisées, dans un pays qu'ils ont choisi pour vivre.

En quoi les médiateurs de quartier et éducateurs participent-ils à l’action sociale ? Qu’en pensent les personnes que avez interrogées ?

Il y a un fort besoin de médiateurs, éducateurs, travailleurs sociaux et plus largement de partenaires qui travaillent dans les quartiers. Leur rôle est fondamental mais il n’est pas valorisé. D’autre part, ils se retrouvent trop souvent isolés et manquent de moyens. S’ils ne parviennent pas toujours à améliorer la situation, ils font au moins en sorte qu’elle ne se dégrade pas ou pas trop vite. Depuis ces dernières années, notre société et ses dirigeants n’ont pas fait le choix du travail éducatif et social. Ils ont plutôt opté pour des politiques de sécurité ou des actions de maintien de l’ordre public toujours plus dures.

D’après vous, de quelle manière les médias doivent-ils intervenir ?

Les médias doivent en principe relater les faits, les mettre en perspective et leur donner du sens. Mais, concernant les quartiers, la plupart font très mal leur travail. D’abord parce qu’ils méconnaissent grandement la situation, l’histoire, les faits. Ensuite parce que leur culture professionnelle les incite à ne travailler que sur l’extraordinaire et le spectaculaire ; d’où leur attirance pour les « faits violents ». Enfin parce qu’ils ont tendance à suivre les opinions dominantes. Jamais les médias n’ont été aussi nombreux mais jamais leurs discours et représentations n’ont été aussi semblables et consensuels.

Peut-on encore compter sur les dirigeants politiques pour faire changer la condition sociale des quartiers défavorisés ?

Il faut le croire. C’est bien sûr aux politiques d’agir pour qu’une partie de nos concitoyens ne soient pas marginalisés. Ce sont eux qui incarnent le collectif et sont le garant du « vivre ensemble ». Mais de quelle politique parle-t-on ? Aujourd’hui, au plan national, la politique menée en direction des « zones urbaines sensibles » est incapable d’enrayer la ghettoïsation, les discriminations et la stigmatisation. Elle est trop souvent dominée par l’objectif du maintien de l’ordre, même si cet ordre est inique et masque de profondes injustices. C’est d’une autre politique dont on manque : celle qui refuserait d’entériner cette ghettoïsation et ces discriminations et qui cesserait de croire que l’on répond à des problèmes sociaux par des moyens surtout policiers.

Propos recueillis par Nadia Boudaoud

*Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou, « Quand les banlieues brûlent », éditions de La Découverte, 2006.

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Voici les sites qui parlent de « Quand les banlieues brûlent »… ou briser le déni:

Commentaires

Good Job! J'aime assez la manière dont sont posées les questions. Je ne sais pas si c'est possible mais cela pourrait valoir le coup d'approfondir un ou plusieurs des thèmes: pourquoi pas aller interroger des politiques de droite et de gauche, des sociologues, des policiers (commissaires, inspecteurs, etc...) pour avoir leur vision (probablement contradictoire) du "modèle policier" à appliquer?

Je sais, je sais! Cela ne se fait pas en 5 minutes sur le coin d'une table.

En tout cas, bon travail et surtout bon courage (faut pas lâcher!)

sociologues,psychologues,sont devenus de v'éritables fléaux de la pensée.En marbre dur ils batissent le politiquement correct..NB...les enfants de la banlieue sont dans les écoles l'objet de tous les soins...ils sont enseignés par de nombreux professeurs ayant le coeur à gauche et qui sont favorables à toute promotion de la jeunesse immigrée et cela avec une grande conviction malgré les coups,les insultes,le vandalisme qui est souvent leur sort...Donc les enfants de la Banlieue sont les Rois à l'école...jamais ils ne truveront d"autre lieu plus à l'abri des discriminations et du racisme puisque ils y forment la majorité de l'effectif.Ils y sont entre eux.Néanmons ,à l'occasion'ils y mettent le feu..Et par leur chahut, leur comportement banlieue,ils rendent inaudible l"enseignement du professeur...Ils ruinent l'école conçue pourtant comme le premier ascenseur social

Je suis jeune actif de l'UMP, et ce blog est devenu très rapidement mon préféré.
je travaille actuellement, en collaboration avec ma fiancée Lyne et un ami Taïmyr, sur un projet qui consiste à instaurer un vrai dialogue avec les banlieues. Les thèmes rejoignent ceux du livre présenté dans cet article.
Notre but à Lyne, Taïmyr (qui habite dans les 4000 de la Courneuve) et moi est de responsabiliser enfin nos politiques pour qu'ils se bougent le popotin. Faut que ça change ! Faut que les jeunes des quartiers participent au débat démocratique et aient leur mot à dire. Cela ne va pas être facile, mais qui ne tente rien...
Pourquoi l'UMP ?
Parce que si la situation a pourri comme ça, c'est à cause de la gauche. Et je pense sincérement (même s'il a ses défauts) que le seul à avoir la volonté d'agir est Sarkozy (faut arrêter de le caricaturer).
Bref, on est au début de notre projet, mais on va avoir besoin de vous, car vous êtes les premiers concernés.
Envoyez moi vos remarques ou vos idées sur mon mail.
ça appuiera nos démarches.

franckdana@hotmail.fr

j'ai aussi un blog:
www.franck-dana.typepad.fr

Et bravo au Bondy blog et à toute initiative de ce genre.
On va bien finir par trouver des solutions !

Bel article, interview réussi puisqu'il m'a donnée envie de lire le livre. J'apprécie la pondération et en même temps le parler vrai, sans stigmatisation ni agréssivité, avec réalisme et connaissance du sujet, de ces deux sociologues. Particuliérement d'accord avec eux sur la police dans les banlieux et les travailleurs sociaux, sur les politiques aussi. Merci Nadia pour cet article, les questions sont justes et bien vues, avec la distance nécessaire ;-)

c'est une très bonne chose que ces études qui paraissent sur la vie des banlieues et sur les habitants !

un problème qui me trouble :c'est l'humiliation !

pourquoi un jeune garçon se sent il humilié !
pourquoi l'école lui fait il éprouver ce sentiment !
est que le jeune garçon issu d'une communauté où l'homme est traditionnellement perçu comme le sexe fort se sent très mal à l'aise quand il est réprimandé par une femme prof blanche et devant des filles !
ensuite rentré chez lui ,il ne voit pas une image masculine de réussite :son père est au chomage ou il ne le voit pas puisque beaucoup n'ont plus que leur mère !

est ce qu'il ne faut pas prendre des mesures spécifiques pour ces jeunes garçons dès la maternelle pour qu'ils ne développent pas ce sentiment d'humiliation plutot que de parler de police !


naturellement c'est une piste parmi d'autres !

La France est gouvernée par les sociologues. Cette interview en est une bonne illustration.

Que proposent ces immenses spécialistes comme solutions? Rien, à part la police de proximité (qui a déjà été essayée, et qu'il faudrait certes relancer) et davantage de médiateurs de terrain... c'est à dire, je suppose, de sociologues.

Je ne me souviens plus qui disait que, pour être médiateur social, la première des qualifications indispensables est... d'avoir fait des études de sociologie. Ben voyons.

Moi j'aurais plutôt dit que si on veut aider les gens, il faut avoir des compétences en économie domestique, en droit, en techniques de recherche d'emploi, une expérience des rouages de l'administration, du recrutement en entreprise, du travail dans des associations de bienfaisance, des services d'urgence des hôpitaux, de l'éducation en banlieue, de l'alphabétisation des adultes...

Non, tout cela est trop concret. Il faut avoir lu tout Bourdieu, c'est cela l'essentiel.

Et surtout, faire assaut de bons sentiments: pour mettre fin à l'humiliation, il faut reconnaître que les gens sont humiliés. Comme si cela n'avait pas été fait depuis longtemps. Comme si cela avait changé grand'chose. Comme si l'alpha et l'oméga était de faire des journées de commémoration de ceci, de repentance de cela, de fierté de mon cul.

En aucun cas de créer les conditions de la création d'emploi, de la création d'entreprises, de faciliter l'autonomie des gens et de les encourager à prendre en mains leur destin, au lieu de le confier sans cesse à d'innombrables armées de "spécialistes", médiateurs, animateurs, facilitateurs, secouristes sociaux, associations, bouffeurs de subventions et artisans de leur propre perpétuation.

Tous ces gens sont certes nécessaires dans une certaine mesure. Il faut bien des pompiers pour éteindre les feux.

Mais s'obnubiler sur les "associations" et les "médiateurs", c'est plonger les gens dans l'assistanat dont on ne ressort jamais, comme on le voit dans les innombrables témoignages du Bondy Blog (du temps où le Bondy Blog avait une réelle lucidité, donnait la parole à tout le monde et ne sombrait pas dans le politiquement correct de tous les médias français), témoignages effrayants d'enfants -- déjà -- ayant pleinement intégré cette mentalité de mendiants consistant à geindre sans cesse qu'on ne nous "donne" rien, que telle initiative n'a d'intérêt que si ça nous rapporte "de la thune", qu'on ne nous donne pas de "lieux", de "terrains de sport", de "locaux pour nous réunir" (quitte à saccager ces équipements sitôt qu'ils ont été "donnés"), etc.

Cette mentalité qui consiste à 1) réclamer des voyages gratuits en train, 2) à saccager les dits trains et terroriser leurs passagers sitôt que les autorités, n'écoutant que les braves sociologues, ont cédé à ces légitimes revendications et offert les dits voyages.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir le lien entre le don réclamé et obtenu sans contrepartie, le mépris qui en résulte, et le saccage qui s'ensuit.

Et bien sûr, nos gentils sociologues nous préviennent: surtout pas de maintien de l'ordre, c'est injuste, ce n'est pas la solution.

Continuons comme ça, et cela assurera l'emploi à vie de nombreux sociologues, qui auront tout le loisir d'enfiler les mêmes poncifs à longueur d'interviews, de thèses, de livres...

C'est curieux comme dans les pays où l'on n'a ni honte de faciliter la vie aux entreprises ni honte de maintenir l'ordre quand c'est nécessaire -- je pense bien entendu à l'Angleterre et aux Etats-Unis -- les personnes issues de l'immigration, y compris les Français du ghetto expatriés, trouvent beaucoup plus facilement leur place et ont le sentiment, enfin, de respirer... sans sociologues sur le dos pour leur dire comment faire...

Ca aussi, c'est dans les archives du Bondy Blog, il suffit de les relire...

===>Robert Marchenoir + Vieux Blogueurs de BONDY BLOG.
Merci pour ce diagnostic plein de bon sens et sans complaisance de l'état de la France. En bref et dans votre ordre, Robert Marchenoir.
1)Les sociologues "gouvernent la France". Non. C'est les hommes politiques, nos élus, qui nous gouvernent. Et sur la base de sondages bidons faits par téléphone sur un millier de nos concitoyens : audimat, popularité, Star Ac, Loft, Télé-Réalité Omo lave plus blanc, et autres amuse-gogos.. Sondages payés par MM. les détenteurs de capitaux, etc... Simple jeu de miroirs.
2)On s'occupe des "gens humiliés (...) comme si ça n'avait pas été fait depuis longtemps," écrivez-vous. Voyons ! les "zones sensibles", "sans droit", les "banlieues défavorisées", les "ghettos",les "zones d'éducation prioritaires", les "cités", les "zones franches", la "discrimination positive", et, ça c'est le bouquet pour employer le mot de MM. Mitterrand et Chirac, "l'exclusion"... Cette foultitude d'euphémismes ridicules c'est-y une preuve qu'on s'occupe de ces "choses-là" ?
Et, en premier lieu, de l'essentiel : le racisme ?
3) "Création d'emploi", dites-vous. Et les subventions, détaxations, empochées par des multinationales ? Qui piquent le fric, délocalisent et vont créer des emplois dans des pays où les travailleurs sont payés avec un bol de riz ? Et sans Sécu... Pour ne rien dire des stock-options et autres douceurs que les Amériains appellent gentiment "sweetheart deals" (Cf. le livre du neveu de l'ex-président, Robert F. Kennedy Jr., sur le copinage sous George W. Bush "Crimes Against Nature")
4) "Assistanat" pour les jeunes : j'en veux, donc j'y ai droit. Tout-à-fait d'accord avec vous. Problème : quelle est la génération qui a permis à ces jeunes d'avoir tous les gadgets inutiles -exemple : téléphone portable photographiant à Porcheville l'agression contre un prof ? Ou ailleurs, les tournantes... Avec, volupté suprême, possibilité de diffuser la chose pour les petits copains du coin ? Qui fait preuve d'incivisme sur les routes de France, ou simplement aux feux : "orange mûre" ou "rouge" ? Ou travail noir... Votre, notre, génération. Les jeunes sont des jeunes cons : ils brûlent même des bagnoles et des écoles... Mais qui a éduqué ces jeunes ? Qui gouverne ? Et qui élit les gouvernants ? Les vieux cons au pouvoir - et ceux qui les ont élus...
7) Qui dit qu'il ne faut pas de maintien de l'ordre ? Les media qui ne parlent que de meurtres, de pédophiles, d'incendies de bagnoles ? Et qui sont les patrons de ces média couchés comme des chiens devant les pouvoirs en place ? La droite qui répand la peur depuis Mai 68 ? Ou la gauche qui n'ose pas faire face à ce que le président Chirac appelle fort justement "les zones d'ombre" qui ternissant la gloire de notre pays ?
Quant à la Grande-Bretagne (que vous citez en exemple), à sa misère cachée, à ses statistiques truquées comme à son déploiement de la précarité, un livre vient de sortir qui démasque les impostures du gouvernement : Philippe Auclair : "Le Royaume Enchanté de Tony Blair" (Fayard). Excellent pour comprendre comment on baisse le prix de la force de travail tout en se glorifiant de favoriser l'initiative : plus que tu bosses dans la flexibilité plus que les entrepreneurs investissent chez nous : le pied ! Conclusion du livre : la Grande-Bretagne c'est l'URSS de Staline, même si Trafalgar Square n'est pas la Place Rouge... Avec une nuance positive : grâce au communautarisme (honni chez nous), le racisme est efficacement combattu. Leur Front National a gagné quelques sièges aux récentes élections municipales, mais on est loin de notre glorieux pourcentage tricolore...
Selon votre recommandation, consultons nos précieuses archives du BONDY BLOG. Et vive les Suisses de l'HEBDO !

Expliquer les choses par le racisme uniquement ne me parait pas juste, et dans le combat quotidien, ne permet pas les différents opprimés (ou discriminés) de se rejoindre.
En effet, je crois que la discrimination première est celle d'une caste qui veut garder et transmettre(pour un grande partie inconsciemment) ses privilèges (statistiquement, il est prouvé qu'elle réussit puisque la réussite aux études (qui est devenu le grand critère) est fonction de l'origine des parents) (même parfois en se déclarant anti-racistes).

Elle lance donc les uns contre les autres les opprimés (je me fais agresser par exemple par les jeunes "maghrébins" de mon quartier parce que je suis vieille, grosse, pauvre et "blanche"). En cela ils font le boulot de la caste que j'ai trahi (ma mère,fonctionnaire, désespérant de mon cas, (pas d'HEC ni d'Agrégation) m'a supplié finalement d'entrer dans les PTT (en bas de la caste). (dans les manifs de gauche, je me fais regarder de travers par les "jolies fonctionnaires bien maigres" et bien propre sur elle.
En fait, je suis une vieille soixantuitarde qui a refusé de "collaborer" pendant longtemps et qui est tombée dans la pauvreté (impossible d'en sortir en restant honnête!).
Les racismes s'effacent devant l'appartenance à la caste (une fois que vous êtes entré dedans, vous pouvez être assez tranquille : ex : les profs, les Postes, les fonctionnaires en général).
Mais voilà, pour y entrer il faut passer par le moule, savoir y entrer ("culture" -souvent un verni toujours le même, il y a même des manuels pour passer les tests de culture ! Un vocabulaire "suffisemment" raffiné (savoir jouer au scrabble, au Monopoly ...)
Etudiez les fonctionnaires autour de vous, singez les, flattez les (ils ont souvent des réseaux politiques et syndicaux), et peut-être vous donneront-ils leurs tuyaux
(comme la meilleure boite pour préparer tel ou tel concours...)(ou comme ce qu'il est de "bon ton" de lire (le nouvel obs - ou le Figaro - Le Monde, le Monde de l'Education- La Recherche...)
- et cultiver un look discrètement cossus, mais pas trop voyant.
cette caste voulant garder ses privilèges, il est normal que les signes d'appartenance "visibles" à la caste des pauvres soient handicapants. (mais d'autres signes, je peux en témoigner, le sont aussi : des dents qui manquent, l'obésité...).
Mais bien sûr, à l'intérieur de cette caste, il y a des sous-catégories : ex : une bande de profs qui snobaient une jeune collègue est venue s'excuser quand elle a appris que malgré son jeune age, elle avait l'agrégation !
Bref, si vos parents sont pauvres, même si vous échappez au racisme vous avez aussi l'effet de caste.

Franck, ce que vous faites c'est de la propagande militante politicienne qui n'apporte rien au débat. Remplacez UMP par PS, et "de la gauche" par "des libéraux/capitalistes", et vous trouverez que votre commentaire pue la propagande gauchiste.


Robert, une petite précision sur l'Angleterre et les USA qui intègrent si bien leurs immigrés :
- aux USA, les noirs sont toujours assez largement exclus alors que cette population est très ancienne dans ce pays, et que l'esclavage a été aboli dans les années 1860.
- en Angleterre, la population immigrée est tellement bien intégrée que de jeunes anglais se font sauter dans le métro londonien, de leur propre initiative selon les dernières avancées de l'enquête sur le sujet.
Allez vivre là bas si vous voulez. Pour ma part j’ai passé 3 mois aux USA (dans le midwest, pas à New York ni à San Francisco où tous les fans d’Amérique vont passer leurs vacances), et je peux vous dire que là-bas la notion de ghetto n’est pas une métaphore.

De plus, votre article est un ramassis d'amalgames et de lieux communs sur les travailleurs sociaux et les jeunes banlieusards.
- Vous prenez des faits divers (qui par essence ne concernent que des individus précis) desquels vous déduisez une loi commune à toute une population (cf l'allusion au saccage du TER Nice-Marseille, cf aussi l’impression que vous donnez que les équipements sportifs et autres dans les banlieues ont déjà tous brûlé)
- Vous partez de postulats non corroborés, alors qu’un simple coup d'oeil sur les faits vous montrerait le contraire : 1) "La France est gouvernée par les sociologues", ah bon ? Il sont vraiment si puissants ? 2) Selon vous, ceux qui demandent les équipements sont les mêmes que ceux qui les saccagent, ce qui n’est pas le cas. « Les jeunes de banlieues » sont une somme d’individus aux comportements aussi hétérogènes que « les vieux bourgeois »…
- Votre article est bourré d'à peu près desquels vous tirez des vérités scientifiques : 1) « Je ne me souviens plus de qui disait... » donc çà doit être quelqu’un de sage ; 2) « comme si cela n’avait pas été fait depuis longtemps » ah bon ? la journée contre l’esclavage est aussi vieille que çà ? ; 3) « d’innombrables armées de spécialistes » çà fait beaucoup, non ? « plonger les gens dans l’assistanat dont on ne ressort jamais » mon Dieu, ces gens sont des criminels !
- Vous faites du délit d’intention : « artisans de leur propre perpétuation »… etc etc

Je vais pas développer plus pour pas saouler tout le monde (y'a tellement à dire), car chacun aura compris que votre commentaire n'a qu'un intérêt très limité.

C’est dommage, parce que je vous suis en partie sur un point. Les jeunes de banlieue qui « réclament » se trompent quand ils pensent qu’on viendra les chercher.
La plupart des gens sont d’un naturel paresseux. C’est vrai qu’il y a des injustices, mais franchement, les types qui vivent à Neuilly, ils s’en tapent, ils préfèrent largement passer leur après-midi à Roland Garos avec les leurs qu’à aller voir ce qui se passe dans les quartiers.
Evidemment, on peut toujours brûler et saccager pour attirer leur attention, mais dans ce cas là ils vont préférer envoyer les CRS et instaurer le couvre feu, plutôt que de se prendre la tête à réfléchir à une nouvelle répartition des richesses (qui leur serait en plus défavorable !)
L’autre façon de s’en sortir, c’est de faire une force avec ce qu’on perçoit comme une faiblesse. C’est pas évident, c’est vrai. Mais franchement, venir d’une banlieue chaude, d’un milieu difficile, comme on dit par chez moi « çà fait la bite », par rapport aux rallyes des Versaillais qui vivent toute l’année dans le même cocon. « Tout ce qui ne te détruit pas te rend plus fort » disait Nietzsche. C’est vrai. Dans les boîtes, il y a deux types de jeunes qui sont impossibles : les éternels révoltés, et les enfants gâtés de la haute. Y’a pas le temps pour les caprices des uns et des autres, faut avancer.

Le but du jeu, c’est de prendre la place des nantis. La meilleure façon de leur prendre leur place, c’est d’être meilleurs qu’eux. C’est largement possible, mais c’est vrai que çà demande une vraie motivation, parce qu’ils sont mis pas mal de barrière qu’il faudra franchir. Seulement, à chaque fois qu’on franchit une barrière, on devient plus fort que l’autre en face à qui quelqu’un l’a ouverte.

===> Vieilledame
Bien sûr que le racisme n'explique pas tout. Simplement, il est la cause principale des émeutes de Novembre-Décembre. Et donc des bagnoles brulées. Et donc de la création de notre BONDY BLOG, grâce à l'assistance de nos amis suisses...
Quant au racisme, ni la droite ni la gauche n'en ont l'exclusivité. Il est dû à l'histoire de notre France, ce "vieux pays" (dixit de Gaulle), Fille Aînée de l'Eglise Catholique (merci, Monsieur Louis XIII), peuplé des descendants de "nos ancêtres les Gaulois" (merci Madame l'Ecole Laïque & Républicaine), avec son vaste Empire civilisateur (merci Messieurs Jules Ferry, Savorgan de B., Lyautey... Thierry d'Argenlieu, et quelques autres). Et pour ce qui est de l'école égalitaire avec concours anonymes, on doit dire merci à Monsieur Napoléon I, créateur de nos glorieuses Grandes Ecoles. Et des aBrégés de l'Université... Et, après lui, on a eu du cacao bon marché grâce aux tirailleurs sénégalais qui s'élançaient contre l'ennemi prusssien, puis boche, en criant "Y'a bon Banania !". Et j'allais oublier le Zouave du Pont de l'Alma (Paris, 7e & 8e arrondissements).
En somme, l'histoire de notre pays. Où la caste dirigeante, qui a renoncé à ses privilèges pendant le nuit du 4 août 1789, a cédé la place à une autre classe qui est pour l'égalité - sauf dans le domaine du phryck et du croc à phynances. Qui a dit : "Français, enrichissez-vous", il y a déjà un siècle et demi ? Et à l'époque, il n'y avait pas encore de "multinationales" ni de stock-options. Et les yaourts Danonne n'avaient pas encore acheté une laiterie dernier cri dans l'Arizona. Ou le Colorado.
Avec mes hommages, Madame.

briardounet

une petite incise

Daniel Picouly,le célèbre auteur a estimé injuste et contre-productif la stigmatisation du tirailleur sénégalais Y'a bon Banania

pour lui ,au contraire ,c'était une manifestation de la présence de l'armée d'Afrique en métropole !ce tirailleur symbolisait les troupes qui ont défendu au coté des français de souche
et grace à lui ,les enfants français ,tous les matins en buvant leur petit déjeuner avaient cette image sympathique !

certains y ont vu une image raciste alors qu'elle montrait la contribution de l'Afrique à notre liberté et à notre confort !

je trouve que Daniel Picouly n'a pas tort !

Coimme les temps changent!Aujourdhui c'est"Dupontlecon'" qui porte le grand sourire de Banania.

===> Franck
Bienvenue sur notre BONDY BLOG à un militant de droite qui avance A VISAGE DECOUVERT. Dialogons donc.
Pour l'essentiel, Fanch a dit ce que je pense de votre intervention. J'ajouterai un petit point, à visage découvert, donc en tant qu'homme de gauche. Quoique j'aie voté pour Chirac il y a 5 ans. Et sans regrets...
Sarkozy, dites-vous, "a la volonté"... Ca veut dire quoi, ça ? Hitler aussi avait la volonté... Sans compter Mitterrand, Fabius, de Villepin ou Chirac... Ou Louis XIV -qui a laissé le royaume dans l'état que vous savez. Et les meilleures intentions de Sarkozy (ou Louis XIV) peuvent aussi conduire en enfer. Satan est toujours actif... Et lorsqu'il y a de l'ambition, je vous dirais, en bon Normand : "Méfie-tè". Qui vous permet de juger un homme sur ses "intentions" ? Jeanne d'Arc a été condamnée comme sorcière = procès d'intention. Par contre, ce n'est pas elle qui a traité les fils d'immigrés de "racaille" à nettoyer au Karcher. Pour les débronzer, peut-être. Ni qui a envoyé les flics pour contrôler et recontrôler les jeunes des banlieues.
Ceci dit, mes ancêtres étant gaulois, causons, entre fils de Gaulois... Ca vaut mieux que la guerre civile. Et les conneries de nos (IR)responsables politiques droite & gauche confondues... Ni Dieu, ni Maître, donc
Salut et Fraternité


toutes les questions posées et toutes les réponses faites sous-tendent une chose : les banlieues sont,elles, responsables de rien. nada .

les problemes des banlieues seraient donc dues en à :
-l'indaptation des flics,
- le manque d'implication des politiques,
-le trop faible nombre d'animateurs de quartiers,
- des medias trop attirés par le sensationnel,
- l'ecole qui humilie,
- des français qui sont racistes .

c'est justement de cette approche geignarde qui reporte indefiniment la faute sur les tous les autres, dont les français dans leur immense majorité ne partagent plus.

Je trouve navrant que la seule tentative de la blogueuse pour evoquer aussi la part de responsabilité des pères soit aussitot renvoyée aux oubliettes par des justifications et des recriminations à n'en plus finir ."

CESSONS LE DENI

c'est exactement à ces sociologues et autres disciples de Bourdieu que les gens ne font plus confiance apres toutes ces années d'echecs soixante huitards.

c'est pour cela que le sondage d'hier paru dans le figaro indique qu'
"Un fort consensus existe donc dans l'opinion en faveur des dispositions clés du projet de loi Sarkozy, qui sont soumises à l'opinion des personnes interrogées. Ainsi, quelque 76% des sondés jugent «tout à fait justifié» ou «plutôt justifié» l'obligation de suivre une formation civique et un apprentissage du français pour obtenir une carte de résident, et seuls 20% d'entre eux sont d'un sentiment contraire. Ce degré d'adhésion à la réforme est à peine moins élevé chez les sympathisants de gauche (76%) que de droite (81%) et se constate tant chez les chefs d'entreprise (71%) que chez les ouvriers (75%). De même, l'obligation, pour un étranger qui souhaite bénéficier d'un regroupement familial, de subvenir aux besoins des siens par les revenus de son travail est plébiscitée par 73% des Français, contre 22% d'un avis opposé. Le soutien à cette disposition est presque aussi élevé à gauche (71%) qu'à droite (80%).
"

Ah,j'oubliais! à coté du sociologue,du psychologue,du psychanaliste,il y a aussi "le préparateur mental"" qui accompagne la vie de nos champions..Pourquoi donc aujourdhui tant de gens renoncent à penser,à agir et à vivre par eux memes..?Sur ce blog,je ne crois pas entendre de vrais gens mais la voix obtuse des idéologies..
Au fait,il ya des figures qui manquent au pannel du Bondy-blog...J'aimerai rencontrer un vrai dealer,une victime d'incivilité,un iman ou un curé de combat;;;par exemple

Jeune francais issue de l'immigration.

Je ne comprends pas trop comment vous pouvez expliquer les émeutes et le malaise des banlieues seulement par le racisme?
J'ai vécu 3 ans à St denis et je peux vous dire que quand vous venez du sud de la France vous êtes choqués.
Il est vrai que de réels problèmes existent mais moi je me dis que si les choses doivent changer, nous devons nous aussi changer! Oui c'est vrai à Saint denis, il n'y a que des noirs et arabes et nous nous retrouvons ensemble dans cette ville sale, sans emplois et avec des écoles et universités au rabais. Mais j'ai pu constater que les gens se plaignaient sans cesse et sans jamais proposer des idées pour améliorer les choses. Je m'excuse de parler froidement mais j'ai été victime d'humiliation par ces jeunes de banlieues ( je ne préciserai pas qu'ils sont noirs et arabe!).
Au fait, maintenant le fait de dire noir ou arabe on passe pour un facho, alors la aussi il y a un problème de communication.
Mon idée est toute simple : avant de crier au racisme à toutes les portes, nous devons absolument faire du ménage dans nos banlieues. Les crachats, les poubelles qui trainent, les tags, les papiers jettés au sol, les nuisances sonores et surtout cette agressivité dans le langage. Je me suis toujours demandée pourquoi saint denis était si difficile à vivre et pourquoi nous n'étions pas capable de garder un environnement propre. Sommes nous plus sales ques les autres francais? Sommmes nous moins polis que les autres francais? Sommes plus incultes que les autres francais? Sommes nous plus réticents au respect de la loi que les autres francais? Tous cela pour dire, que nous devons absolument changer nos manies quotidiennes pour apprécier notre environnement dans lequel on vit.
Il ne faut pas croire que je sois une de ces "vendus" comme on dit si bien dans les banlieues, mais je veux qu'avant d'aller nous plaindre de notre sort, nous soyons irréprochables.
Pourquoi les professeurs ont du mal à se faire respecter,il faut absolument réhabiliter l'autorité des parents. Je ne suis pas entrain de dire que les parents sont fautils, nous devons les aider pour qu'a leur tour ils aident leurs enfants, et pour cela ils doivent comprendre que sans eux nous ne ferons rien.
Mes propos sont confus, mais je ne veux pas que le racisme explique tous nos maux.
Réagissons sur notre sort.
Saint denis est sinonyme de laisser aller de la part de tout le monde.

Pardon Fanch pour cette remarque déplacée sur la gauche. Ce n'est pas comme cela qu'on lance un vrai débat. Surtout que chez nous il y en a qui feraient mieux de se cacher aussi...
Bref, je promets de débattre sur ce blog d'une façon plus respectueuse, car c'est dans le respect que les choses avanceront.
Briardounet, le message est passé aussi, mais je maintiens sur ce que j'ai dit sur Sarko, surtout au niveau de la façon dont il est caricaturé.

Mais le plus important n'est pas là.

Ma préoccupation et mon ambition est de pouvoir installer un vrai débat démocratique.

J'en ai marre que les jeunes de l'ouest ne comprennent rien au jeunes de l'est et vice versa.
(pardon pour le cliché)

La police (pas toujours joli joli dans les quartiers c'est vrai), l'école, la politique, le travail, la religion... il est temps d'échanger sur tout celà et faire sauter les incompris.
Et les tabous.


Le but est d'instaurer enfin une citoyenneté.

Pour réussir dans un pays, il faut le comprendre, l'aimer.
Et il est normal que beaucoup de jeunes en difficultés n'aiment pas ce pays qui collectionne les faux pas à leur encontre.
(c'est le moins qu'on puisse dire)

Alors le dialogue doit s'ouvrir.

Et ce trait d'union ne va pas être facile à mettre en place.

===> Franck
Merci...

dans ce fatras de commentaires deux pseudos(des gens du coin )avaient quelque chose de reel
triste constat

En ce qui concerne la saleté (j'habite dans un immeuble "social") j'y ai beaucoup réfléchi.
Déjà, il faudrait savoir si le personnel d'entretien et ses heures au m2 est le même que dans les quartiers chics (voir les concierges qui sont toujours dans l'escalier à briquer...)-et dans l'hypothèse (folle) où cela serait égal, il faudrait encore tenir compte de la proportion d'enfants...(qui sont naturellement plus salissants).
Par exemple, dans mon immeuble (très mixte : "maghrébins, gitans, métis, grosse dame trop française...) il parait que le propriétaire ne veut plus entendre parler de l'immeuble (dixite l'agence : j'ai rétorqué : est-ce qu'il ne veut plus entendre parler des loyers ? (hihihi). Ainsi il justifie son absence d'entretien de l'immeuble. Il s'en fout, la CAF lui verse directement une grande partie des loyers !
Ceci dit, je suis d'accord pour demander un effort, mais si celui-ci est lié à un peu d'espoir. (je sais que quand je déprime, j'ai du mal à faire le ménage !).
Bon, je vais peut-être arrêter de venir vous déranger ! je n'ai rien à voir avec Bondy. (Mais ma ville : Lodève, est un peu comme une banlieue, mais au centre (avec des pauvres de toutes origines) (les riches habitent dans des villas alentour ou dans la grande ville proche : Montpellier).

les hlms au début étaient propres ... quand on n'est pas capable d'elever sa marmaille en lui apprenant le respect de ce que les autres ont construit .. ça devient forcément un ghetto ... dans ce cas là , faut retenir plusieurs choses :

1. quand on est un salingue, ca risque de durer
2. quand on compte sur la caf pour elever ses momes, faut pas en faire 12
3. quand tu fais un rodeo en voiture volée, tu risques un pépin
4. baiser et pratiquer la "tournante" sont 2 choses sans rapport
5. quand on chasse a 15 contre 1, on n'est pas un homme , on est une hyène
6. si tu respecte pas la France , barre toi ! on te regrettera pas

non "vieille dame"
ds "gens du coin" il fallait comprendre "personne vivant ds ce genre d'endroit"

On disait autrefois,au début des aventures et mésaventures des européens en Afrique,:"Dieu a fait le Noir,Dieu a fait le Blanc,le Portugais a fait le métis ".Eh bien, le colonisateur français n'était pas en retard sur la chose..Il en a eu des métis et encore des métis!! Il est remarquable de pouvoir dire qu'il ne les abandonnait et parfois meme il épousait la mère...à défaut il laissait un petit héritage ou une terre à sa descendance métisse....Si j'en crois mes yeux,de nos jours et en terre parisienne,la fabrication de métis va bon train aussi..Il est faux de désigner sans cesse le Français comme un odieux raciste...Meme le membre du front national ne reproche pas à tel ou untel d'appartenir à une race particulière,ce qu'il reproche c'est le Comportement,le déni des lois,le faible interet économique... Ne créez pas de toutes piéces un sentiment de culpabilité raciste chez le français bon genre...Il finirait par le croire et à se comporter comme tel...Ne détournez pas les hommes de bonne volonté

Consigne de sécurité, suite

Dans le hall, quand j’ai su qu’on ne voulait pas me laisser rentrer, j’ai rougi de colère, preuve de mon agressivité et de mon manque de réserve, preuve qu’il fallait me contrôler comme un individu dangereux : six hommes sont arrivés en renfort du vigile.
Au lieu de sortir, preuve de la violence extrême du moindre de mes actes, je me suis assis.
Sept hommes ce n’était pas assez, on parlait d’appeler la police.
J’en pouvais plus, j’étouffais, ma chemise râpée décathlon, un type grand qui venait de passer, mur, vieux, style haut fonctionnaire et sa bourgeoise cossu, tranquillement vraiment avec la révérence du vigile et le pas feutré, adapté aux services feutrés d’une administration feutrée, je n’en pouvais plus, je ne pouvais plus bouger, je n’étais plus qu’une marmite avec le bouchon qui va décoller nul ne sait comment avec mes cheveux frisés, mes lunettes pas assez d’argent pour les changer, mon énervement typiquement coupable et mes lettres dans la main.
Un type passait et moi non, un type d’une autre nature, pas le même, autre, supérieur. Un de ceux qui venait de prendre contre moi cette décision franche, froide, réservée, polie, civilisée, mûrement pesée, motivée, non-violente, adulte.
Et ces gens dont la neutralité me provoquait à recommencer de parler fort, trop fort, typiquement méditerranéenne, sous-homme, barbare, enfant :
« On ne prive pas les gens d’accéder au service public » et c’était foutu, mal dit perdu, et ça mettait encore plus en évidence mon accent du 93 et de fils d’ouvrier qui rendait ridicule encore plus mes chaussures noirs carrefour et mon pantalon délavé de je sais pas où, et c’était foutu ridicule et j’ai failli me démolir définitivement et dire une connerie définitive aux vigiles:
« Je suis border line »
Ce qui était le cas.
Et je ne l’ai pas fait. Je suis parti. Je me suis dit n’y pense plus. Ils ont raison. Tu pourras parler tant que tu voudras, dire ce que tu voudras ton accent pue l’ouvrier, le sud, l’Afrique. Tu as tort. Tu seras agressif. Tu perturberas. Ils ont droit. Tu es nerveux, tu gigotes, tu es confus, tu vas mal avec le tapis, tu vas mal avec la rue, mal avec les costumes et les salaires.
J’ai pris un café. Le principal est que la lettre que j’ai apportée au fonctionnaire, à cause de cette décision terrible contre moi, arrive. Lui arrive. Je ne sais pas comment.
Je suis un perturbateur.
J’ai eu maman au téléphone. Elle m’invitait à manger. Quand j’ai entendu le nom du plat qu’elle voulait faire j’ai pleuré.
Quand maman a raccroché, je me suis souvenu de ce qu’un des vigiles disait.
« Vous devez apprendre à respecter les règles »
Mauvaise éducation, mauvaise mère. Reste tranquille, ce type ne sait pas ce qu’il fait. Ce n’est pas de sa faute si je ne vais pas avec le tapis, après tout. D’ailleurs je ne suis pas à plaindre, il y en a qui ne mangent pas, qui n’ont pas la Sécu.
J’ai encore pleuré. Je me suis dit que cette pauvre femme, s’il elle avait respecté les règles, au lieu de me pousser à lire Zola, on en serait pas là.

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