Pas d’équivalence aux urgences…
Yolande est une jeune infirmière urgentiste à l’hôpital Jean Verdier de Bondy situé sur la nationale 3, entre Bondy nord et Bondy sud. Diplômée depuis 2001, elle n’échangerait pour rien au monde sa place avec quelqu’un. Elle a accepté de répondre aux questions du Bondy Blog et de raconter son travail au quotidien.
Pouvez-vous nous décrire une journée type aux urgences de Jean Verdier ?
Il n’y a pas de journée type aux urgences, ça peut être très calme ou complètement le contraire. Par exemple, en pédiatrie il y a un afflux souvent après la crèche.
Il n’y a pas de planning ni de programme défini à l’avance. On travaille heure par heure, 35 heures par semaine, 8h par jour et un week end sur deux. On fait une semaine de 6 jours de 8h et l’autre de 3 jours de 8h.
La différence avec le service normal c’est qu’ici c’est un service de transmission et par conséquent il faut toujours être prêt.
Y a-t-il une particularité à Jean Verdier ?
La particularité c’est qu’il y a la médecine légale, les urgences médico-judiciaires ; c'est-à-dire un service pour les personnes agressées physiquement (on est souvent face au viol ou aux simples agressions physiques) mais aussi pour les agresseurs parce que toutes personnes en garde à vue à le droit de voir un médecin.
Y a-t-il souvent des conflits au service des urgences ?
Ici on est dans un service de proximité.
Les personnes qui viennent nous voir ont attendu souvent le dernier moment car elles sont pour la plupart dans une situation de précarité. Elles préfèrent venir ici plutôy que voir un médecin généraliste, qui est payant.
Il y a souvent des conflits qui démarrent principalement à cause de l’attente.
Parfois des personnes viennent nous voir parce qu’elles ont été insultées, agréssées, d’autres fois des agresseurs reviennent « à la charge » dans la salle d’attente.
Vu qu’il y a le service de médecine légale, la police est présente. Ca peut aider comme ça peut être délicat, mais en général ça se passe plutôt bien.
Qu’est-ce qui vous motive dans ce métier ?
Ce service me plait… Je ne peux pas travailler dans un service routinier.
Ici c’est tous les jours la surprise !
J’aime ce métier parce qu’il est très intéressant, chaque jour je vois de nouvelles choses, je m’enrichis.
Si vous deviez donner quelques conseils à une personne souhaitant faire ce métier, que lui diriez-vous ?
Si on a peur de l’inconnu alors il ne faut pas travailler aux urgences.
Pour travailler dans ce service il faut le vouloir.
Les qualités requises sont évidemment la patience, il faut toujours garder son calme. Il faut aussi savoir ce que l’on fait c'est-à-dire maîtriser ses gestes.
Ici on est en première ligne, il n’y a presque pas de répit. Pour le public on doit être toujours opérationnel, on ne doit jamais manger ou presque (elle sourit), et chez soi la pression met un certain temps à redescendre mais c’est aussi ce qui fait qu’on aime ce métier.
On l’aura compris la vie aux urgences n’est pas facile, pourtant c’est aussi une expérience qui a l’air très enrichissante, alors si cela peut donner des vocations…
Par Elodie Arbey.
Photo : Hôpital Jean Verdier A P Hôpitaux de Paris

Je n'orai qu'un mot à dire: PASSIONNANT!
J'ai commencé à lire le début du blog, histoire de commencer par le commencement ;)
Mais à ce rythme j'arriverai très rapidement au mois d'Avril!
Arrivée sur ce blog après un passage au JT de France 2, je suis une ancienne étudiante de Paris 8 ayant travaillé et effectué plusieurs stages en banlieue parisienne, notamment dans le 93 (St-Denis, Epinay/Seine, Bobigny et Vilepinte), et dans un quartier de Creil (Oise, nord de Paris... terminus du RER D pour les connaisseurs!).
Je retrouve ici certaines situations connues qui sont enfin décrites conformément à la réalité.
Continuez ainsi, tous mes encouragements et mes compliments, et un merci pour leur idée aux journalistes de l'Hebdo qui ne se sont pas laissés effrayer par les stéréotypes en tout genre qui planent sur la banlieue.
Bonne continuation
Rédigé par: Alessandra | 15/04/2006 at 20:45