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Mon sauveur est devenu mon violeur

Photo_latitia Différentes violences existent, mais il y en a certaines dont on ne parle jamais « le viol », il reste encore un sujet tabou et ne laisse rien transparaître sur les victimes.

C’est le cas de Laëtitia, une jeune fille de 23 ans, née à Bondy, d’un père Franco-Allemano- Algérien, et d’une mère Française. Ses parents on divorcé alors qu’elle n’avait que 5 ans car à l’époque son père était toxicomane et alcoolique et battait fréquemment sa mère, elle dit : «j’ai grandi dans la ronde de la drogue et de la violence, avec très peu d’amour».

Suite à cette séparation, c’est le grand père maternel qui les a recueilli, tout allait bien, les cauchemars faisaient place aux rêves et sa mère avait retrouvé le sourire, jusqu’au jour où son grand père qu’elle considérait comme son sauveur l’a violé. Elle dit : «quand on a 8 ans on ne sait pas ce qui arrive, mais on se doute bien que c’est un mal». Laëtitia, a été atteinte d’une paralysie muette et elle s’est renfermée sur elle à tel point qu’elle ne faisait plus confiance aux autres, elle ne savait plus vers qui se tourner, même pas sa mère, qui était la seul personne sur qui elle pouvait compter.

En grandissant, Laëtitia est tombée dans la débauche, elle a connu la drogue, l’alcool, les mauvaises fréquentations. «Je me suis retrouvée dans la rue, je volais pour manger, je n’avais même plus de dignité, j’étais une vagabonde, j’ai fait plusieurs tentatives de  suicide, j’étais sans repère et très influençable».

Plus tard, Laëtitia a pris conscience que la rue n’était que source de problème et d’égarement. L’année dernière, elle a décidée de mettre fin à son mutisme en déposant plainte pour viol auprès de la police contre son grand père. Elle pensait que cela l’aiderait à retrouver sa dignité, mais c’est le contraire qui s’est produit. A la suite de cette plainte, son grand père qui habitait toujours Bondy s’est suicidé en se jetant par la fenêtre, sans même lui faire des excuses.

Maintenant, elle a repris confiance en elle et essaye de mener une vie de famille épanouie avec son mari et son fils qu’elle aime plus que tout. Elle dit : «j’ai découvert  que le bonheur est dans les choses simples et se dévouer pour sa famille en est la plus belle preuve».

                                                                                                               

Par Hakim Azzoug

L’intérim, un plan facile

Une pièce d’identité, un c.v. et la carte vitale : voilà les papiers à fournir pour être inscrit dans une agence d’intérim. Et après, bonjour les missions variant de quelques jours à quelques semaines.

A 25 ans, Mickael connaît le statut d’intérimaire depuis 7 ans. On est loin des 2 ans d’essai promulgués par la loi sur le CPE ! En 7 ans, ce mécanicien est donc passé par une usine Citroën, des petites entreprises de manutention et une société de serrurerie. Pour quel revenu ? Le SMIC soit 8 euros brut de l’heure pour ses missions d’un jour et 1300 euros brut pour un emploi au mois. Le jeune homme a choisi de s’inscrire dans deux agences d’intérim de Livry-Gargan et une d’Aulnay-Sous-Bois qui se chargent de lui trouver une entreprise puis de le mettre en relation directe avec le patron. « La procédure est plus facile », me lance-t-il d’un air banal. A Bondy, l’unique agence d’intérim implantée au milieu des cités nord accueille seulement des demandeurs d’emploi qui doivent être inscrits à l’ANPE depuis plus d’un an. Mickael est au chômage depuis 6 mois.

Choisir de s’adapter au système

Même s’il peut chercher du travail à l’ANPE, le jeune homme préfère se rendre à l’intérim. Selon lui, « le mieux est de poser son dossier un peu partout pour avoir plus de chance de trouver le taf qui convient ». Parmi les 9,6 % de chômeurs en France, quelques personnes font en même temps des courtes missions mais pas assez pour sortir des chiffres du chômage. Bien sûr, Mickael est loin d’être le seul à procéder de la sorte. Quand il trouve un travail par le biais de son agence d’intérim, il le signale aux Assedic. Alors que d’autres personnes ne déclarent pas leurs missions, lui me précise d’un léger sourire : « Juré, je n’en profite pas ».

Avec ses diplômes, un CAP Mécanique et un BEP Structure mécanique en poche, Mickael est un mec simple : « Je préfère mille fois le travail manuel plutôt que travailler assis derrière un  bureau ». Il a fait de l'intérim un style de vie dont il dit profiter : « j’aime changer de lieu. J’aménage mes temps de loisirs et de vacances avec moins de contraintes. Pour obtenir mes crédits, j’ai pu me débrouiller jusqu’à présent ». Mickael a trouvé un moyen de s’approprier le système. De son côté, l’intérim, synonyme de missions précaires à répétition, a su faire son nid dans le marché du travail.

Par Nadia Boudaoud

La tournée de jojo

Jojo Joël se lève le matin et passe toute la journée dans les cafés de Bondy. Comme le facteur, il fait sa tournée.

C’est un retraité, un ancien militaire et il fait ça tous les jours de la semaine. Il parait que l’alcool n’est pas une drogue mais certaines personnes en deviennent dépendantes. En France c’est tabou parce que même les moines en fabriquaient à l’époque et donc il ne faut pas toucher au patrimoine. Mais que dire de toutes les vies enlevées ou les accidentés de la route. Juste pour dire que toute chose est dangereuse si on ne la contrôle pas. Les propriétaires de bar de cafés, quand vous sentez qu’un de vos clients commence à perdre le contrôle de son corps, arrêtez de le servir.

Mieux vaut garder une vie sauve que de penser aux euros et d’avoir un mort sur la conscience.

El Houari M. Kamel

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