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Jeunes du 9-3 ou jeunes tout court : où est la différence ?

Photo_17_mars_1  « Ces jeunes balancent beaucoup de questions et sont seuls vis-à-vis des classes dirigeantes. Pour une fois, ce sont eux qui demandent  pourquoi ». Voilà ce que constate Bernard Chérèze, le directeur des programmes de France Inter.

Ces jeunes, ceux sont les 300 collégiens et lycéens du 93 qu’on a pu écouter sur les ondes de France Inter le 17 mars. Comme nous l’avions annoncé dans un précédent post, durant cette journée spéciale, toutes les émissions ont été préparées et co-animées par ces jeunes du 93. Le moment pour eux d’exprimer haut et fort leur condition de vie. « Pour une fois, ils expliquent ce qu’ils vivent », raconte Bernard Chérèze. Pour sa part, Philippe, lycéen à Clichy-Sous-Bois qui a participé à l’émission Café Bazar, se félicite : « On a pu défendre nos opinions et contredire les opinions des autres ».

Edouard Zambeaux, l’initiateur du projet, et son équipe ont eu l’idée de cette journée bien avant les émeutes de novembre 2005. « La coïncidence a fait que cette journée arrive en plein cœur de l’actualité qui concerne la jeunesse du pays et pas seulement celle du 93 », ajoute Bernard Chérèze. Les jeunes de Seine-Saint-Denis ont l’opportunité de partager leur point de vue sur la question du Contrat première embauche (CPE) et sur les émeutes de l’automne dernier ».

Parole de lycéenne

On a pu entendre sa voix au début de l’émission Café Bazar de Mathieu Vidard et sur le plateau du 13/14 en compagnie d’Alain Le Gouguec : c’est Souad avec son joli visage arrondi, ses grands yeux en amande et ses cheveux châtains longs et raides. Alors qu’elle se préparait pour le journal du 13/14, cette lycéenne de Clichy-Sous-Bois a pu m’accorder une petite conversation. « C’est la première émission dans laquelle je vais parler en direct, j’ai peur de bégayer à l’antenne », me confie-t-elle d’un air timide. « Je vais rester moi-même… ou peut-être je dirai « oui » au lieu de « ouais » ! ».

- C’est quoi ton intérêt en participant à ce projet ?

Souad : Que nous soyons entendus. Les émissions auxquelles nous participons aujourd’hui nous laissent exprimer notre vraie opinion et raconter la réalité de notre quotidien. Nos propos ne sont pas déformés.

- Tu vis dans le quartier des Bosquets à Montfermeil. A ton avis, les conditions de vie ont-elles évolué entre les émeutes d’octobre et aujourd’hui, mi-mars 2006 ?

Souad : Les gens de la cité sont plus solidaires. Ils se réunissent souvent pour parler de ce qui ne va pas. Au marché, les mères parlent davantage de leurs soucis et des problèmes de leurs enfants. Elles cherchent à faire bouger les choses. Mais de leur côté c’est encore pareil.

- De quel côté ?

Souad : De la part des autorités, de la mairie, etc. Il est temps qu’ils arrêtent de nous faire plein de promesses. Les associations ont toujours des moyens insuffisants pour agir. Je sais que les aides n’arrivent pas du jour au lendemain mais les problèmes, eux, ne datent pas d’aujourd’hui.

- Voudrais-tu quitter ton quartier plus tard ?

Souad : J’aime ma banlieue, j’aimerais que nos bâtiments soient rénovés. Comme tout le monde, j’aimerais y vivre dans la propreté. Ce que je veux, c’est montrer une autre image des cités.

Il y a encore du pain sur la planche ! Les émissions de cette journée spéciale sont toujours disponibles sur le site Internet de France Inter.

Par Nadia Boudaoud

La coordination 93 : se battre aux cotés des sans papiers

File Le traitement de l’immigration à la télévision est souvent décrié pour son côté spectaculaire, contribuant à criminaliser les "clandestins" et autres "racailles" aux yeux de l’opinion dans une totale confusion. Pourtant, les initiatives ne manquent pas pour tenter de renvoyer des images plus compréhensives, plus positives des immigrants.

L’émission politique de France 2 “Mots croisés” a même dernièrement invité ses participants à répondre à une question en forme de provocation: “ La France a-t-elle besoin d’immigrés ?” Débat d’actualité au moment où Nicolas Sarkozy a présenté son avant projet de loi sur la relance d’une politique de quotas migratoires, dite “d’immigration choisie ”.

On se rappelle de ces clandestins chassés de Ceuta et Melilla et qui ont été lâchés en plein désert marocain. Clandestins, immigrés, sans papiers, demandeurs d’asile, ils sont tous parmi nous. Mais qui sont-ils vraiment ? Que veulent-ils ? Pourquoi viennent-ils ? On parle d’eux comme d’un phénomène. J’ai demandé à des profs de mon lycée de me présenter des responsables d’une association qui s’occupent des sans papiers à Bondy. Je voulais connaître leurs parcours, leurs combats. J’ai donc rencontré mercredi Vincent et Jean Pierre, responsables de la Coordination 93 des sans papiers. Jean Pierre lui, était étudiant à la faculté de médecine de Saint Denis, il n’avait pas de papier et à du arrêter “ Je devais régulariser ma situation et essayer de me battre entre la préfecture et l’Université”. Vincent lui, est professeur, il a commencé à se battre pour la cause des sans papiers lorsqu’il était à la fac où des étudiants marocains se battaient pour la régularisation de leur situation.

Je leur ai posé quelques questions sur leur combat.

Justement comment faites vous pour vous battre?

Lorsqu’on défend un cas, ce dernier doit être protégé par une loi au moins, ensuite on monte les dossiers, on s’appui sur des lois en vigueur. Dans la mesure où la plupart des lois ne sont pas appliquées, tous les cas de notre point de vue peuvent être défendus. Un bon dossier, c’est un dossier où il y a une bataille à mener. Je me rappelle par exemple du cas d’un élève d’un lycée de Bondy qui a dû mobiliser bon nombre de ses camarades pour se battre à ses cotés et l’aider.

Vous êtes professeur, que pensez vous de l’exclusion des enfants sans papiers ?

Cela veut dire que l’on doit admettre que dans l’enseignement, la police pourra venir chercher un de nos élèves dans nos classes.

A l’aéroport, il y a des tribunaux spéciaux qui jugent les sans papiers, qu’en pensez vous ?

La justice ne se fait même plus dans les tribunaux. On juge les sans papiers là bas pour les virer tout de suite. C’est vachement dangereux pour le droit. Les sans papiers sont à l’image de ce que nous sommes, si on leur tape dessus, cela nous retombera dessus. Si la France devient aussi injuste, nous en pâtirons tous demain.

Quelle a été votre dernière grande victoire ?

Juste après la circulaire Chevènement, nous n’avons pas réussi à obtenir des papiers à une personne malgré ses 3 enfants en France. On a du insister refaire des demandes, des recours, toujours pas de suite. Après 5 ans de démarches ça a enfin marché. La leçon est claire pour les sans papiers, même si avec eux, ils ont le droit, en fin de compte il n’ont pas de droit. Pour les sans papiers, c’est une lutte sans merci avec la préfecture, des queues interminables et des demandes innombrables. En repartant Jean Pierre me dit : “ vous savez quand on est sans papier, on vit dans la peur constante, on du mal à dormir, on ne sait pas si le lendemain on sera toujours là !”

Par Sada Fofana

La porte pour porte

Porte_sytex

Dans la plupart des cités de Bondy, quand un logement  HLM se libère, la porte d’origine est remplacée par une porte SITEX «porte anti- squat».Cette porte donne déjà au visiteur un mauvais aperçu du quartier.

J’ai demandé à une dame qui venait de visiter un logement, son impression sur cette porte,

Elle ma répondu : « c’est sûrement parce que les anciens locataires ont été expulsés car il ne payaient pas leur loyer ».

Sans décoration ni peinture, cette porte attire l’attention, protège des mauvaises intentions mais fait fuir !!!

Par  Hakim Azzoug

Quand une Bondynoise s’installe à Marseille

Marseille Neuf cents kilomètres (et quelques) séparent Bondy de Marseille. Pourtant, Yamina allie avec entrain sa passion pour la Cité Phocéenne et son attachement à la cité Blanqui dans laquelle elle a grandi. Et pour cause, depuis 9 mois, cette femme de 40 ans a posé ses valises et ses cartons en plein cœur de Marseille.

En sortant de la gare Saint Charles, j’ai vite repéré sa voiture immatriculée 93. Je la rejoins et lui demande comment ça va.

« Je ne regrette pas un instant d’avoir débarqué dans cette ville mythique », m’annonce-t-elle d’emblée. « Rien que le ciel bleu et la vue sur le Vieux port donnent à s’évader ». Bien sûr Marseille ce n’est pas que ça !

Tape dans le dos, pastis, football et pétanque : cliché ou réalité ?

Yamina : Même si les Marseillais ont le sens de l’accueil, il n’est pas évident de s’imposer dans leurs habitudes. Le lien social se limite souvent à des relations éphémères. Il règne toutefois un lien très solidaire. Depuis mon arrivée dans cette ville, j’ai pu développer mon réseau amical grâce à des gens que je connaissais avant de m’installer et qui me font rencontrer leurs familles et amis. Ici, pas question de rester seule. Pour l’instant, je fréquente très peu les natifs de Marseille mais plutôt des gens qui « immigrent » comme moi.

Le football et la pétanque restent les loisirs favoris et font partie de l’identité marseillaise. L’O.M est soutenue dans ses hauts et ses bas. Ici, on fait la fête autour du pastis mais ce qui m’a surprise, c’est qu’ici on se couche assez tôt.

Et l’accent ?

Yamina : Les expressions ne manquent pas. Entre les « minots » (enfants), les « deguns » (il n’y a personne) et « c’est peuchère » (oh le pôôvre type), la liste est encore longue. Et le « oh! Putaing » surgit souvent dans les phrases. Quand je dicte en sténo à mes élèves (Yamina est formatrice), elles mettent du « euh » à toutes les fins de mots, il faudrait inventer une sténo marseillaise ! J’ai aussi appris à distinguer les accents marseillais, provençal et avignonnais.

La fierté d’être Marseillaise…

Yamina : Le brassage culturel est reconnu si bien que les gens ne se considèrent ni comme Français, Maghrébins, Africains ou autre mais avant tout comme Marseillais. Les quartiers sont tellement différents les uns des autres. De Belle de Mai au Prado en passant par Noailles et Castellane, sans oublier les quartiers nord dans les 13ème et 14ème arrondissements, on transite d’un monde à l’autre en quelques mètres.

J’ai un ami Marseillais qui ne quitterait pour rien au monde sa ville natale. Après avoir passé une année à Paris, il n’avait qu’une seule idée en tête, revenir dans sa ville en dénigrant les Parisiens. Car en général, ceux-ci sont considérés comme des snobs.

La fierté aussi d’être Bondynoise...

Yamina : A Bondy, j’ai toujours vécu dans le mélange des cultures donc je ne suis pas dépaysée. J’aime aussi le contact avec les gens et j’aime discuter naturellement comme le font la plupart des Marseillais. Ici, on exprime ses opinions plus directement qu’à Paris. Je vais tenter de m’intégrer à la Cité Phocéenne sans jamais perdre mes origines bondynoises. Pour une fois, je veux bien entendre le terme d’intégration.

Par Nadia Boudaoud

Chaib, victime d’un crime raciste.

Samedi dernier, à la sortie d’un bar d’Oullins dans la banlieue lyonnaise, Chaib et son cousin Nabyl venaient de suivre le match de l’équipe de football de Lyon quand ils ont été la cible d’un tireur. Trois hommes qui avaient passé l’après midi dans ce même bar à boire du « whisky pur » selon un témoin les ont suivis dans la rue. L’un d’entre eux était armé et après une altercation a ouvert le feu après avoir crié « barrez vous enculés d’arabes ».

Chaib, un cariste de 42 ans, père de 3 enfants a pris une balle en pleine tête et est rapidement mort de ses blessures, Nabyl, a pris une balle dans le bras (libération du lundi 6 mars). Les trois agresseurs se sont ensuite enfuis dans la rue et ont vite été  rattrapés par la police qui a du attendre qu’ils «désaoulent » avant de les interroger.

Toujours selon Libération, une source proche de l’enquête affirme que «pour l’instant rien ne prouve le crime raciste».

Dans un contexte tendu, ce crime qui pourtant semble être un vrai crime raciste est passé rapidement dans les différents médias, puis il est vite reparti, à petits pas, pour se faire oublier, sans faire de bruit…(chut !)

Par Mohamed Hamidi

Le RAP pour les réunir

Photo_095 Selon certains rappeurs les textes de rap s'inspirent de la réalité ; ils racontent la dureté de la vie, ce sont en général des choses tristes mais réelles qui peuvent arriver à n'importe qui, des histoires de vols, deals, meurtres, viols ; mais il y a aussi des chansons qui parlent d'amour. Ce sont des textes qui racontent les problèmes des jeunes et de la société.  Certains jeunes se retrouvent dans ces paroles car pour eux, c'est leur vie qui est décrite en quelques minutes. Beaucoup de gens n'aiment pas le rap car c'est toujours la même rengaine, la même haine, les problèmes disent-ils. C'est vrai que les mots sont crus mais il faut cela pour percuter l'esprit.

Je me suis rendu où beaucoup de passionnés de rap se réunissent à Bondy : à l’atelier MAO (musique assistée par ordinateur).

Ce qui m’a frappé le plus en entrant dans la salle, c’est l’ambiance qui y règne : chaleureuse et sympa. Les jeunes sont tous réunis autour du DJ, ils se passent le micro et chacun leur tour chantent leurs morceaux.

Pour Hamza, le responsable, des lieux il est important d’avoir une structure sur la ville comme la MAO pour que les jeunes puissent se retrouver pour pouvoir échanger entre eux leurs états d’âmes, leurs envies, leurs craintes… « L’expression artistique leur permet de s’exprimer et leur propose une autre alternative que la violence »

Mais comment est né ce projet ?Photo_131

Hamza me fait un petit historique. En 2000, Hamza est emploi jeune dans l’association « y’a de la banlieue dans l’air », il tient ensuite un atelier artistique à la maison de quartier Daniel Balavoine. En 2001 devant le succès de ces ateliers la municipalité récupère l’enthousiasme généré par ses services pour l’embaucher au service des cultures et lui attribue un local plus vaste. La mairie fait alors appel à Claude : un prof au conservatoire de Bondy et lui confie un budget pour acheter du matériel. Il doit également donner des cours pour initier les jeunes à la musique assistée par ordinateur mais « ce n ‘est pas ce que je fais le plus, je fais surtout des instrus, des bandes son tout en essayant de les intégrer dans la création, c’est sur que si j ne leur donne que des cours, ils ne seront pas intéressés » me confie t-il.

Aujourd’hui, l’atelier MAO accueille une cinquantaine de jeunes par semaine, ce lieu est devenu un forum de discussion, plusieurs jeunes passent après les cours. C’est surtout l’un des seuls lieux à Bondy ouvert assez tard où les jeunes de tous les quartiers peuvent se retrouver. Hamza insiste sur ce point là, « tous les passionnés de rap de tous les quartiers sont les bienvenus à la MAO, la musique c’est pour les unifier, il n’y a pas de Bondy nord/ Bondy sud ici. On accepte tout le monde».

Par Sada Fofana

Les rêves d’Idrissa.

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Idrissa est un jeune enfant du quartier Blanqui à Bondy. Il a 8 ans et demi et il est en CE2. Ses rêves, être footballeur ou rentrer dans l’armée, l’armée de l’air exactement.

J’espère qu’il réussira, je lui souhaite. Il me parle de sa cité. Il s’y plaît. Il fait du football en club. Quand je lui demande s’il a une petite amie, il me
regarde et rigole. Il fait de la moto, encadré par les grands de son quartier.
Bonne chance Idrissa. Je voudrais lui dire que la vie est faite d’obstacles et le prévenir mais à cet age là on est inconscient et naïf.

J’espère que ses rêves se réaliseront et que les mentalités auront changées en 2016, à sa majorité.


El Houari M. Kamel

Casser pour se faire entendre

Mec_du_quartier En rendant visite à un ami qui habite la cité des merisiers (dite « Radar ») à Bondy nord, j’ai aperçu la police qui faisait un constat de dégradations faites la nuit passée sur un parking privé en construction au milieu de la cité. Claude mon ami, me fait part du mécontentement des jeunes du quartier à l’égard de ce parking. J’ai donc voulu en savoir plus…

Je me suis rendu sur ce parking pour rencontrer le responsable du chantier.

Plusieurs personnes s’y trouvaient, mais aucune d’entre elles ne désirait répondre à mes questions. On m’a même demandé ma carte de presse, j’ai répondu que je n’avais que ma carte de séjour !!! Appréciant mon humour et mon insistance, l’équipe du chantier m’a laissé lui expliquer ma démarche. Il me semblait que par le biais de l’information on pourrait faire de la médiation et le maître d’oeuvre a donc décidé de me parler.

Tout d’abord, il me fait un constat des dégradations :

- Plusieurs caméras de surveillance arrachées                    

- Pelleteuse incendiée (120 000 euros)

- Portail défoncé par une voiture bélier (15 000 euros)      

- Porte du local électrique fracturée.                                 

Ensuite, il me dit : «ce sont les entreprises du chantier qui subissent le préjudice financier de ces dégradations et non pas la mairie de Bondy, qui je suppose est visée par les jeunes, d’autant plus que le parking appartient à l’assistance public et pas à la commune. Tant que le chantier n’est pas livrée, nous sommes les responsables ».

Pour avoir l’avis des gars du quartier, il m’a fallu traverser la rue.J’ai rejoint un groupe d’une dizaine de jeunes âgés de18 à 25 ans qui ont tous acceptés mon interview.

Savez vous pourquoi le parking a été dégradé à plusieurs reprises ?

Oui, je te le dis clairement, ce parking nous met la rage, c’est dégueulasse ! Ca fait 10 ans qu’on demande au maire de Bondy de faire quelque chose pour nous et il construit un parking.

Quelles sont vos demandes ?

Un micro site pour se défouler un peu et un local pour qu’on puisse se réunir sans déranger les habitants.

A votre avis c’est en dégradant que vous obtiendrez ce que vous demandez ?

Non c’est clair! Malheureusement, c’est notre seul moyen de nous faire entendre, il faut bien évacuer sa rage, et comme ça le maire va se bouger un peu. Quand tu vas à Bondy sud où il habite tout est nickel.

Mais Bondy nord aussi a été en majorité rénové ?

Comme notre cité se trouve entre Bondy sud et Bondy nord et elle appartient aux 3 F et non pas aux HLM, on nous a mis de côté, on est une cité oubliée.

Je leur explique que d’après les renseignements du maître d’œuvre le terrain n’appartient pas à la mairie de Bondy, mais à l’Assistance Publique et que c’est peut être pour cela que le maire ne pouvait rien faire.

L’un d’eux s’interpose et me dit :

«regarde la route comment elle est défoncée, c’est  dangereux la distance de sécurité augmente de combien comme ça ? Et ça fait plusieurs années ! Ce n’est pas que le maire ne peut pas, c’est qu’il ne veut pas !».

Route_abim

Savez vous que ce sont les entreprises que vous pénalisez ?

Non, on ne le savait pas.

Je décide alors de leur expliquer ce que j’ai appris auparavant en leur disant que tant que les travaux ne sont pas finis ce sont les entreprises qui paient les pots cassés.

- Ok, répond un plus âgé, on va attendre qu’ils finissent  les travaux et puis après on défonce tout jusqu’à temps qu’ils prennent en compte nos revendications. 

 

La dégradation et la destruction deviendraient elles les seuls moyens pour les jeunes des quartiers défavorisés  de  manifester leur mécontentement ?   

Par Hakim Azzoug

Sortir de la trilogie « maison-rue-collège »

Mercredi 1er mars, j’ai rencontré Laurent de l’association Ville et Avenir. Il m’a expliqué le but et le fonctionnement de celle-ci.

Ville et Avenir est une association institutionnelle subventionnée à 100% par le conseil général.

Elle est composée de quatre éducateurs à temps plein et d’une éducatrice en formation ; Son but est la protection de l’enfance. Elle agit sur les villes de Bondy, Neuilly et Rosny.

Première mission : le suivi individuel des jeunes en difficulté et des familles.

Les personnes suivies y adhèrent librement, elles sont ensuite encadrées par des animateurs ou des assistantes.

Actuellement, l’association suit régulièrement une vingtaine de personnes, 2 à 3 fois par semaine.

La deuxième mission est une mission culturelle. Elle se déroule principalement pendant les vacances scolaires (pour les 10-16 ans). Des sorties sont organisées comme par exemple, le musée des arts et métiers ou encore la découverte de l’environnement sur la région Ile de France.

Cette mission est faite pour «sortir de la trilogie maison/rue/collège» comme le dit Laurent.

La dernière mission porte sur la vie familiale. Des sorties en famille sont réalisées une fois par mois.

Une des finalités de ces missions consiste à rescolariser les jeunes « parce que les collèges s’en débarrassent » dit Laurent. « Jusqu’à 18 ans il n’y a pas de solution pour la réinsertion. Après 18 ans on trouve des dispositions pour l’emploi. ».

Les difficultés des personnes soutenues par l’assoc’ sont souvent liées au chômage, à la misère, aux problèmes de logement, de santé, de scolarité et même de justice.

D’après Laurent il n’y a pas de mouvement collectif fondé sur une idéologie mais il y a un besoin de solutions individuelles.

Une fois que les personnes se connaissent alors l’entraide apparait.

Ville et Avenir a plusieurs projets en cours dont un particulièrement intéressant : «jeunes solidaires». 6 jeunes de 10 à 16 ans et 2 éducateurs vont à la rencontre de SDF en leur proposant des couvertures, du café, de la soup, collectés auparavant dans le quartier.

« Les jeunes sont motivés, contents. Ils ont le sentiment d’être utiles, ça leur fait plaisir… En plus ils ont vécu des échanges intenses pendant leur mission, notamment une rencontre avec un groupe de jeunes Roumains dans une des gares de Paris ».

Dernièrement les jeunes ont enregistré un cd de Rap porteur de messages intéressants. A découvrir dans un prochain épisode…

Par Elodie Arbey.

Des journalistes fascinés par les flammes.

D4brule_1 Depuis quelques jours, le Bondyblog a été quelque peu médiatisé et j’ai pu à cette occasion m’apercevoir que les journalistes étaient fascinés par le feu, au point d’en perdre la raison.

Tout d’abord, un journaliste d’un grand quotidien français qui préparait depuis son bureau un article sur « les banlieues trois mois après » m’appelle pour me poser quelques questions.

-         J’aimerais savoir si vous connaissez des personnes autour de vous qui ont eu leur voiture ou leur commerce brûlés suite aux « émeutes ». Auriez vous des numéros de téléphone à me passer ?

Et là, je ne peux m’empêcher de penser : « Bondy est à 15 minutes de Paris, tu peux pas prendre un billet de RER et venir ici, rencontrer les gens pour écrire ton papier ! »

Quelques jours plus tard, une journaliste de la radio publique néerlandaise était en ligne pour une interview avec Alain Rebetez, journaliste à l’Hebdo.

Elle souhaite me poser quelques questions sur le Bondyblog.

Pendant plus d’un quart d’heure, je lui raconte la formation à Lausanne, lui explique notre volonté de raconter le quotidien, la mise en place du projet, ses vertus pédagogiques …

Je lui parle de l’un de nos objectifs : donner une autre image des banlieues dans les médias.

D’un coup, son cerveau bug et elle me demande :

-         Où étiez vous durant les « émeutes » du mois de novembre ?

-         Chez moi, à Bondy.

-         Avez-vous personnellement brûlé des voitures ?

-         Pfff !!!!

Et là, je me dis que ce n’est pas gagné.

Par Mohamed Hamidi

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