Le C.P.E. est- il apprécié dans les cités ?
Pour savoir comment le C.P.E est perçu dans les cités où le nombre de chômeurs est très élevé, j’ai interrogé des jeunes ayant des situations différentes pour qu’ils puissent me donner leur avis sur ce sujet.
En regardant la télé ou les journaux, on a l’impression que le CPE concerne seulement les étudiants, alors que tout le monde est concerné et surtout ceux qui n’étudient plus, qui n’ont pas de diplôme et qui galèrent pour trouver un emploi.
Sami, 18 ans, sans diplôme et sans activité professionnelle, il n’a jamais travaillé (écouter l’audio).
Cédric et Mamadou, 19 ans, tous les deux sont scolarisés et préparent un BAC professionnel.
Serhat, 20 ans, actuellement ouvrier dans le bâtiment, il va créer sa propre entreprise.
Nassim, 26 ans, actuellement au chômage, il a été licencié dernièrement après avoir travaillé 3 ans pour une grande entreprise en tant que bagagiste.
On voit donc que l’on a des avis très différents, comme partout ailleurs.
Par Hakim Azzoug


Bonjour,
je n'ai pas réussi à écouter les propos des 4 personnes de ci-dessus (chose que j'ai pourtant réussi sur la radio des étudiants de marne la vallée : http://www.radio-recc.org/podcast ), et cependant je suis persuadé qu'il aurait été très intéressant d'écouter les remarques de salariés en CNE, ou l'ayant été, du fait de la similitude de ces 2 contrats.
Mais, vis à vis des commentaires que j'ai pu lire sur ce site web, je voudrai rappeler quelques chiffres (provenant de quelques articles du Monde Diplomatique de mars 2006) :
Le travail en chiffres
Par Florence Lefresne [1]
Discrimination toujours fortes.
Les femmes gagnent, en moyenne, 80,1 % de ce que perçoivent les hommes. 23,6 % d’entre elles travaillent à temps partiel en 2004 (4,8 % des hommes), sans l’avoir choisi [...]. Un jeune ayant un nom à consonance étrangère et habitant la banlieue a six fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche qu’un jeune « Français de souche » habitant Paris.
(Sources : Insee 2005, OCDE 2005, Observatoire des discriminations 2005.)
Gros dividendes.
Les plus grandes entreprises - celles du CAC 40 - ont affiché des profits records en 2004, distribué des dividendes tout aussi explosifs et quasiment gelé les salaires. Pour Total, les dividendes versés ont grimpé de 15 % et les salaires de 2,2 % ; pour la Société Général, les chiffres sont respectivement de 32 % et 2,7 % ; pour Renault, de 28,5 % et de 4,6 % (pour 2004-2005) ...
(Sources : Les Echos, La tribune.)
Des financements massifs.
Les aides aux entreprises, au nom de l’emploi, s’élèvent à 24,5 milliard d’euros en 2004. Un record absolu. Depuis leur apparition en 1973, elles ont été multipliées par près de 40. Cela représente 19 700 euros par emploi créé ou sauvé, l’équivalent d’un an de smic.
(Sources : Conseil d’orientation de l’emploi 2006, Cour des comptes 2005.)
Petits salaires.
Un salarié travaillant à temps plein sur deux a gagné moins de 1484 euros net par mois, en 2005. Ce salaire médian a baissé de 0,4 % si l’on tient compte de l’inflation officielle. Désormais, le smic n’est plus le salaire minimum : dans 55 branches professionnelles sur 84, les minimas salariaux y sont inférieurs.
(Sources : Insee 2006, ministère de l’emploi 2005.)
Et les jeunes ...
Par Armelle Racinoux
Au cours des trois dernières décennies, trente-cinq mesures dites en faveur des jeunes ont été prises, tantôt par un gouvernement de droite, tantôt par un gouvernement de gauche. [...]
Ces mesures à répétition n’ont pas empêché le chômage des moins de 26 ans de passer officiellement de 11,3 % en 1977 à près de 23 % actuellement. Peu à peu, les jeunes ont été sortis du droit commun du travail, payés en dessous du salaire minimum mensuel, et précarisés. Même le PDG de Veolia Environnement, M. Henri Proglio [2], reconnaît que cela pose problème et qu’il faudrait désormais « revaloriser le contrat à durée indéterminée comme forme normale d’embauche ».
-------------
[1] Socio-économiste, chercheuse à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES), coauteure de Les Mutations de l’emploi en France, coll. « Repères », La Découvertes, Paris, 2005
[2] « L’insertion des jeunes sortis de l’enseignement supérieur », rapport au gouvernement, d’abord gardé secret puis rendu public le 20 février.
-----------
Des témoignanges de personnes ayant connu le CNE en pratique :
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3136&var_recherche=cne
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3397&var_recherche=cne
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3396&var_recherche=cne
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=934558
http://www.raa.france3.fr/info/19398540-fr.php
http://fr.news.yahoo.com/22022006/202/on-m-a-pris-on-m-a-jete-un-salarie.html
Rédigé par:mariauzouls | le 29/03/2006 à 01:38
Plutot que de creer un nouveau type de contrat,ça serait aussi bien de créer un contrat de travail unique (fontionnaires,SNCF,EDF,CDI,CDD,travailleurs agricoles etc ...)
Ca permettrait aux travailleurs d'etre plus mobile ,supprimerait des jalousies ,transformeraient les syndicats en autre chose que des groupes de pression corporatistes
et,peut etre,une vrai solidarite
Rédigé par:maxx | le 29/03/2006 à 09:53
S'il y a des contrats différents c'est qu'il y a des situations différentes et un passé social :
surcroît temporaire d'activité, remplacement de congé maternité, de maladie, contrainte particulière liée aux horaires, à la continuité de service, etc...
Le contrat de travail unique (idée reprise par Sarkozy) aura pour conséquence d'accroitre surtout la flexibilité du travailleur en le privant, entre autres, de tous les droits liés à l'ancienneté dans une même entreprise.
Au lieu de précariser les salariés qu'on sécurise donc le parcours des chômeurs en leur proposant des formations qualifiantes pour des emplois disponibles et non pourvus.
Et qu'on s'interroge enfin sérieusement pour connaître les raisons d'un tel désintérêt pour certains emplois dans la restauration par exemple (horaires souples, rémunération insuffisante, travail en soirée, dimanches et jours fériés) que la fédération professionnelle patronale des restaurateurs mette de l'ordre dans sa maison !
Les fédérations du BTP sont en passe de réussir leur challenge par l'amélioration des conditions de travail, la formation des jeunes salariés, des salaires plus attractifs.
Rédigé par:Nathalie | le 29/03/2006 à 11:07
LE CPE POUR moi C’EST UNE chance pour les jeunes , les socialistes exagèrent : discrimination , Hollande dit ? ! !…. : les socialistes pendant 14 ans :bilan économique et sociale catastrophique ,l‘enseignement pire, Les adolescents des émeutes sont formés sous la politique des socialistes , ils ont grandit et scolarisés dans des établissements dont les programmes la politique de l’enseignement tracer par le socialisme ( m. Jack LANG…. )les anciens inspecteurs académiques qui ne veulent pas changer leurs méthodes qui se sont forgés dans leurs crânes ,ne tenant pas compte de nos voisins ( RFA..) et les progrès technologiques pour un enseignement Moderne avec de nouvelles outils et une nouvelle pédagogie de respect des droits de l’enfants .
... 14 ans de socialisme ! ! ,des promesses... ?. ,certains socialistes disent :( comme m. Jack LANG vers UNE VRAIE GAUCHE ( AVANT ce n’était pas une gauche ?!!!)on peut travailler avec les deux mains la gauche et la droite à condition d'être sincère et compétent , nous les jeunes on a le droit de s’exprimer :mais attention à ceux qui veulent nous manipuler pour leurs intérêts politiques !
Rédigé par:j.m | le 29/03/2006 à 18:49
j.m ne serait il pas en train de troller ? J'aimerai beaucoup qu'il développe en quoi le cpe serait une chance pour les jeunes. Car je ne voit pas pourquoi un employeur proposerait soudainement, du fait du cpe, d'avantage d'entretien aux jeunes ayant un nom à consonance étrangère et habitant la banlieue par rapport à aujourd'hui (voir plus haut) ? De plus, pour les boulots peu qualifiés, l'employeur à tout intérêt (financièrement et non humainement) à renouveler un même poste de cpe en cpe, voir en cne. Sinon, concernant le fonctionnement interne de la France, ce n'est pas le Président qui décide de la politique, mais le gouvernement; Or il y a eu beaucoup d'alternance entre le PS et l'UMP depuis 25 ans. Ce qui ne les a pas empêché de se planter lamentablement (le chômage des moins de 26 ans est passé de 11,3 % en 1977 à près de 23 % actuellement, avec pourtant 35 mesures dites en faveur des jeunes, et des milliards d'euros donnés aux entreprises) ...
Rédigé par:mariauzouls | le 29/03/2006 à 23:39
super les temoignages j entend tres bien l audio pour la personne qui n a pas reussi telecharges un logiciel qui lis l audio bravo hakim pour les deux avis merci bonne continuation ...
Rédigé par:lagratte | le 30/03/2006 à 01:52
Je suis tres content que ce blog s'interesse aux jeunes qui ne sont pas diplomes. Car apres tout le CPE devrait les interesse plus que les etudiants des facultes. Je trouve lamentable que les journaux francais ne s'interesse pas suffisament a eux.
Quand au CPE je pense qu'il a ete cree pour eviter d'utiliser la discrimnation positive. Comme les Francais et le gouvernement refusent d'accepter qu'il y a du racisme en France, les gouvernements doivent creer ces lois qui n'ont pas de grande envergure. Ce qui ne reglera pas entierement le probleme. Car il faut aussi changer le systeme de l'education pour que les jeunes connaissent les outils dont les entreprises ont besoin. Je suis aussi en faveur de la discrimination positive. Je vie aux Etats-Unis et je vois que ce pays a fait beaucoup plus de progres au niveau de ces minorites. On voit beaucoup plus de chef d'affaires qui ne sont pas blanc et qui ont tres bien reussit que l'on pourrait imaginer en France. Pourtant, je ne crois pas que la situation restera bloquer eternellement.
Rédigé par:Thomas | le 30/03/2006 à 02:38
tu vis au Etats-Unis maintenant?
how are you?
Rédigé par:maxx | le 30/03/2006 à 09:36
Pas mal, le micro-trottoir.
Et c'est très sympa d'avoir ce genre de témoignage audio dans le blog. Continuez!
Sur le fond, par rapport à ce que disent les personnes interrogées, il est évident que le risque de pressions injustes sur les salariés est d'autant plus fort qu'il n'y a pas assez d'offres d'emploi.
Mais par ailleurs, malgré les dénégations d'un certain nombre d'économistes, il est évident que la rigueur excessive du droit du travail freine les créations d'emploi. C'est un problème de poule et d'oeuf.
Il faut augmenter la flexibilité du travail, et il faut en même temps actionner les autres leviers susceptibles d'accroître l'emploi.
Mais ne vous faites pas d'illusions: le retard est tel, que ça sera forcément douloureux. Il n'y a aucune formule qui permette de réduire instantanément le chômage, comme ça, sans douleur.
Sauf en créant des emplois publics ou assistés. Mais ça, c'est comme la drogue. On se sent mieux tout de suite, mais on se fout en l'air à brève échéance.
La France est droguée aux emplois publics et aux subventions. Il faut décrocher.
Personne ne doit s'imaginer que le sevrage sera une partie de plaisir.
Rédigé par:Robert Marchenoir | le 30/03/2006 à 17:49
Avec le CPE, un stagiaire pour 2 ans aura-t-il le droit de se syndiquer? Bien sûr! Et le patron, le droit de le licencier sans motif? Bien sûr! Le CPE, ça va être aussi la fête pour les syndicats...
Rédigé par:Briardounet | le 30/03/2006 à 17:55
Le CPE est selon moi un concept hypocrite.
Je connais quelqu'un qui a signé un CNE, son employeur lui a clairement signalé qu'il avait interêt à s'écraser sinon il dégageait aussi sec puisqu'aucune justification n'est nécessaire. Resultats heures sups non payées, horaires abérrents et pas interêt à réclamer.
Pour que le CPE fontionne il faudrait pouvoir compter sur la conscience de TOUS les chefs d'entreprise. Je n'aurai pas cru dire cela avant puisque je suis enfant de chef d'entreprise. Mais j'ai moi même vécu sous la menace d'un employeur ivre de pouvoir un an, et même en CDD il m'a renvoyé sans aucune justification. Dans le cas d'un CPE je n'aurai pas pu faire appel aux prudhoms. Je suis d'accord avec le témoignage audio de Sami. Etre jeté de son boulot auquel on s'accroche sans aucune justification ça vous détruit. On est perdu, rempli d'un sentiment de culpabilité: c'est forcément notre faute si on a pas su garder le job, on doit être incapable... Trés bonne méthode pour créer une génération entière de paumés, incapables de se réinvestir dans un boulot aprés ce genre d'expérience traumatisante.
D'autre part je ne crois pas du tout à l'argument de la formation avancée par le gourvernement. Il y a en France dans stagiaires à foison qui font des vrais boulots, sans rémunération ou peu, avec la promesse de polichinelle d'une embauche à la fin, alors qu'ils devraient être dans ces entreprises pour y être formés. Mais peu d'entreprises on envie de former un jeune, ils veulent quelqu'un d'opérationnel. Evidemment sans la formation de l'entreprise, lachés seuls sur le terrain, ils risquent de se planter. Je l'ai vu beaucoup autour de moi. On fixe un but bien au dessus de ces capacités au stagiaire, il se défonce pour l'atteindre et évidemment la chute est rude.
Pourtant l'idée de départ n'est pas mauvaise, destinée aux jeunes sans formation. Lier une entreprise et un jeune. L'entreprise investi sur sa formation et le jeune reconnaissant et intégré s'engage pour un cdi. C'est pas loin de l'apprentissage et du compagnonage. A la différence que dans ces deux cas, la transmission du savoir est une philosophie. Peut être trop utopique pour des jeunes qui sont traités comme des kleenex depuis l'école (puisqu'ils n'ont pas de formation). On les utilise quand ça arrange et à la première occasion poubelle.
Le monde de l'entreprise a oublié ce qu'était la richesse humaine.
C'est une opinion parmi d'autre.
Rédigé par:E.T. | le 31/03/2006 à 22:21
Je réponds au New-yorkais!
L'american way of life, c'est de la grosse merde!
Les oui-oui américains ont voté 2 fois pour le Grand Monstre : y'a pas que l'argent et la rentabilité qui comptent.
Malchance ! c'est un noir!
Nous en France, on ne s'habitue pas facilement de vivre dans la merde, c'est pour ça que l'on conteste les lois qui légifèrent la dérèglementation du travail.
Bien sûr, vous ne devez pas savoir ce que c'est que de vivre dans la merde et vous parlez sans doute au nom d'une petite partie d'américains qui donneraient leur chemises à des pauvres gens heureux!
Allez! foutez nous la paix!
Continuez de vous faire baiser par Bush!
Rédigé par:parkway | le 03/04/2006 à 14:05
Je réponds au New-yorkais!
L'american way of life, c'est de la grosse merde!
Les oui-oui américains ont voté 2 fois pour le Grand Monstre : y'a pas que l'argent et la rentabilité qui comptent.
Y'a qunad même des américains qui pensent que leur pays est complètement pourri comme Harry Bellafonte, par exmple!
Malchance ! c'est un noir!
Nous en France, on ne s'habitue pas facilement de vivre dans la merde, c'est pour ça que l'on conteste les lois qui légifèrent la dérèglementation du travail.
Bien sûr, vous ne devez pas savoir ce que c'est que de vivre dans la merde et vous parlez sans doute au nom d'une petite partie d'américains qui donneraient leur chemises à des pauvres gens heureux!
Allez! foutez nous la paix!
Continuez de vous faire baiser par Bush!
Rédigé par:parkway | le 03/04/2006 à 14:07