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On veut dresser une jeunesse contre une autre

Face aux mouvements anti-CPE qui agitent les étudiants et lycéens depuis plus de quatre semaines, les pro-CPE tentent une contre offensive. L'opinion publique, inquiète d’une véritable crise sociale en France, souhaite à près de 70 % le retrait de cette loi. Dès lors, toutes les cartes semblent bonnes à jouer.

La première carte est celle de la jeunesse studieuse qui souhaite voir disparaître les blocus devant les lycées et les facultés. Dimanche dernier, un groupe de jeunes parisiens vêtus d’un T-shirt blanc avaient organisé un sit in sur le parvis de la mairie de Paris pour demander le droit d’étudier et de retourner en cours. Parmi eux, des étudiants de l’UNI, syndicat conservateur, réclamaient le respect de la liberté en agitant des drapeaux "bleu blanc rouge". On tente aujourd’hui de s’appuyer sur ces étudiants mathématiquement minoritaires pour justifier une levée des blocus en recourrant s’il le faut aux forces de police.

L’autre carte est beaucoup plus cynique et vise les banlieues. Les membres du gouvernement de Villepin, relayés par quelques médias, tentent de s’appuyer sur les jeunes des quartiers sensibles, leurs grands ennemis d’hier pour faire passer la pilule. Selon eux, les jeunes des banlieues seraient favorables au CPE dans la mesure où les vrais précaires, ce sont eux (voir l’interview d’Azouz Begag par le bondyblog « les banlieues se font voler leur colère »). Ces jeunes seraient donc heureux de trouver dans ce contrat l'opportunité attendue. On devine la manœuvre : les étudiants manifesteraient pour garder leurs privilèges privant les jeunes des banlieues du projet gouvernemental.

Cette vision est à la fois dangereuse et fausse. Elle marque une nouvelle fois une méconnaissance des quartiers sensibles et le cynisme des politiques. D’une part, l'argument revient à dire qu’il n’y a pas de lycéens et d’étudiants dans les quartiers sensibles en France. Une vision étrange de l’égalité républicaine. D’autre part, la réalité des lycées et universités en banlieues est qu'ils sont en grève eux aussi, souvent plus qu’ailleurs, et descendent dans la rue aux cotés des lycées et des facs de centre-ville. S’il est vrai que l’on a pu entendre quelques jeunes des quartiers difficiles dire qu’ils sont prêts à accepter un CPE plutôt que de rester au chômage, il est malhonnête et très risqué d'utiliser une situation de détresse et d’exclusion pour affirmer que ces jeunes préfèrent le marteau plutôt que l'enclume

Par Mohamed Hamidi

Chroniques lycéennes

Ils sont entrés un peu plus tard  dans le mouvement anti-CPE, mais maintenant beaucoup de lycées sont mobilisés et expriment leur contestation face au CPE. A Bondy, le lycée Jean Renoir ainsi que d’autres se sont mobilisés plus encore, beaucoup d’élèves ont bloqué le lycée.

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Jeudi 22 mars : premier blocus l’entrée au lycée était impossible, les élèves de plusieurs lycées marchent sur la route nationale 3 et crient leur désaccord.

Vendredi 23 mars : lycée toujours bloqué même sous la pluie, les anti CPE tiennent le coup. Des élèves du lycée Louise Michel de Bobigny viennent manifester à leurs cotés. Décidément le mouvement prend de l’ampleur  en banlieue

Lundi 27 mars : nouvelle tendance, certains élèves veulent entrer au lycée pour étudier du coup quelques tensions naissent, des bagarres. Finalement, ceux qui veulent aller étudier peuvent entrer tandis que les anti-CPE restent dehors à manifester.

Mardi 28 mars : Lycée en grève, grosse manifestation de porte d’Italie à République, lycée désert.

Mercredi 29 Mars : Journée perturbée. La mobilisation continue.

Aujourd’hui, jeudi 30 Mars : Le ministre de l’éducation nationale a demandé aux proviseurs de lever les blocus lycéens (rien sur le blocus des facs) avec l’aide des forces de l’ordre si besoin. La journée risque d’être chaude.

Par Sada Fofana

Le C.P.E. est- il apprécié dans les cités ?

Pour savoir comment le C.P.E est perçu dans les cités où le nombre de chômeurs est très élevé, j’ai interrogé des jeunes ayant des situations différentes pour qu’ils puissent me donner leur avis sur ce sujet.

En regardant la télé ou les journaux, on a l’impression que le CPE concerne seulement les étudiants, alors que tout le monde est concerné et surtout ceux qui n’étudient plus, qui n’ont pas de diplôme et qui galèrent pour trouver un emploi. 

Sami, 18 ans, sans diplôme et sans activité professionnelle, il n’a jamais travaillé (écouter l’audio).

Cédric et Mamadou, 19 ans, tous les deux sont scolarisés et préparent un BAC professionnel.

Serhat, 20 ans, actuellement ouvrier dans le bâtiment, il va créer sa propre entreprise.

Nassim, 26 ans, actuellement au chômage, il a été licencié dernièrement  après avoir travaillé 3 ans pour une grande entreprise en tant que bagagiste.

On voit donc que l’on a des avis très différents, comme partout ailleurs.

Par Hakim Azzoug

Jour de grève

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Mardi 28 mars: Grève générale...

A demain !

Entretien avec Azouz Begag. «Les banlieues se font voler leur colère »

Dans un climat social plus que tendu depuis 4 mois avec les violences urbaines de novembre puis les manifestations anti-CPE aujourd’hui, nous avons souhaité connaître la position d’Azouz Begag, l’un des premiers concernés par ces deux sujets. Le ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances nous a donc reçu avec un journaliste de l’hebdo.

Que pensez-vous des manifestations contre le CPE ?

Je constate que des étudiants descendent dans la rue pour contester une loi votée démocratiquement par le Parlement de leur pays. Mais ils n’ont pas plus de droit que les jeunes de banlieues à qui cette mesure est destinée en tout premier lieu. Et puis ces jeunes anti-CPE ne représentent pas la majorité des jeunes. Attendez six mois, le premier bilan de l’expérimentation du CPE. C’est ça la démocratie! Essayons! Qu'est-ce qu'on a à perdre?

Reste que tout le monde n'a pas l'air convaincu. Les manifs grandissent de jour en jour…

Vous pensez vous que ceux qui manifestent sont les vrais précarisés? Pas moi. Je vois les choses ainsi. Les jeunes de banlieues, une fois de plus, se font voler leur colère. Comme nous, à leur âge, comme moi quand j'étais plus jeune et que je vivais encore aux Minguettes à Vénissieux. On avait fait la Marche des Beurs et on se l'est fait récupérer par SOS Racisme et les mouvances socialistes. Le PS, une fois de plus, instrumentalise ces mouvements d’étudiants. Je vous le dis, on vole leur révolte aux jeunes des banlieues! Mais c'est le p'tit Mohamed de Bondy qui vit vraiment dans la précarité!

Reste la question de la légalité de cette loi. Un recours a été déposé par le PS qui juge le CPE discriminatoire sur l’âge…

Ecoutez, en 1981, quand j’étais dans ma cité à Lyon, Mitterrand et le PS sont arrivés au pouvoir. Ils ont très vite parlé de société "black, blanc, beur". Et vingt-cinq ans plus tard, quel est le résultat? Pas un députés black ou beur à l’Assemblée dans les rangs socialistes. Aucun, zéro. Pas un député beur, vous vous rendez compte?

…mais à droite non plus

Sauf que la droite, elle n’a jamais rien promis. Elle n'a pas distillé de faux espoirs dans les cités. Et puis, elle se bouge la droite. Vous savez, en France nous avions ce qu’on appelait "la double peine". En clair, un jeune immigré faisait une bêtise, comme ça arrive dans les cités, il passait devant un juge, était condamné à de la prison et après avoir purgé sa peine, il était expulsé vers le pays d’origine de ses parents. Moi-même, je me suis battu contre cette double peine. La gauche, elle, n’a rien fait. Et vous savez qui l’a abrogée ? Nicolas Sarkozy! Cela vous montre que la lutte contre la discrimination dépasse les partis. C'est un combat républicain. Aux prochaines législatives, je vous parie que le PS va faire entrer des Noirs et des Arabes à l’Assemblée nationale. Et c'est la droite qui l'y aura poussé!

La droite est-elle plus sincère ou plus opportuniste?

C’est le résultat qui compte. C’est cela le pragmatisme. Elle a le courage de le faire.

Quelle réponse le gouvernement a-t-il apporté aux violences urbaines de l’automne dernier ?

Pour ces jeunes, un accès à l’emploi est une priorité. C'est précisément la priorité que s'est fixée le gouvernement. Le CPE s’inscrit dans cette logique d’entraînement vers le marché du travail. En France, 23% des moins de 26 ans sont au chômage et le taux grimpe à 40% pour les personnes non qualifiées. Alors je vous laisse estimer le taux que cela peut représenter chez les jeunes de banlieues non qualifiés et qui sont d’origine antillaise, africaine ou maghrébine…Les employeurs ont longtemps montré de la réticence pour une première embauche? Le CPE c'est la souplesse désirée. Et il permet aux jeunes d'avoir un premier job. Vous savez, quand on a passé trop longtemps sur le banc de touche de l’égalité, à cause de sa gueule ou de son adresse, c’est difficile, on manque de confiance. Donc moi je pars de l’hypothèse que ces jeunes-là ont plus faim que les autres pour réussir. Et ils vont tout donner.

Et au ministère de la promotion de l'égalité des chances qu'avez-vous entrepris ?

Avec mon collègue Gérard Larcher (ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes), nous prenons en charge 6000 jeunes de quartiers diplômés et sans emploi qui bénéficieront d'outplacement et de coaching privé. D'ici quelques semaines, ils devraient avoir intégré le marché du travail. Voilà une mesure concrète contre la discrimination à l'embauche. Par ailleurs, à ce jour, plus de 350 entreprises ont signé la charte de la diversité. Elles s’engagent ainsi à recruter sans discrimination, en prenant en compte la diversité. Et ce n’est pas de la charité! Ceux qui s'y engagent connaissent leur intérêt! Embaucher ces jeunes-là, c’est miser sur la rentabilité. Enfin, nous avons aussi promulgué la loi sur l’égalité des chances qui comporte entre autres une extension des pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’Egalité  (HALDE). Son pouvoir est renforcé par le droit d’exercer du "testing" désormais à l'entrée des boîtes de nuit, par exemple.

Une vision à l’américaine…

Plutôt à l’anglaise. Les Anglais ont quinze ans d’avance sur nous. Les Suisses et les Belges aussi ont de l'avance. Nous ce que nous voulons, c'est aussi faire entrer de la diversité dans les médias. Et c'est en train de changer depuis quelques mois. Vous avez sûrement entendu que cet été le 20 heures de TF1 sera présenté par Harry Roselmack, un journaliste originaire de La Martinique. En 2004, Dominique de Villepin, alors ministre de l'intérieur, a eu cette formidable intuition de me commander un rapport sur l’égalité des chances. Je l’ai fait. Et aujourd'hui, l’égalité des chances est au cœur de l’action du gouvernement, dans tous les domaines.

Vous ne pensez pas qu’on en parle surtout depuis les violences urbaines de novembre dernier?

Nous n'avions pas attendu les émeutes pour agir. Ce ministère a été créé au mois de juin, je vous le rappelle.

Lors des « émeutes » justement, vous avez eu un mot à l’endroit de Nicolas Sarkozy, critiquant sa "sémantique guerrière". Puis, on ne vous a plus entendu. Pourquoi?

Il n'y avait rien à rajouter. Il fallait ramener l'ordre. Vous vous rendez compte que pendant cette période, 16'000 voitures ont brûlé?! Il fallait intervenir. C’était le moment de l’action de la police et les pompiers.

Quels sont vos projets pour l'avenir?

Ce que je veux faire comprendre aux Français, c'est que les banlieues et la diversité sont un plus pour la France. Que les entrepreneurs doivent aller y recruter parce que les jeunes des cités sont motivés. Ces quartiers sont de véritables gisements pour l’avenir du pays. La diversité est une richesse. Il faut que cela devienne une évidence. Aux jeunes de banlieues, je leur dis : quand le patron qui vous recrutera en CPE va vous voir à l’œuvre, il va vous garder plus de deux ans. Il ne va pas vous former et vous jeter ensuite, ce n’est pas dans son intérêt.

Que pensez-vous du droit de vote des immigrés, aux élections locales par exemple?

C’est un piège. Il y a 120'000 immigrés qui arrivent en France chaque année. La France a une politique d’accès à la nationalité française. Trop de jeunes dans les quartiers ont le droit de voter et ne votent pas. Je préfère convaincre ceux qui ont ce droit de s'en servir. Et pour les encourager, j'aimerais justement qu'il y ait toujours plus de diversité dans le monde politique et médiatique, que les gens puissent voir des visages semblables au leur, pour leur donner envie de s’impliquer dans la vie de la cité.

Mon père est mort il y a 3 ans, à l’âge de 90 ans. Voter ne l’intéressait pas. Tout ce qu’il voulait, c'était retourner au bled. Ma mère, elle, a 87 ans, elle vit toujours à Lyon et elle ne vote pas non plus. Les Français d’origine étrangère sont des Français à part entière. (Le ministre se lève et de derrière une étagère, face au bureau ministériel, il sort la photocopie de la carte d’ancien combattant de son grand père). Je l’ai retrouvé il n’y a pas très longtemps: mon grand père s’est battu pour la France" c’est impressionnant non!

Azouz Begag en 8 questions express:

Les quotas, pour ou contre?

- Contre

Plusieurs personnes dont certains militants associatifs, veulent être le candidat des banlieues en 2007. Bien ou pas bien?
-
C’est même excellent!

Les médias prétendent que les Français ne s’intéressent pas aux banlieues. Ils ont raison ou pas?
- Plus aujourd’hui.

Votre plat préféré?

- le couscous aux cardons (plante qui ressemble au céleri en branche)

Etes-vous croyant?
-
Pratiquant non croyant (il sourit de son mot). C'est une affaire privée.

Mangez-vous et buvez-vous de tout ou avez-vous des interdits religieux par exemple?
- Cela relève de ma vie privée

La phrase entendue à votre encontre qui vous a fait le plus mal?
- Des choses comme "ministre alibi","beur de service"

Avez-vous visité le Bondyblog.fr?

- Non, mais j’en ai entendu parler. Et c'est vraiment une excellente idée!

Propos recueillis par Michel Beuret et Mohamed Hamidi

A cause de certains idiots, on passe tous pour des idiots

Je voulais pousser un coup de gueule et même un très grand cri d’alarme concernant les jeunes qui cassent pendant les manif.

Je ne trouve pas cela normal que pendant un combat qui concerne tout le monde, certains que je qualifierais d’imbéciles (et je suis gentil) s’amusent et prennent du plaisir à  retourner des voitures, caillasser les forces de l’ordre, et mettre la pagaille dans les rues de la France entière.

Moi je dis, « honte à ces gens qui ne pensent qu’à eux-mêmes », qui dénaturent une manifestation pacifique, et qui par-dessus le marché décrédibilisent la lutte contre un contrat précaire.

Je suis révolté, car à cause de certains idiots, on passe tous pour des idiots !

Quand on voit ce qui se passe, on donne une image exécrable des banlieues où les jeunes arabes et noirs passent pour des casseurs. Déjà que l’on avait une « pancarte » collée sur notre dos, et cela ne va pas en s’arrangeant.

De plus, ce pourquoi nos parents se sont battus se retrouve réduit à néant à cause de certains jeunes qui n’ont rien compris à la vie.

Imaginez nos pères et mères qui se sont battus avec tout leur cœur, leur âme, de toutes leurs forces, pour nous faire devenir ce que l’on est ? Que doivent-ils penser de tout cela ?

Et après on a du mal à trouver du travail ! Ne sommes nous pas en train de faire le jeu de notre ministre de l’intérieur ou du président du FN ?

Cela me laisse sans voix. Je suis scandalisé.

Par Chaouki Aroua

Une rencontre inattendue

En ce jour de mardi 21 mars, après avoir terminé un entretien long, fastidieux à la mission locale où certaines craintes ont été confirmées, j’entends une voix : « Chaouki ? »

Je me retourne et agréablement surpris, je rencontre une vieille connaissance…mon prof des «années lycée».

Très heureux de cette rencontre je lui lance : « Monsieur, vous n’avez pas changé !».

Il est toujours dans ce lycée réputé difficile de Seine-Saint-Denis où contrairement à ce qu’on pourrait croire, les personnes sont très agréables et ce de l’élève jusqu’au proviseur.

Et moi dans tout cela ? Je lui raconte un peu mon parcours que je connais sur le bout des doigts. J’ai l’agréable surprise d’apprendre qu’il avait eu des nouvelles de moi !

Je lui annonce d’une petite voix que je suis ouvrier nettoyeur dans le métro. En lui annonçant cela, je suis partagé entre un sentiment de dégoût et de fierté car tout jeune diplômé d’un Bac + 4 mérite mieux que le nettoyage mais en même temps comme dit le proverbe : « l’argent n’a pas d’odeur ». Mon ancien prof est surpris et envahi d’un sentiment de colère.

Mais je ne m’en plains pas,  car il y a toujours pire, alors on relativise.

Cela dit, j’ai finalement trouvé un poste très honorifique … blogger avec mon prof.

Par Chaouki Aroua

Lettre au président de la SNCF

Photo_tram_train_2 La semaine dernière je me suis présenté pour une embauche à la SNCF pour le tram train. La ligne qui rejoint Bondy à Aulnay va bientôt ouvrir et la SNCF recherchait des agents commerciaux. Ce poste était intéressant car il y avait trois métiers en un : l’accueil du passager, le contrôle des titres de transport puis la sécurité des usagers. La mission devait commencer le mois prochain par une formation à Nanterre de 4 mois. Le salaire était de 1400 euros brut. La SNCF souhaitait embaucher des jeunes qui habitent tout prêt de la ligne. Ca tombait bien, j’habite Bondy et cette ligne, je la connais par coeur car c’est la ligne de mon enfance. Après les agressions répétées les mois précédents, j’avais lu et entendu que le directeur de la SNCF voulait embaucher des jeunes de banlieue mais encore une fois, pour moi, ça n’a pas marché. Vous savez Monsieur le président, que beaucoup de jeunes ont des traces dans le B2 (deuxième volet du casier judiciaire) et c’est le même problème pour Air France. Certains jeunes partent avec un gros handicap même lorsqu’ils ont commis de petites bêtises dans leur jeunesse. Ne faut-il pas leur donner une nouvelle chance ? Alors Monsieur Gallois, quand vous promettez quelque chose, veuillez respecter votre parole jusqu’au bout et enlever les barrages à vos recrutements parce que en banlieue beaucoup de jeunes rêvent d’une seule chose, pouvoir au moins une fois dans leur vie prouver qu’ils peuvent travailler honnêtement et avoir des projets. Pouvoir avancer comme tout le monde et n’oubliez pas que sans les parents de ces enfants il n’y aurait pas de rail. Sachez aussi que le diplôme ne fait pas l’homme et si certains jeunes ont arrêté l’école très tôt, comme c’est mon cas, c’est qu’ils ont eu un problème à un moment de leur vie. En banlieue, on dit que la parole fait l’homme et quand on tend la main vers l’autre, il n’y a que des choses positives qui vous reviennent. A bon entendeur !!

Par Kamel M. El Houari

Bac + 4, agent d’entretien dans le métro…en attendant mieux

Ce devait être une heureuse rencontre. J’étais à la mission locale de Bondy dont la fonction est d’orienter les jeunes dans leur recherche d’emploi. Devant le bureau d’une conseillère, un jeune homme d’environ 24 ans règle les derniers détails de son entretien. Lorsqu’il passe à côté de moi, je reconnais un ancien élève plongé dans la lecture d’un document.

C’est Chaouki, un élève qui a marqué son passage. Bon élève, sympathique qui prenait souvent la parole, délégué de classe…

Il a toujours le même sourire accroché au visage et me demande poliment des nouvelles. Je lui dis qu’en ce qui me concerne, je suis toujours dans le même lycée, que tout se passe bien. Lorsque je lui demande ce qu’il devient depuis tout ce temps, il fait une grimace.

«Et bien moi Monsieur, je galère un peu, c’est pour ça que je suis là».

Pourtant j’avais eu quelques nouvelles de lui et elles étaient plutôt bonnes. J’avais appris qu’il avait eu un BTS commerce international au Raincy et qu’il avait poursuivi avec une licence puis une maîtrise d’AES option commerce international, dans la foulée.

Il me confirme son parcours d’un seul trait comme s’il l’avait récité des centaines de fois.

Je me souviens qu’il avait obtenu le Bac avec mention. « 12,33 de moyenne Monsieur ! » me dit-il fièrement.

Et aujourd’hui, qu’est-ce que tu fais ?

«Depuis que j’ai eu ma maîtrise en 2004, je n’ai fait que des petites missions. En ce moment, je travaille chez Onet, une entreprise de nettoyage dans le métro en attendant de trouver quelque chose».

J’ai du mal à le croire mais il me confirme. « Eh oui monsieur, je travaillais pas... ! On m’a donné le plan alors  en attendant je fais ça. Sérieusement, j’y étais encore ce matin. Faut bien manger !».

La seule bonne nouvelle dans tout ça, c’est que je crois que j’ai recruté un nouveau blogger.

Par Mohamed Hamidi

Semaine "emploi"

Cette semaine, la rédaction du Bondyblog s'intéressera partculièrement aux problèmes de l'emploi, de la précarité et de de l'égalité des chances. Un sujet  sensible en ces périodes de troubles sociaux.

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